Accueil MédiasNumérique Cyber-harcèlement : quand la haine anti-féministe déborde

Cyber-harcèlement : quand la haine anti-féministe déborde

par La rédaction

Nadia Daam sur Europe 1

Quand un outil contre le harcèlement de rue déclenche la haine ad hominem et ad feminem sur internet. Mobilisation face au cyber-harcèlement orchestré contre la journaliste Nadia Daam et les militant·e·s Elliot Lepers et Clara Gonzales. Mis en cause, le groupe Webedia fait profil bas.

Non à l’impunité des menaces violentes sur les réseaux sociaux. La radio Europe 1 a annoncé avoir déposé plainte jeudi 2 novembre pour « menace de crime contre les personnes » après que sa chroniqueuse Nadia Daam a été la cible de menaces répétées de mort et de viol. La cause de ce déferlement de haine ? Sa chronique, la veille, dans laquelle elle s’en prenait aux « trolls antiféministes » du tristement célèbre forum Blabla 18-25 du site Jeuxvidéo.com.

Vendredi 3 novembre, plusieurs dizaines de confrères et consoeurs lui apportent son soutien dans une lettre ouverte, dénonçant ces « nervis abrités dans l’anonymat d’Internet » dont ils espèrent que « que la justice et la communauté même du web les mettent hors d’état de nuire »

Ces mêmes cyber-harceleurs s’en étaient pris aux militant·e·s Elliot Lepers et Clara Gonzales, à l’origine d’un numéro de téléphone « anti-relous », un outil contre les harceleurs de rue. Cibles d’attaques coordonnées sur leur service, mais aussi de nombreuses intimidations et menaces de mort, Elliot Lepers et Clara Gonzales déploraient que ni Twitter, ni la société Webedia, éditrice du site Jeuxvidéo.com « sur lequel les délinquants se sont coordonnés », n’aient réagi.

« Leur silence a trop duré, alors que nombre de militantes ont subi des attaques similaires ces dernières années, en France et dans le monde », soulignaient les militant.e.s, espérant « que cet épisode, qui n’est qu’un symptôme de plus, contribue à mettre fin à l’impunité du cyber-harcèlement. Il ne s’agit de rien d’autre qu’une police politique de la pensée qui utilise l’intimidation, l’incitation à la haine, et la violence pour réduire les féministes au silence. »

Peu après, l’un des responsables de Webedia assurait à FranceInfo prendre « toutes les mesures possibles pour empêcher que ce type d’action soit organisé sur nos forums »… tout en minimisant le phénomène. Ce n’est pourtant pas, loin de là, la première fois que le forum 12-25 est mis en cause pour permettre de tels déferlements de haine – anti-féministe, mais également homophobe, raciste ou antisémite. Le site spécialisé Numérama, qui y consacrait un article fouillé en janvier dernier, y rapportait par exemple le violent cyber-harcèlement subi par une autre militante féministe. En cause, le manque de modération sur ce forum.

Dans un communiqué, vendredi 3 novembre, Webedia se montre moins complaisant. Le groupe assure que « depuis mardi, les ressources humaines de modération ont été doublées ». Et ajoute qu’il « se tient à la disposition des autorités pour confondre les auteurs de telles attaques ou menaces, et étudie la possibilité d’une action juridique solidaire ou spécifique à l’encontre des utilisateurs ayant possiblement détourné l’usage des forums jeuxvideo.com à des fins malveillantes ». Il explique également avoir eu la veille « un premier échange avec le Secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes  (…) en vue d’une collaboration constructive. »

 

En 2015, le portail communautaire Reddit avait fermé cinq de ses forums, accusés de « harcèlement à l’encontre d’individus ». Au Royaume-Uni, plusieurs personnes ont déjà été condamnées pour des actes de cyber-harcèlement sur Twitter.

 

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