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Le Dalai Lama et l’empathie féminine biologique

par La rédaction
Lama

Le Dalai Lama à Vienne, le 26 mai 2012 © Wolfgang H. Wögerer, via Wikimedia Commons

« Je pense qu’il serait bon d’avoir une femme comme leader », juge le Dalai Lama. Mais son explication laisse perplexe : « Biologiquement, une femme a plus d’aptitude à développer de l’empathie. »


 

Une femme pour succéder au Dalai Lama ? C’est le chef spirituel du bouddhisme qui a lui-même évoqué cette idée, le 19 avril. « Je pense qu’il serait bon d’avoir une femme comme leader », a-t-il expliqué, interrogé sur ce point à l’issue d’un entretien à la chaîne de télévision britannique Channel 4.

Déjà en 2011, le Dalai Lama avait exprimé son souhait de se réincarner en femme, remarque Europe 1. Mais cette annonce reste étonnante dans la mesure où « la société tibétaine demeure l’une des plus patriarcales », relève la Tribune de Genève.

Ce qui n’est pas le cas, toutefois, des déclinaisons du bouddhisme en occident. C’est d’ailleurs une femme qui préside l’Union bouddhiste de France. Marie-Stella Boussemart était ainsi la seule femme figurant parmi les représentants des religions auditionnés par les parlementaires à l’occasion des débats sur le mariage pour tous.

Mais il y a comme un hic. Dans son interview, le Dalai Lama glisse cette remarque : « Voyez-vous, biologiquement, une femme a plus d’aptitude à développer de l’empathie et à aimer l’Autre. »

De quoi susciter l’ironie mordante de Marie Donzel : « Chic, alors ! C’est toujours si flatteur de voir glorifiée notre belle nature de femme, tendre, douce, affectueuse, sensible, conciliante, pour ne pas dire inoffensive… Merci, mon bon Dalaï, c’est tellement un plaisir d’être renvoyée aux éternels stéréotypes de genre. C’est une si grande satisfaction de devoir notre légitimité à des qualités dites « biologiques » plutôt qu’à nos éventuelles capacités à réfléchir, à agir, à convaincre, à mener, à bâtir…  »

 

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10 commentaires

hic 24 avril 2013 - 15:26

La différence, c’est que pour une fois, les soi-disant différences biologiques ne sont pas prises comme prétexte pour nous disqualifier mais le contraire. Ceci dit, c’est un type de pensée qui peut vite se retourner contre nous aussi…

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Eric 24 avril 2013 - 17:34

« le Dalai Lama avait exprimé son souhait de se réincarner en femme »

Il doit avoir la cote auprès des transsexuels.

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taranis 25 avril 2013 - 08:32

En fait la réincarnation serait une Vestale ou une Religieuse Contemplative. C’est fragile tout çà il faudrait un double masculin pour la protéger, décider du dogme pendant qu’elle prie,la représenter et mener les actions politiques à travers le monde contexte ou l’amour n’a pas sa place sinon cela se saurait…..

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09 Aziza 25 avril 2013 - 10:34

A force de crier dés qu’on prononce le mot « biologique », on en devient dans le déni du réel.
Une petite question: où a-t-on vu des femmes armées attaquer des hommes désarmés? C’est en y répondant qu’on se rend compte que ce n’est peut être pas seulement une question de pouvoir.
La réflexion impartiale, ça existe….

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taranis 25 avril 2013 - 11:44

[quote name= »09 Aziza »]A force de crier dés qu’on prononce le mot « biologique », on en devient dans le déni du réel.

La biologie ne relève-t-elle pas davantage des fantasmes masculins que de la science ? Il m’apparait qu’il s’agit non pas de drosophiles mais d’êtres humains dont elle s’acharne à naturaliser les inégalités de genre ? Mais est ce bien de la science ou bien un système de pensée recyclant idées reçues, archaïsmes, et constructions socio-historiques pour les métamorphoser en réalités biologiques et ainsi leur conférer, comme par magie, une légitimité scientifique ? Le genre est ainsi une sorte de vrai-faux cache-sexe, une « construction sociale naturalisée » un des principes de division fondamentaux de la vision anthropique du monde . Voilà pourquoi je préfère garder en mémoire la « Gynilité » des femmes, qui est leur identité féminine reconnue, leur féminité observée de l’intérieur et non imposée de l’extérieur par les hommes, leur spécificité féminine et humaine sans référence à la masculinité. Quant à votre question Aziza en défendant l’égalité je pense que l’on défend le pire comme le meilleur, vouloir analyser les comportements de genre reviendrait a contre dire mes premiers propos, je pense que l’on peut appeler cela la nature humaine ou la dualité entre le bien et le mal.

