Accueil Société Des hommes de pouvoir et des hôtesses, scènes de harcèlement sexuel dans un gala de charité

Des hommes de pouvoir et des hôtesses, scènes de harcèlement sexuel dans un gala de charité

par La rédaction

« Une couverture pour le pelotage, le harcèlement et l’épouvantable sexisme de la part d’hommes riches ». Un reportage sur le harcèlement sexuel subi par les hôtesses dans un très chic dîner de charité suscite un tollé au Royaume-Uni.



C’est un événement très sélectif et men only. Cravate noire de rigueur. Jeudi 18 janvier, ils étaient 360 hommes, personnalités britanniques de l’économie, de la finance et des médias, à participer dans un grand hôtel londonien à un gala de charité plus que trentenaire, le Presidents Club Charity Dinner.

Mais le climat post-Weinstein – et un avertissement contre le harcèlement sexuel bien visible sur la brochure remise aux invités – n’a visiblement pas fait réfléchir certains de ces hommes de pouvoir.

Le Financial Times avait infiltré deux journalistes parmi les 130 hôtesses recrutées pour l’occasion. Et selon leur reportage publié jeudi 24 janvier, plusieurs de ces hôtesses « ont été sujettes à du pelotage, des commentaires graveleux, et des invitations répétées à participer à des dîners dans des chambres d’hôtel ». Le journal poursuit : « Des hôtesses ont évoqué des hommes qui leur passaient la main sous la jupe ; l’une d’elles a affirmé qu’un participant lui avait montré son pénis ».

Le reportage relève aussi que parmi les lots proposés aux enchères – qui ont permis de lever 2 millions de Livres pour des associations caritatives – figuraient une soirée dans un club de strip tease ainsi qu’une séance de chirurgie esthétique « pour donner du piment à votre femme ».

Le climat décrit par le journal a suscité un tollé dans la classe politique. « Le Presidents Club Charity Dinner : une couverture pour le pelotage, le harcèlement et l’épouvantable sexisme de la part d‘hommes riches. C’est ce que ces hommes demandent en échange de leurs dons à des causes charitables ? », lançait par exemple, amère, la députée travailliste Yvette Cooper.

 

Mise à jour, 15h : L’affaire connaît des répercussions politiques. Le gouvernement a poussé à la démission David Meller, un membre du bureau du Department of Education, branche du ministère de l’Education. L’homme est aussi le dirigeant du Presidents Club. Et l‘opposition appelle à la démission de Nadhim Zahawi. Nommé le 9 janvier dernier au poste de sous-Secrétaire d’Etat à la Famille et l’Enfance, l’homme a admis s’être rendu à ce dîner de charité, qu’il a rapidement quitté parce qu’il se sentait « mal à l’aise ». L’opposition lui reproche alors de n’avoir pas témoigné de ces faits.

La veille de la publication du reportage du Financial Times, l’organisation féministe Fawcett Society appelait à une « réforme profonde » de la législation britannique sur les discriminations liées au sexe et sur les violences sexuelles, dénonçant des violences « systémiques » à l’encontre des femmes et des filles.

De son côté, la Commission des Femmes et de l’Égalité a lancé le 15 janvier une mission d’enquête sur le harcèlement sexuel dans l’espace public. Elle doit rendre ses conclusions en mars.

« Nous voulons faire la lumière sur un problème qui semble systématique dans la vie des femmes », déclarait alors la présidente de la Commission, Maria Miller. « Nous voulons savoir quelle est la situation, ce que le gouvernement fait pour l’éradiquer, et ce qu’on peut faire de plus ».

 

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