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Dans la presse écrite, le sexisme se porte toujours bien

par La rédaction

Le troisième « état des lieux du sexisme en France» réalisé par le HCE propose un nouveau focus sur la presse écrite. Pas glorieux.

100 % des postes de directeur et directrice de publication occupés par des hommes, les femmes représentent 23 % des personnes mentionnées et 21 % des personnes citées dans les articles analysés, les articles dont un homme est le sujet principal constituent plus de 80 % des contenus analysés : ce sont les chiffres les plus saisissants d’une étude du Haut conseil à l’égalité (HCE) qui va dans le même sens qu’un grand nombre d’études sur le sexisme des médias.

Cette instance nationale consultative indépendante réalise chaque année un état des lieux du sexisme en France et propose un focus sur les stéréotypes. La dernière édition se concentrait sur l’audiovisuel (lire :  99 % DES FRANÇAISES SAVENT QU’ELLES SONT CONFRONTÉES AU SEXISME), cette fois-ci elle décortique la presse écrite.

Le HCE a passé au peigne fin un échantillon représentatif de la presse française. Concernant tout d’abord les organisations, un questionnaire a été adressé en janvier 2021, pour la presse généraliste, aux rédactions du Monde, du Point, de Sud Ouest, Ouest France, 20 Minutes, du Parisien, du Figaro et de L’Obs. Et pour la presse dite féminine, à Elle, Marie Claire, et à Femme Actuelle. Le Monde n’a pas répondu précise le HCE et dans d’autres journaux comme Elle certaines données n’étaient pas exploitables.

Mais les résultats donnent des tendances indiscutables. Une bonne nouvelle avant les mauvais chiffres : la féminisation des titres et noms de fonction semble acquise. Et pourtant, les résistances ont été  à peu près du même ordre que la résistance au pronom neutre aujourd’hui (lire : Iel)

Mais c’est la seule bonne nouvelle. On ne compte en moyenne que 30% de femmes dans les rédactions de presse généraliste et 50% si l’on inclut la presse féminine. La division genrée du travail reste mais n’est pas systématique. Plus les sujets traités sont des sujets liés au pouvoir politique, moins on trouve de femmes. Elles ne comptent que pour 20 % des journalistes dans les rubriques « politique », 30, 4 % dans les rubriques « international » et 31, 9 % dans les rubriques « économie» . Une exception cependant : L’Obs compte 77 % de femmes dans la rubrique « international »… Ce qui est compensé par un 0 % à 20 minutes et au Parisien. Les femmes ne comptent que pour 6,3 % des journalistes de sport mais 83 % des rédactrices/teurs en chef.fe des rubriques cuisine. Cependant, la rubrique cuisine est composée en intégralité d’hommes au Parisien ainsi qu’à 20 Minutes. Une constante : à la direction, c’est toujours un homme qui décide de la hiérarchie de l’information et des angles des sujets.

Dans le contenu des journaux !

Et dans le contenu des journaux, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que ces journaux donnent à voir ? Quels sont les messages subliminaux sexistes derrière l’information ? Pour le savoir le HCE a adopté la méthode du GMMP, il a décortiqué le contenu de huit journaux généralistes : Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, Ouest France et Sud Ouest, Le Point et L’Obs et 20 Minutes. Et trois titres de presse dite féminine : Femme Actuelle, Elle et Marie Claire. Le jeudi 3 décembre 2020 pour les hebdomadaires et les mensuels et le lundi 7 décembre 2020 pour les quotidiens.

Qui signe les articles ? Autant de femmes que d’hommes. Mais 77 % des éditoriaux sont écrits par des hommes.

De qui parlent les journaux ? D’hommes avant tout ! Les femmes représentent 23 % des personnes mentionnées et 21 % des personnes citées dans les articles. Et quand elles apparaissent, c’est le plus souvent dans les rubriques culture. Le nombre de femmes est très faible dans les rubriques politique, internationale et sport.

Et bien-sûr la présentation de ces femmes est différente de celle des hommes. Il est souvent fait mention du statut familial des femmes et les commentaires sur leur apparence physique vont bon train. 

Un article du Monde évoque « cette élégante juriste », Le Point consacre un article à la scientifique et chercheuse en astronomie, Sarah Antier et emploie le mot « princesse ». Et il y a beaucoup d’autres exemples sur une seule journée de lecture de presse. Côté photos, peu de femmes seules sur les clichés. Les rares qui sont ainsi mises en vedette se trouvent dans les rubriques culture, les autres sont le plus souvent anonymes, on a vu beaucoup de travailleuses du care anonymes pendant la pandémie.

Pour en sortir, le HCE préconise plusieurs mesures : des quotas de femmes aux postes décisionnaires et à responsabilités éditoriales, l’éga-conditionnalité via un système progressif de bonus-malus des aides à la presse, la mise en place de formation sur l’égalité professionnelle et les violences sexistes et sexuelles dans les rédactions et les écoles de journalisme ou encore créer un « Observatoire de l’égalité dans la presse » pour récolter les données et accompagner les entreprises de presse dans leur marche vers l’égalité.

 

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