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Encore un appel à la démocratie très masculin

par Isabelle Germain

grenelle-democratieUn appel à un « Grenelle de la démocratie » compte très majoritairement des signataires hommes. Vous avez dit démocratie incomplète ?


 

33 signatures pour un « Grenelle de la démocratie ». Estimant que le système démocratique est « à bout de souffle », l’écrivain Alexandre Jardin, l’économiste Nicolas Bouzou, le chef cuisinier Thierry Marx et 30 autres ont pris la plume dans L’Opinion pour lancer un appel. Huit hommes en photo sur le site du journal, et seulement trois femmes sur les 33 signataires.

Parmi les raisons de l’essoufflement de la démocratie, leur texte cite « le numérique qui détiendra bientôt le potentiel d’entraîner le renversement d’un système rigide, marqué par le manque d’écoute, conçu pour gouverner par le haut et finalement, peu capable de penser et peser sur le temps long ».

Renverser un système dans lequel les décisions sont prises d’en haut par une poignée d’individus aux profils assez similaires, c’est en effet l’espoir suscité par le numérique. C’est grâce au numérique que les « non-frères », comme les appelle la politologue Réjane Sénac, c’est-à-dire les femmes, ont pu exprimer publiquement des points de vue qui jusque-là passaient au-dessus de la tête des frères qui dirigent la politique et les médias.

Bons tuyaux

Mais exprimer un point de vue ne suffit pas à le faire entendre. Pour faire du bruit médiatique et peser vraiment sur les décisions, encore faut-il disposer des bons tuyaux numériques. Un blog, une institution émettrice de messages, un journal à forte audience, des reprises dans les autres journaux… Et on ne refile pas ces bons tuyaux aux femmes (Voir notre dossier Femmes à l’antenne).

Il y a quelques jours, le Collectif 52 tirait la sonnette d’alarme pour dire qu’il serait temps que la démocratie cesse d’oublier les femmes. Pourquoi n’ont-elles pas, en masse signé l’appel au Grenelle de la démocratie ? Ceux qui l’ont initié ne connaissent-t-ils que trois femmes ?

Certains d’entre eux, Alexandre Jardin et Nicolas Bouzou notamment, font partie du groupe #JamaisSansElles, créé précisément pour en finir avec ces prises de paroles publiques exclusivement ou quasi-exclusivement masculines. Sans conviction, décidément. Aurait-il été compliqué de demander à chacun des signataires du texte de faire venir une femme ?

Nous vivons dans des « démocraties incomplètes », ne cesse de dire l’Union interparlementaire. Si ceux qui appellent à un Grenelle de la démocratie se contentent de le faire dans un entre-soi masculin à peine ébreché, la démocratie risque de rester incomplète très longtemps…

Lire aussi dans Les Nouvelles NEWS

Ces hommes qui font “L’Opinion”

 

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1 commenter

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Celine 19 avril 2017 - 21:21

Ce qui me perturbe c’est sincérité des ces frères… a aucun moment, ils ont réfléchi à une démocratie pluraliste ( avec des hommes et des femmes) de leur entourage personnel…Professionel…ou encore intellectuel il n’y a peut-être plus ou pas de femmes !!!!

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