Pour l’égalité, les hockeyeuses américaines engagent un bras de fer avec leur fédération

par Arnaud Bihel
Meghan Duggan au mondial 2011. Par _becaro_ [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

Meghan Duggan au mondial 2011. Par _becaro_ [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

L’équipe féminine de hockey sur glace des États-Unis menace de boycotter le championnat du monde. Les joueuses dénoncent un traitement inéquitable de la part de leur fédération.


 

Les hockeyeuses sur glace américaines vont au contact. Championnes du monde en titre, les joueuses de l’équipe des Etats-Unis ont menacé, mercredi 15 mars, de boycotter le championnat du monde qui débute le 31 mars. Leur revendication ? Que leur fédération, USA Hockey, leur accorde des salaires et un soutien équitable par rapport à l’équipe masculine.

Selon les joueuses, la fédération les paie 1 000 dollars par mois dans les 6 mois précédant les Jeux olympiques, et « quasiment rien » les 3 ans et demi restants. Et elles n’ont pas, contrairement aux hommes, la possibilité de joueur en club en tant que professionnelles.

« Nous demandons un salaire décent et que USA Hockey soutienne pleinement ses programmes pour les femmes et les filles et cesse de nous traiter comme des accessoires », commente la capitaine Meghan Duggan, six fois championne du monde, double médaillée olympique.

Pas d’opportunité de développement pour les filles

« Environ la moitié des joueuses de l’équipe nationale doivent occuper un ou deux boulots d’appoint, et plusieurs autres doivent compter sur le soutien financier de leur famille », souligne leur cabinet d’avocats dans un communiqué de presse, évoquant des « négociations au point mort » depuis un an.

Il explique encore que USA Hockey dépense environ 3,5 millions de dollars par an pour les garçons dans un programme de développement de l’équipe nationale masculine, mais qu’il « n’y a aucune opportunité de développement comparable pour les filles ».

L’équipe nationale féminine dit également subir un traitement inéquitable en matière d’équipement, de voyages ou de communication. Entre autres exemples, pour les Jeux Olympiques de 2014, seules les joueurs de l’équipe masculine ont eu droit à une retransmission télévisée de la présentation de leurs nouveaux maillots.

L’équipe féminine de hockey des USA a pourtant remporté 7 titres mondiaux et 4 médailles olympiques depuis 2000, quand leurs homologues masculins décrochaient 2 médailles d’argent olympiques et 3 médailles de bronze aux championnats du monde.

« Cela va plus loin que le hockey »

Les frondeuses ont déjà reçu de nombreux soutiens. Celui du héros de l’équipe masculine de 1980 Mike Eruzione, ou de footballeuses de l’équipe nationale comme Alex Morgan.

 

Cette dernière s’était d’ailleurs battue en 2016, avec d’autres footballeuses, pour un traitement équitable avec l’équipe masculine. Elles avaient même alors menacé de boycotter les Jeux olympiques.

« Cela va plus loin que le hockey. Cela va plus loin qu’un sport ou qu’un individu. Il s’agit là du soutien équitable aux femmes de ce pays », insiste d’ailleurs Meghan Duggan.

 

La fédération USA Hockey a accepté le bras de fer en répondant dans un communiqué qu’elle « comprenait » ses joueuses, mais qu’elle a déjà prévu un « soutien accru » au hockey féminin. Elle assure que dans le cadre des Jeux olympiques de 2018 ses internationales recevront 85 000 dollars chacune. « C’est tout simplement faux », ont répondu les joueuses.

 

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Lène 16 mars 2017 - 12:20

Puisque le mot « équité » apparaît beaucoup dans cet article (alors qu’il pourrait être remplacé par celui d' »égalité), voici une réflexion:

http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2015/05/en-finir-avec-lopposition-egaliteequite.html

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