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florence 25 avril 2013 - 16:05

cette vieille querelle nature contre culture… pour ma part je pense que la plupart des êtres humains sont biologiquement disposés à l’empathie mais que nos modèles sociaux et culturels renforcent cette empathie dès le départ chez les filles et la gomment chez les garçons. Avec pour ces derniers une valorisation de leur part biologique d’agressivité et de combativité, qui, mal maîtrisée ou trop exacerbée, fait de cette force magnifique un instrument de violence et de domination.. le jour où les hommes comprendront que l’empathie n’est pas une tare, le monde ira bien mieux. Mais on est loin du compte… entendu ce matin un message publicitaire pour vendre un jeu de guerre ultra violent « faites sortir le combattant qui est en vous.. »

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Blanche 26 avril 2013 - 17:01

L’empathie n’a jamais empêché quiconque de réfléchir, je ne vois pas pourquoi Marie Donzel compare les deux : ça ne s’oppose pas, ça s’additionne. C’était pour le plaisir de s’indigner sans doute.
Pfff.

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florence 28 avril 2013 - 13:46

« Blanche »
L’empathie n’a jamais empêché quiconque de réfléchir, je ne vois pas pourquoi Marie Donzel compare les deux : ça ne s’oppose pas, ça s’additionne. C’était pour le plaisir de s’indigner sans doute.
Pfff.

Vous avez le droit de ne pas aimer Marie Donzel, mais pas celui de déformer ses propos ou sa pensée.. où avez vous lu qu’elle opposait empathie et réflexion dans son article ?

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09 Aziza 2 mai 2013 - 17:26

@ taranis Bien sûr qu’il est diamétralement différent de se définir nous mêmes en tant que femmes (et c’est ce que nous avons essayé de faire entre 1970 et 1982!) de répondre, nous, plurielles, à la question « qu’est ce qu’une femme, »que de se laisser définir par les/des hommes.
Néanmoins, pour le moment, la capacité d’empathie, c’est à dire d’identification à l’autre pour le comprendre, semble, chez les êtres masculins, majoritairement défaillante: voir tous les propos sur le viol dénoncés ici, par exemple… et c’est ce manque d’identification qui est cause , pour beaucoup de la violence:si on ne PEUT PAS imaginer être l’Autre, on peut lui faire n’importe quoi…

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lama 21 mai 2013 - 06:51

« florence »
cette vieille querelle nature contre culture… pour ma part je pense que la plupart des êtres humains sont biologiquement disposés à l’empathie mais que nos modèles sociaux et culturels renforcent cette empathie dès le départ chez les filles et la gomment chez les garçons. Avec pour ces derniers une valorisation de leur part biologique d’agressivité et de combativité, qui, mal maîtrisée ou trop exacerbée, fait de cette force magnifique un instrument de violence et de domination.. le jour où les hommes comprendront que l’empathie n’est pas une tare, le monde ira bien mieux. Mais on est loin du compte… entendu ce matin un message publicitaire pour vendre un jeu de guerre ultra violent « faites sortir le combattant qui est en vous.. »

Heureusement qu’il y a encore des personnes lucides sur cette Terre…

Quant aux propos du Dalaï Lama, je ne crois pas qu’ils étaient péjoratifs ou stéréotypés, mais tenaient bien compte du seul facteur biologique. À mon humble avis, il a raison de souligner que les femmes peuvent plus facilement être empathiques et que, par conséquent, leur leadership est souhaitable.

Il n’a probablement jamais sous-entendu quoi que ce soit concernant les capacités à réfléchir, bâtir, etc. des femmes, puisque nous savons tous que de ce côté-là, nous sommes identiques (hommes et femmes).

Voilà… c’était l’avis d’un homme indigné par la désinformation et la déformation de l’information.

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