Accueil Sans catégorie Quand un élu américain fait d’une femme enceinte une « hébergeuse »

Quand un élu américain fait d’une femme enceinte une « hébergeuse »

par La rédaction
Justin Humphrey © Oklahoma House of Representatives

Justin Humphrey © Oklahoma House of Representatives

Un élu républicain de l’Oklahoma défend une loi obligeant une femme voulant avorter à obtenir l’autorisation écrite du géniteur. Car elle n’est plus à ses yeux qu’une « hébergeuse » et n’a plus à décider de son corps.

Le droit des femmes à décider de leur corps ? Secondaire. C’est le sens d’un texte actuellement discuté par les législateurs de l’Etat de l’Oklahoma, aux Etats-Unis. Cette proposition de loi, énième avatar dans la bataille du parti républicain contre le droit à l’avortement, a passé mardi 14 février une première étape en commission. Elle prévoit qu’une femme ne puisse pas recourir à une IVG sans l’autorisation écrite du géniteur.

Le texte, de son petit nom HB 1441, n’ira sans doute pas à son terme, car il est contraire à la constitution, assurent ses détracteurs. Des tentatives similaires ont d’ailleurs déjà été bloquées par la justice. Mais il a connu un retentissement national à cause de la façon dont son auteur, le sénateur républicain Justin Humphrey l’a défendu : pour lui, une femme enceinte n’est plus qu’une « hébergeuse » et n’a, à ce titre, plus d’existence propre.

C’est ce qu’il expliquait le 13 février au site The Intercept : « Je comprend qu’elles revendiquent qu’il s’agit de leur corps. Mais mon sentiment est qu’il y a une séparation – ce que je dis [à une femme enceinte], c’est : ‘Tu es une hébergeuse’. » Et si tu n’a pas pris « toutes les précautions » pour ne pas être enceinte, poursuit-il, c’est que tu es « irresponsable, alors ne viens pas revendiquer de faire ce que tu veux avec un autre corps, alors que tu est l’hébergeuse et que tu l’as invité en toi ».

De quoi s’attirer les foudres des défenseur.e.s des droits des femmes. « Non, nous ne sommes pas des ‘hébergeuses’. Nous sommes des femmes, et nous ne nous laisserons pas contrôler », lançaient par exemple les organisatrices de la Marche des Femmes.

 

 

 

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

0 commenter

Laisser un commentaire