Accueil SagaInitiatives « Droit de cuissage à la mairie » : victoire judiciaire pour Causette

« Droit de cuissage à la mairie » : victoire judiciaire pour Causette

par La rédaction

Pour la justice, Causette n’a pas diffamé le maire de Maubeuge en l’accusant de n’avoir pas soutenu une employée qui dénonçait des violences sexuelles. Le magazine envisage d’attaquer en retour pour procédure abusive et demande la démission du maire.


 

Le directeur de la publication de Causette, Grégory Lassus-Debat, est aujourd’hui « soulagé ». Le magazine a remporté le procès pour diffamation que lui avait intenté le maire PS de Maubeuge (Nord), Rémi Pauvros. Dans un article intitulé « Droit de cuissage à la mairie » dans son numéro d’avril 2012 (le début de l’article ici), Causette relayait, en autres, les accusations de viols et de harcèlement sexuel d’une ancienne employée de mairie de Maubeuge à l’encontre de quatre membres du Parti socialiste. Et affirmait que Rémi Pauvros, alerté par la jeune femme, n’avait pas signalé les allégations aux autorités : « une entorse à la loi », jugeait Causette.

Le jugement, rendu le 19 novembre, a prononcé la nullité de la procédure. Un épilogue attendu : lors de l’audience, le 24 octobre, la vice-procureure n’avait requis aucune condamnation, confirmant la version de Causette et estimant qu’en effet Rémi Pauvros « aurait dû alerter le parquet ». Cet épilogue judiciaire est une victoire morale et un soulagement financier pour le jeune magazine, pour qui ce procès représentait « un épée de Damoclès », souligne Grégory Lassus-Debat.

Le devoir d’un maire

Au total, Rémi Pauvros demandait 60 000 euros de dommages et intérêts. Mais Causette y laisse tout de même quelques plumes : le magazine a dû débourser 20 000 euros de frais de justice. La procédure ayant été déclarée nulle, il ne pourront pas lui être remboursés. Pour récupérer cette somme, Causette envisage d’attaquer à son tour Rémi Pauvros pour procédure abusive. « Nous attendons le détail du jugement, mais a priori nous allons poursuivre », confirme Grégory Lassus-Debat.

Parallèlement, la justice a ouvert une instruction sur ces faits présumés de violences sexuelles. Mais au-delà du terrain judiciaire, Causette attend aussi la démission du maire de Maubeuge. « Les hommes mis en cause sont peut-être innocents, mais le maire avait le devoir de signaler les faits rapportés par son employée », insiste Grégory Lassus-Debat. « Faire le choix de régler cela en interne, comme l’a fait Rémi Pauvros, c’est une fois de plus minimiser les violences sexuelles. C’est cela qui est scandaleux ».

 

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