Affaire Baupin, nouvelle fissure dans l’omerta sur les violences sexuelles

par La rédaction
Denis Baupin

Denis Baupin à l’Assemblée nationale, mai 2015

Des femmes dénoncent des faits de harcèlement et d’agression sexuelle de la part du vice-président écologiste de l’Assemblée nationale, Denis Baupin. Ou comment la parole se libère, difficilement…


 

Elles sortent du silence. Dans une enquête détaillée publiée lundi 9 mai, Mediapart et France Inter évoquent des accusations d’agression et de harcèlement sexuels à l’encontre du député de Paris Denis Baupin. Plusieurs femmes, (ex-)membres d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), ont décidé de témoigner, à visage découvert pour quatre d’entre elles. Vice-président de l’Assemblée nationale, Denis Baupin était jusqu’à récemment membre d’EELV.

Mise à jour : dans un communiqué de son avocat, Denis Baupin annonce avoir démissionné de sa fonction de vice-président de l’Assemblée nationale. Tout en dénonçant des accusations « diffamatoires ».

Derrière les faits reprochés, ces accusations témoignent de la difficulté à témoigner du harcèlement sexuel, dans le monde politique comme ailleurs. Difficulté qu’évoque sans ambage l’une des concernées.

 

Dans ce contexte, un collectif lance un appel – « Levons l’omerta ! » – aux responsables des partis politiques. Il leur demande notamment « d’inscrire dans [leurs] statuts qu’un responsable du parti ou élu auteur de violences sexuelles est exclu ». Ou encore « de créer une cellule d’écoute disposant des moyens suffisants pour accompagner les victimes dans leurs démarches, notamment judiciaires ».

Car les actes attribués à Denis Baupin remontent pour certains à plusieurs années – aucune des femmes qui s’expriment aujourd’hui n’a porté plainte, et la plupart des faits sont dès lors prescrits. Un silence d’autant plus frappant qu’EELV est en théorie le parti le plus féministe de la scène politique française, mettant en pratique la parité et dénonçant régulièrement, avec vigueur, les manifestations sexistes d’élus.

Comme en 2012, quand des députés de droite avaient sifflé Cécile Duflot parce qu’elle portait une robe à fleurs. Ou, en 2015, suite à la tribune « Bas les pattes » de femmes journalistes qui dénonçaient les comportements sexistes d’hommes politiques.

Voir : Sexisme politique : EELV invite les journalistes à dénoncer

Une omerta qu’il est possible de briser, cinq ans après l’affaire DSK ? « Il y a dans ce domaine une véritable loi de silence, mais c’est un secret de Polichinelle. Les personnes interrogées espèrent que cela permettra de libérer la parole des présumées victimes et de montrer, à celles qui gardent le silence, qu’il est possible de parler et surtout d’être entendu », conclut l’article de France Inter. La tribune des femmes journalistes aura d’ailleurs été un « élément déclencheur » des témoignages à l’encontre de Denis Baupin, note le sécrétaire national d’EELV David Cormand. Dans la lignée de cette tribune, c’est le ministre Michel Sapin qui était mis en cause, fin avril dans un livre.

 

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Hélène 9 mai 2016 - 16:19

Je sais pas pour vous mais moi j’en ai plus qu’assez du foutage de gueule sur les violences faites aux femmes.

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