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Dans les écoles du numérique, sexisme visible et invisible

par La rédaction

Dans une enquête menée par la start-up Social Builder dans les formations tech et numérique, 86% des répondantes, et 58% des répondants, disent avoir été témoin d’agissements sexistes.


 

Moins de deux semaines après un constat accablant dans le monde des études médicales, c’est l’ampleur du sexisme dans les formations tech et numérique qui apparaît dans une enquête publiée mercredi 28 novembre. Aux manettes, la start-up Social Builder, qui se donne pour mission de construire « la mixité et l’égalité femmes-hommes dans les métiers du numérique et dans l’entrepreneuriat ». Pour cette enquête – qui n’est pas forcément représentative – 1 000 étudiant·e·s, dont 40% de femmes, ont répondu à un questionnaire diffusé dans 18 écoles partenaires.

Verdict : plus de 7 femmes sur 10 (73%) y déclarent avoir été témoin de blagues sexistes. Plus de 4 sur 10 (42%) disent avoir subi des remarques sexistes sur leurs compétences. Elles sont 38, soit près de 10% des répondantes, a déclarer avoir été victimes de harcèlement sexiste, voire sexuel.

L’enquête met aussi en avant une « invisibilisation du sexisme de la part des hommes » : en effet, 86% des répondantes disent avoir été témoin d’agissements sexistes contre 58% des répondants. Ce constat se reflète surtout dans le rapport à l’humour : 31% des répondantes trouvent que les blagues sur les femmes sont fréquentes, contre seulement 14% des répondants.

« Le sexisme, les violences et les inégalités de genre se retrouvent dans l’ensemble de la société, mais en particulier dans les secteurs les plus masculinisés », ce qui est le cas du numérique, notent les auteures de l’étude. Les femmes sont entre 5% et 20% dans les filières informatiques des écoles d’ingénieur·e·s, et 20% en moyenne au sein de la Grande École du Numérique.

Lire aussi : Un plan pour inverser la courbe de la part des femmes dans le numérique

Elles soulignent aussi le rôle que joue, dans ce cadre, la “culture geek”, qui se manifeste par exemple par « une certaine obsession des corps et de la pornographie ».

Ainsi, 20% des répondant·e·s, hommes comme femmes, disent être exposés à des images pornographiques (sur des écrans d’ordinateurs ou la messagerie Slack…) contre leur gré. « Ces spécificités ne sauraient être transformées en généralités, en ne retenant que les pires aspects d’une culture plus large », tempèrent toutefois les auteures.

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Et aussi : Direction d’entreprise : les femmes disent oui, ils entendent non

 

 

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