Accueil Société La double peine de Li Yan

La double peine de Li Yan

par La rédaction

Cette Chinoise qui a tué son mari violent risque d’être exécutée. L’affaire souligne les lacunes de la législation chinoise contre les violences domestiques.


Li Yan ne doit pas être exécutée ! Les appels, en Chine et à l’étranger, se font pressants.

Cette Chinoise de 41 ans a été condamnée à mort pour le meurtre de son mari en novembre 2010. Elle pourrait être exécutée dans les prochains jours.

Selon ses avocats, Li Yan était victime de violences de la part de son mari depuis plusieurs mois. Il la frappait, la brûlait avec des cigarettes ou l’obligeait à passer la nuit sur le balcon en plein hiver. Elle s’était plainte à plusieurs reprises de ces violences auprès de la police.

« Il est cruel et pervers que le gouvernement chinois impose la peine de mort à Li Yan alors qu’il n’a pris aucune mesure pour enquêter sur les exactions de son mari ou pour la protéger. Le système judiciaire chinois doit prendre en compte les circonstances qui peuvent conduire les survivants de violences domestiques à avoir recours à la violence pour se défendre », souligne Sophie Richardson, responsable de l’ONG Human Rights Watch pour la Chine.

Selon de récentes statistiques, une Chinoise sur 4 subit des violences conjugales. Depuis quelques mois les appels à légiférer pour mieux protéger ces victimes se multiplient. La Cour Suprême elle même vient de reconnaître que la législation est insuffisante.

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

10 commentaires

hic 31 janvier 2013 - 12:31

« Les appels, en Chine et à l’étranger, se font pressants. »
des pétitions à signer?

Répondre
arnaudbihel 31 janvier 2013 - 13:12

« hic »
« Les appels, en Chine et à l’étranger, se font pressants. »
des pétitions à signer?

Oui, mais en chinois : http://cadpnet.4ek.delldns.com/show.asp?id=1772

Répondre
Eric 31 janvier 2013 - 15:01

Je suis contre la peine de mort, mais dans tous les cas il faut qu’elle soit condamnée lourdement pour son meurtre prémédité.

Le mari n’a pas été condamné et il n’est plus là pour se défendre des accusations formulées contre lui.

Elle n’avait qu’à partir.

Répondre
Seb. 31 janvier 2013 - 17:54

« Eric »
Je suis contre la peine de mort, mais dans tous les cas il faut qu’elle soit condamnée lourdement pour son meurtre prémédité.

Le mari n’a pas été condamné et il n’est plus là pour se défendre des accusations formulées contre lui.

Elle n’avait qu’à partir.

Lourdement ? Faut peut être pas abusé. C’est du cas par cas, la légitime défense en droit français suppose une réponse proportionnée au danger encouru. Ici on parle de meurtre, non d’assassinat, donc il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’une réaction spontanée de l’auteur du meurtre au moment où elle subissait ces violences. S’il n’est pas certain que les conditions de la légitime défense soient rempli, il faudrait voir les circonstances précises des faits, pour autant celui qui tue la personne qui la maltraite quotidiennement bénéficie au minimum de circonstances atténuantes. Par ailleurs, il est dans la philosophie du droit pénal, au moins dans les démocraties et les États de droit, d’apprécier de la dangerosité des accusés pour mesurer la sanction. Une personne victime de violences quotidiennes qui tue pour échapper à ces violences est-elle dangereuse ?

Répondre
Seb. 31 janvier 2013 - 18:02

« Eric »

Le mari n’a pas été condamné et il n’est plus là pour se défendre des accusations formulées contre lui.

Visiblement elle s’est adressée aux autorités concernant ces violences, peut être que des constats médicaux ont été réalisés. Après il est vrai que cela reste une question de preuve, mais l’absence de condamnation du mari pour les faits de violence n’excluent pas nécessairement la démonstration de leur existence après le décès du mari. Il est d’ailleurs de la responsabilité de la justice de vérifier la réalité des déclarations faites par la personne mise en cause pour ce meurtre.

Après il est dur de commenter une décision en l’absence des détails sur les diligences réalisées par la justice, on ne peut que se contenter d’extrapoler.

Répondre
Eric 1 février 2013 - 02:08

« Lourdement » parce qu’il s’agit d’un crime, mais pas plus lourdement que n’importe quelle autre personne dans une situation similaire, bien sûr.

L’article de HRW précise que les témoins interrogés pensaient que les blessures qu’elle a fait constater avaient été faites par des membres de sa famille à elle, pas son mari.

Par ailleurs même si son mari était bien coupable de ce dont elle l’accuse (la laisser dehors sur une terrasse, etc), ça ne justifie pas son assassinat. On n’est pas dans un cas de légitime défense.

Dernière chose, l’article précise qu’après l’avoir tué, elle l’a démembré. Elle a le coeur bien accroché pour une faible femme battue.

Ces précisions apparaissent dans un article qui plaide pourtant, plus ou moins, pour son acquittement.

Répondre
Seb. 1 février 2013 - 08:49

Je n’arrive pas à trouver d’article sur les circonstances précises du meurtre, certains parlent de coups de couteau, d’autres de coups de crosses de fusil. Je n’ai rien lu concernant un éventuellement démembrement, ce qui ne serait effectivement pas à la décharge de l’accusé.

Pour ce qui est de la légitime défense, tout est affaire de circonstances. On peut imaginer qu’une personne subissant des violences quotidiennes, se rebelle lors de l’administration des dites violences, et tue son agresseur. Si la légitime défense suppose une proportionnalité, celle-ci n’a pas à être stricte. On peut tuer si cela est nécessaire à préserver son intégrité physique.

