Accueil SagaInitiatives « Aujourd’hui je ne rigole plus ». À Davos, témoignages de femmes de pouvoir sur le sexisme

« Aujourd’hui je ne rigole plus ». À Davos, témoignages de femmes de pouvoir sur le sexisme

par La rédaction

Peggy Johnson en 2014 Par East Asia and Pacific Media Hub U.S. Department of State – Domaine Public (https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53555828)

Quand la vice-présidente de Microsoft Peggy Johnson se souvient de l’énergie et du temps dépensés dans sa jeunesse pour contourner les possibles situations de harcèlement.

 

Entre mansplaining et harcèlement sexuel, le sexisme est au cœur des discussions au Forum de Davos. Jeudi 25 janvier, la Première ministre norvégienne Erna Solberg – l’une des 7 co-présidentes du Forum économique cette année – a raconté comment elle s’est senti rabaissée alors qu’elle était encore une jeune femme en politique.

« Je me souviens d’une réunion de la commission des Finances au parlement, où un PDG d’une grande institution bancaire essayait de m’expliquer, comme à un enfant, comment fonctionnent les marchés de taux d’intérêt ; il a fallu que le président de la Commission intervienne pour lui dire que j’étais la plus diplômée de ses membres. Il s’est trouvé plutôt gêné ».

 

La veille, lors d’un colloque organisé à Davos sur le thème « Pouvoir et harcèlement sexuel », l’intervention de Peggy Johnson, vice-présidente de Microsoft, a été particulièrement remarquée.

Celle qui est considérée comme l’une des femmes les plus influentes dans son secteur a souligné, en s’appuyant sur sa propre expérience, à quel point le harcèlement sexuel pèse sur la carrière des jeunes femmes ; pas seulement moralement, mais aussi à cause de l’énergie et du temps dépensés pour contourner les possibles situations de harcèlement. « Faire un grand tour du bâtiment pour ne pas passer devant le bureau de quelqu’un qui pourrait faire des remarques inappropriées ; ou écourter un rendez-vous avec un client pour éviter qu’il vous fasse des avances (…) Ça me met en colère quand j’y repense ».

Petite note positive : « les choses changent doucement », estime Peggy Johnson, en parlant de sa fille qui vient d’entrer dans le monde du travail, dans les nouvelles technologies également. « Elle m’a dit l’autre jour : ‘Tu sais, maman, quand j’entends des blagues inappropriées au travail, je ne rigole pas’. Et je me suis dit qu’à l’époque, moi, je rigolais toujours. Je pensais que c’était la seule chose à faire » Son attitude sans concession, sa fille « l’a apprise de celle que je suis à 50 ans. Car aujourd’hui je ne rigole plus. Parce que je suis dans cette position de pouvoir ».

De fait, souligne Peggy Johnson, plus elle a gravi les échelons, au cours de ses presque 30 ans de carrière, moins elle a été confrontée au harcèlement sexuel. « C’est le pouvoir, imbécile », disait Sheryl Sandberg.

 

 

 

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