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Raté, Isabelle Kocher ne sera pas la première

par La rédaction
Isabelle Kocher

Isabelle KocherIsabelle Kocher, numéro 2 d’Engie, devait prendre les rênes du groupe au mois de mai et devenir ainsi la première femme PDG d’une entreprise du CAC 40. Mais l’actuel patron, Gérard Mestrallet, restera finalement président non exécutif. Ainsi en a décidé l’Etat actionnaire.

 

Une femme présidente directrice générale d’une entreprise du CAC 40 ? Et puis quoi encore ? C’était établi depuis octobre 2014, alors qu’elle était nommée numéro 2 d’Engie (ex-GDF Suez) : Isabelle Kocher devait devenir en mai 2016 PDG du géant de l’énergie. Mais elle n’en sera en fait « que » directrice générale. Patronne exécutive, certes, mais sous le regard d’un « mentor » qui s’accroche à la barre avec la bienveillance de l’Etat…

L’actuel PDG d’Engie, Gérard Mestralet, conservera en effet le titre de président non-exécutif, « avec une rémunération symbolique », pour les deux prochaines années. C’est ce que Ségolène Royal a annoncé à l’AFP vendredi 5 février, confirmant une information des Echos.

« Elle sera suspectée de manquer de stature »

Ce jeu de rôles doit être confirmé par le conseil d’administration du groupe, le 24 février, puis entériné lors de l’assemblée générale du 3 mai prochain. Car maintenir Gérard Mestrallet à la présidence nécessite « une évolution des statuts du groupe, pour dissocier les fonctions ». Mais aussi pour « reculer la limite d’âge du président, aujourd’hui fixée à 67 ans. Gérard Mestrallet les atteindra le 1er avril », relèvent Les Echos.

 

Pour Isabelle Kocher, « c’est une période à haut risque qui s’ouvre », poursuit le quotidien économique. « Elle va devoir prendre les rênes opérationnelles d’Engie et asseoir son pouvoir en interne sans être vraiment dégagée de la tutelle de son mentor, figure emblématique du monde des affaires en France et patron du groupe depuis vingt ans. Pis, elle sera suspectée de manquer de stature, du fait du maintien de Gérard Mestrallet comme président… »

Une période à hauts risques encouragée par l’Etat, actionnaire d’Engie à 33%, et qui reste décisionnaire sur les questions de gouvernance.

Engie s’était distinguée ces derniers mois en se hissant à la troisième place du classement de la féminisation des grandes entreprises. Le groupe compte notamment une majorité de femmes – et même trop – dans son Conseil d’aministration. Mais elles ne sont que 27% dans son comité exécutif et 23% dans son « Top 100 ».

 

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3 commentaires

3 commentaires

MARTINEZ 5 février 2016 - 14:46

Sa fidélité au groupe lui vaudrait-elle d’être suspectée de manquer de stature ?
Qui sait si une grande entreprise européenne ne va pas nous faire rire jaune, après tout n’en déplaise aux actionnaires il n’y a pas qu’Engie et Areva.

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Lili 5 février 2016 - 18:15

La manière dont Mestralet s’accroche est assez pitoyable. Ces gens-là sont dans une telle toute-puissance qu’ils n’hésitent pas à bousculer les statuts, comme des chefs d’Etats africains qui veulent détourner la démocratie.
Et l’Etat actionnaire laisse faire… L’article des Echos indique que « les relations sont tendues entre eux », ça veut dire que dans quelques mois elle sera débarquée au profit d’un bon vieux quiqua bien masculin…

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samia 6 février 2016 - 07:40

Les femmes sont elles même misogynes entre elles au travail pas du tout solidaires et très médisantes juste retour de bâton !!!

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