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Ces coûteux cadeaux aux énergies polluantes

par La rédaction
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Centrale au charbon de Raichur (Inde, 2011). Par Tanzeel Ahad, via Wikimedia Commons.

523 milliards de dollars de subventions pour les énergies fossiles, six fois moins pour les renouvelables. Face au réchauffement climatique, l’Agence internationale de l’énergie appelle – à nouveau – à changer cette tendance.


 

Il faut diminuer les subventions aux combustibles fossiles. C’est l’une des mesures d’urgence préconisées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un nouveau rapport publié lundi 10 juin et intitulé « Redéfinir les contours du débat énergie-climat ».

« Le monde n’est pas en voie d’atteindre l’objectif fixé par les gouvernements de limiter à 2 degrés Celsius (°C) la hausse à long terme de la température moyenne mondiale », rappelle l’AIE. Et pour cause : les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,4% en 2012, pour atteindre un nouveau seuil historique, de 31,6 gigatonnes, souligne le rapport.

« Le changement climatique s’est retrouvé relégué au second plan des priorités politiques. Et pourtant le problème n’a pas disparu – bien au contraire », soulignait Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l’Agence lors de la présentation du rapport.

200 milliards de plus entre 2009 et 2011

Plus de 80% de la consommation mondiale d’énergie est basée sur les combustibles fossiles, qui représentent près de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. Et qui sont pourtant largement plus subventionnées que les énergies renouvelables. L’AIE souligne qu’en 2011, « les subventions aux combustibles fossiles se sont élevées à 523 milliards de dollars, soit près de six fois le niveau des aides accordées aux énergies renouvelables ». Le Réseau Action Climat salue cet appel : « Ce déséquilibre anachronique doit être corrigé » mais déplore la timidité de l’AIE. L’Agence appelle en effet à « accélérer la réduction (partielle) » des subventions aux énergies fossiles. La Fédération d’ONG plaide, elle, pour leur « suppression », qui « doit être une priorité ».

Fin 2012, la Banque mondiale insistait également sur la nécessité de baisser ce niveau de subventions en faveur des énergies polluantes. Ce que faisait déjà l’AIE et l’OCDE en octobre 2011, et ces trois organismes dans un rapport conjoint publié en 2010… sans résultat visible, au contraire. Entre 2009 et 2011, le niveau de ces subventions s’est élevé de 200 milliards.

Quatre mesures

Pour l’AIE, les États doivent prendre de nouvelles mesures « de grande ampleur » pour tenter de limiter la hausse mondiale des températures avant 2020, date à laquelle entrera en vigueur un éventuel nouvel accord international sur le climat.

La baisse des subventions à la consommation de combustibles fossiles est l’une des 4 mesures de politiques énergétiques qu’elle préconise dans son nouveau rapport pour « sauver l’objectif des 2°C ». Elle contribuerait pour 12% à la baisse des émissions de GES. La moitié des réductions d’émissions proviendrait de l’adoption de mesures spécifiques en faveur de l’efficacité énergétique ; un cinquième proviendrait de la limitation de la construction et de l’utilisation des centrales à charbon les moins efficaces : et un autre cinquième de la diminution des émissions de méthane dans la production gazière et pétrolière en amont.

 

 

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