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En Somalie, parler de viol mène en prison

par La rédaction

Une femme qui dit avoir été violée par des membres des forces gouvernementales et un journaliste qui l’a interviewée risquent la prison.


Alors que le gouvernement Somalien vient d’obtenir, pour la première fois depuis plus de 20 ans, la reconnaissance officielle des Etats-Unis, cette information fait tache : les autorités somaliennes poursuivent en justice une femme qui se dit victime de viol par des membres des forces de sécurité. Un journaliste l’ayant interviewée doit également être jugé.

Le 29 janvier, le parquet a engagé des poursuites, notamment pour insulte à un organisme gouvernemental et faux témoignage. Tous deux risquent plusieurs années de prison. Trois autres personnes sont également poursuivies pour avoir aidé la jeune femme à entrer en contact avec le journaliste. Une audience doit se tenir le 2 février.

C’est lors d’un entretien, le 8 janvier, que la femme avait fait part au journaliste Abdiaziz Abdinur du viol dont elle avait été victime de la part de membres des forces gouvernementales. Son histoire n’a pas été publiée mais les autorités somaliennes font le lien avec un article dans lequel Al Jazeera (ici en anglais) évoquait les violences sexuelles auxquelles sont exposées les Somaliennes dans les camps de réfugiés.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) s’indigne (ici en anglais) de cette attitude des autorités somaliennes : Daniel Bekel, responsable de HRW pour l’Afrique, dénonce : « Poursuivre en justice une présumée victime de viol rend risibles les priorités du gouvernement somalien. ‘L’enquête’ de police dans cette affaire a été une tentative, pour des raisons politiques, de condamner et réduire au silence ceux qui rendent compte du problème, largement répandu, des violences sexuelles commises par les forces de sécurité somaliennes ».

 

Le pays le plus meurtrier pour les journalistes après la Syrie

L’année 2012 aura été particulièrement meurtrière pour les journalistes en Somalie, relève par ailleurs Reporters sans frontières (RSF) dans son dernier classement mondial de la liberté de la presse, publié mercredi 30 janvier : « dix-huit professionnels de l’information ont été tués, victimes d’attentats à la bombe ou directement visés dans des assassinats ciblés, faisant de l’année 2012 la plus meurtrière de l’histoire pour la presse de ce pays. Cet État de la corne de l’Afrique fut en 2012 le deuxième pays le plus dangereux au monde pour les acteurs de l’information après la Syrie. » De ce fait la Somalie pointe à la 175ème place, sur 179, dans le classement de RSF…

 

 

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1 commenter

christine gamita 22 février 2013 - 17:42

Pétition d’arrêt des viols féminicides en Somalie par le journaliste qui a interviewé la victime, lien de dernière née des pétitions contre féminicides http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/05/feminicidesgazette-des-petitions.html

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