Deuxième démission : Paris « intraitable » face au harcèlement

par Isabelle Germain

Avant de probables révélations sur une affaire de harcèlement sexuel, Pierre Aidenbaum doit démissionner. Il y a un mois c’était Christophe Girard.

Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « agression sexuelle » visant Pierre Aidenbaum, ceci après que la maire de Paris a annoncé, lundi 14 septembre, sa démission « à la suite de la révélation de possibles faits de harcèlement sexuel ».

Vendredi 11 septembre, Pierre Aidenbaum aurait informé Anne Hidalgo de « possibles faits » reprochés par  « une collaboratrice ». Illico, ces révélations ont fait l’objet d’un signalement au procureur de la République. Et une enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne de la PJ parisienne. 

La réaction de la mairie prend une tournure très différente de celle réservée à l’affaire Christophe Girard fin juillet. A l’époque, les faits reprochés à l’ex-adjoint à la culture étaient différents. Le principal fait connu alors était le soutien financier, par Christophe Girard via son ancien employeur, de l’écrivain pédocriminel Gabriel Matzneff. La suite a montré qu’il le soutenait aussi depuis qu’il était élu et Christophe Girard a été visé par une plainte pour agression sexuelle. Mais entre-temps, la manifestation organisée avec des élues EELV dénonçant Paris « pédoland », n’avait pas plu à la maire de Paris.

Autre ton dans un communiqué, ce lundi. La Mairie de Paris assure que « La municipalité demeurera intraitable avec tous types de faits de harcèlement moral ou sexuel, quelle que soit la qualité de leur auteur ».

Sur Twitter, la militante féministe Marie Cervetti a affirmé : « Un monde est en train de se terminer. Celui qui s’ouvre est bien plus joli »

Le communiqué rappelle aussi que la ville de Paris s’est dotée d’un service d’accueil et d’accompagnement des victimes, qui « a démontré sa pleine efficacité en permettant une réaction immédiate dès le signalement des faits incriminés ».

Pierre Aidenbaum a fait savoir via ses avocates, « … que cette relation n’avait strictement rien de délictuel et souhaite être entendu le plus rapidement possible pour faire parfaite démonstration de son innocence » et qu’il n’a démissionné que pour éviter « un tumulte politique inutile ».

Comme Christophe Girard, Pierre Aidenbaum, 78 ans, a démissionné de sa fonction d’adjoint, mais pas du Conseil de Paris. Il conserve donc une rémunération, et pourra participer aux séances du conseil. 

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