La couverture masculine de la critique littéraire

par La rédaction

Un comptage mené sur les grandes revues littéraires anglophones montre que l’écrasante majorité des auteurs recensés, mais aussi des critiques, sont des hommes.


 

Des hommes parlent de livres écrits par des hommes. Vida, une organisation consacrée aux femmes dans la littérature, vient de publier son analyse des revues littéraires aux États-Unis en 2012. Le constat n’a rien de surprenant, mais il est sans appel : la plupart des magazines ou suppléments littéraires de journaux nationaux – Harpers, The Paris Review, The New Republic, New York Review Of Books, Times Literary Supplement, The New Republic ou The Nation – n’accordent aux femmes de lettres qu’une place réduite. D’autant que les critiques qui écrivent dans leurs pages sont aussi en grande majorité des hommes.

Harper’s détient la palme avec 3 signatures féminines pour 28 masculines, chez ses critiques, et 58 des livres passés en revue écrits par des hommes, contre seulement 11 écrits par des femmes. Et la part des auteures est en chute depuis 3 ans (elles étaient 21 en 2010, 19 en 2011). La revue la plus exhaustive, le supplément littéraire du New York Times, s’en tient à une proportion d’un quart de femmes pour trois quarts d’hommes – chez les critiques comme chez les auteurs.

Derrière cette majorité de titres virils, Vida signale toutefois des signes encourageants : une poignée de revues littéraires font progresser la place des femmes. C’est le cas par exemple de Harvard Review, Drunken Boat et Tin House. Des titres qui ont d’ailleurs repris à leur compte la méthode du comptage, se félicite Vida. Et la poésie semble tenir une place à part. La revue Poetry est ainsi « la plus équitable sur le long terme » et affichait une quasi-parité en 2012 : 45% des poètes cités étaient des femmes.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Des bulles et des barbes

Prix littéraires au masculin

 

Partager cet article

Laisser un commentaire