Par ailleurs, laisser dormir quelqu’un en hiver sur une terrasse n’est pas totalement anodin, des gens meurent de passer des nuits dehors en hiver.

Si l’affaire se déroulait en France, que ces violences étaient établies mais que les conditions de la légitime défense ne n’étaient pas remplies, il faudrait effectivement condamner l’accusé, mais je ne verrai pas l’intérêt de la condamner à autre chose que du sursis. Mais effectivement, mieux vaut pas être jugé par des juges chinois qui ne sont pas réputés pour leur clémence.

On est toujours dans la supputation puisque l’on connais assez peu de chose sur l’affaire en question, pour ma part je n’ai pas d’apriori sur le dossier mais il est trop simple de tirer des conclusions, dans un sens comme dans l’autre.

Répondre
Miranda 22 février 2013 - 10:23

Sur le site Amnesty, on trouve un article Fiable sur le cas de Li Yan. Je ne connais pas sa situation actuelle, je cherche à savoir ce qui lui est arrivé.
Toujours est-il que, OUI, son mari l’a battue, brûlée, enfermée sur le balcon en tenue légère en plein hiver et lui a même sectionné un doigt. Elle s’en est pleine plusieurs fois à la police, mais celle-ci n’a pas voulu donner de suite, parce que soit-disant, c’était une dispute de couple comme une autre. L’hôpital, malgré les preuve, n’a pas donné de suite.
« Elle n’avait qu’à partir »! C’est facile de dire ça avec un esprit occidental. Le fait est que l’honneur, la fierté sont très importants dans les mœurs asiatiques. Sa famille l’avait prévenue de ne pas se marier avec lui parce qu’il avait un passé et une réputation d’homme violent. Elle mentait à sa famille et n’osait plus leur rendre de vrais visites parce qu’ils posait trop de question sur les marques qu’avaient causé les violences de son mari. Partir aurait été pour elle un acte déshonorant vis-à-vis de ses proches.
Alors elle avait choisi de souffrir? Non. Mais je pense qu’elle gardait un (très) petit espoir qu’il changerait.
Qu’en est-il alors de la souffrance? L’instinct, surtout présent chez l’animal mais également en tout homme, pousse la personne à se protéger, quoi qu’il arrive face à la souffrance. C’est ce qui a rendu possible dans la loi le cas de légitime défense.
Voyons maintenant le cas de cette femme. À première vue, elle est coupable d’un meurtre prémédité. Mais étudions son cas plus profondément.
Battue pendant des mois, brûlée… Tous ces actes contre son intégrité physique ont provoqué chez elle une peur de l’avenir et de son mari. Elle avait honte et se sentait coupable vis-à-vis de sa famille, et très certainement, le fait qu’elle n’était pas soutenue pas la police et à l’écart de sa famille a fait naître un sentiment d’isolement et de désespoir. Tout cela crée un déséquilibre émotionnel.

Répondre
Miranda 22 février 2013 - 10:44

Suite:
Qu’elle est la conséquence de ce déséquilibre émotionnel?
La solitude, le désespoir, la honte… ET LES ATTAQUES RÉPÉTÉES DE SON MARI, font grandir la peur jusqu’à la faire vivre dan un sentiment constant de danger. Quand cette peur atteint son paroxysme, celle-ci se transforme en une ATTAQUE réelle et imminente dans l’esprit de la VICTIME. Se met alors en marche la défense instinctive qui l’a poussée à frapper son mari à mort.
En admettant qu’elle l’ai ensuite démembré, ce que je n’ai vu dans aucun des articles que j’ai lu et qui pourrait être une invention, il est tout à fait possible qu’elle ai été frappée d’une folie passagère due au ras le bol et à ce déséquilibre émotionnel provoqués eux-mêmes par le mari.
« Le mari n’a pas été condamné et n’est plus là pour se défendre des accusations formulées contre lui. » Déjà par le passé, comme je l’ai dit plus tôt, son mari avait une réputation d’homme violent. Les marques de certaines de ses violences sont encore présentes sur le visage de Li Yan. Il est vrai qu’un mort ne peut pas parler, mais son passé parle pour lui.

Répondre
Miranda 22 février 2013 - 10:48

« Miranda »
Suite:
Qu’elle est la conséquence de ce déséquilibre émotionnel?
La solitude, le désespoir, la honte… ET LES ATTAQUES RÉPÉTÉES DE SON MARI, font grandir la peur jusqu’à la faire vivre dan un sentiment constant de danger. Quand cette peur atteint son paroxysme, celle-ci se transforme en une ATTAQUE réelle et imminente dans l’esprit de la VICTIME. Se met alors en marche la défense instinctive qui l’a poussée à frapper son mari à mort.
En admettant qu’elle l’ai ensuite démembré, ce que je n’ai vu dans aucun des articles que j’ai lu et qui pourrait être une invention, il est tout à fait possible qu’elle ai été frappée d’une folie passagère due au ras le bol et à ce déséquilibre émotionnel provoqués eux-mêmes par le mari.
« Le mari n’a pas été condamné et n’est plus là pour se défendre des accusations formulées contre lui. » Déjà par le passé, comme je l’ai dit plus tôt, son mari avait une réputation d’homme violent. Les marques de certaines de ses violences sont encore présentes sur le visage de Li Yan. Il est vrai qu’un mort ne peut pas parler, mais son passé parle pour lui.

http://www.amnesty.org/fr/library/asset/ASA17/007/2013/fr/252f80cb-7b65-4d9c-97dd-ea5e2729f5a7/asa170072013fr.html

Répondre

Laisser un commentaire