« L’âme idéale » d’Alice Vial et « L’engloutie » de Louise Hémon sont sortis dans les salles de cinéma pendant la trêve des confiseurs : profitez-en pour découvrir ce duo original de jeunes cinéastes.
« L’âme idéale » d’Alice Vial : amour et mort
Parler aux morts, les voir quand ils hantent encore certains lieux, c’est un pouvoir rare, mais ça n’est pas non plus un cadeau. Ainsi le don d’Elsa, qui aide les fantômes douloureux à passer dans l’au-delà, fait fuir ses amants. Jusqu’au jour où elle rencontre Oscar, dont le seul défaut est d’être mort. Cette comédie fantastique romantique mélange harmonieusement rire et larmes grâce à l’implication sincère de Magalie Lépine-Blondeau, comédienne québécoise (déjà magnifique dans « Simple comme Sylvain ») et de Jonathan Cohen, coproducteur du film, homme émouvant et amoureux. Le talent de directrice d’acteurs d’Alice Vial, elle-même comédienne et scénariste, est pour beaucoup dans la réussite de ce premier long métrage. Elle a déjà réalisé quatre courts métrages, dont « Les Bigorneaux », César du meilleur court-métrage de fiction en 2018. La cinéaste s’est librement inspirée de films populaires comme « Ghost » (1990) ou « l’Aventure de Madame Muyr » (1948), mais en replaçant l’histoire aujourd’hui dans une unité de soins palliatifs au Havre. C’est sans doute ce qui la rend si émouvante.
« L’âme idéale » d’Alice Vial (comédie dramatique, France, 1h38), scénario d’Alice Vial et Jean-Toussaint Bernard, avec Jonathan Cohen, Magalie Lépine Blondeau, Florence Janas. Sortie le 17 décembre.
« L’engloutie » de Louise Hémon : neige et désir
Nous voici encore en France, mais à l’entrée du XXème siècle, dans un hameau des montagnes des Hautes Alpes. En plein hiver, la jeune Aimée Lazare est venue alphabétiser les enfants des montagnards, et peut-être bien les adultes aussi, plus réticents. Les contes en patois, les danses au coin du feu, la grotte où se rassemblent la douzaine d’habitants du hameau sont des moments collectifs qui contrebalancent la disparition d’un jeune homme sous une avalanche et le poids d’un cercueil déposé sur le toit de la maison d’Aimée. La jeune institutrice, la seule instruite, est aussi une jeune femme libre qui décide de son désir ; donc une menace pour la petite communauté. « Je suis ici pour vous donner pas pour vous voler » crie-t-elle dans la neige. Survivra-t-elle jusqu’au printemps ?
« L’Engloutie « de Louise Hémon (drame, France, 1h38), scénario de Louise Hémon et Anaïs Tellenne, avec Galatéa Bellugi, Samuel Kircher, Matthieu Lucci, Sharif Andoura. Sortie le 24 décembre.

