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Espérance de vie : l’écart femmes/hommes se resserre encore

par Arnaud Bihel

En 2013 en France, l’espérance de vie à la naissance est de 85 ans pour une femme ; 6,3 ans de plus que pour un homme. Mais cet écart s’est réduit de 2 ans sur les vingt dernières années.


L’écart d’espérance de vie entre femmes et hommes s’est encore légèrement resserré en France en 2013. C’est l’un des constats de l’INSEE dans son « bilan démographique 2013 » publié mardi 14 janvier.

En 2013, l’espérance de vie à la naissance augmente légèrement, après avoir stagné pour les hommes et légèrement diminué pour les femmes en 2012. Une femme peut espérer vivre en moyenne 85 ans et un homme 78,7 ans, soit plus de 6 ans de moins.

Mais cet écart en faveur des femmes se réduit régulièrement. L’espérance de vie a progressé de 2,9 ans pour les hommes, de 2,1 ans pour les femmes au cours de la dernière décennie : l’écart d’espérance de vie entre les sexes s’est ainsi réduit de 0,8 ans. Et de 1,9 ans sur les 20 dernières années, souligne l’INSEE.

L’espérance de vie à 60 ans augmente aussi, mais moins vite que l’espérance de vie à la naissance. En 2013, à 60 ans, les femmes peuvent espérer vivre encore 27,3 ans en moyenne, et les hommes 22,7 ans (l’écart se réduit aussi plus lentement : respectivement + 1,7 an et + 1,9 an en dix ans).

 

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7 commentaires

Peter Bu 14 janvier 2014 - 21:58

Vous écrivez : «(…) l’écart d’espérance de vie entre les sexes s’est réduit (…) de 1,9 ans sur les 20 dernières années. »
Serait-ce le résultat du stress au travail professionnel qu’à présent les femmes partagent avec les hommes? Et/ou bien le fait qu’elles travaillent en entreprise ET continuent à s’occuper de la plus grande partie des tâches domestiques?
La question mériterait d’être étudiée, sans occulter le fait que l’espérance de vie en bonne santé commence à se réduire pour tout le monde : merci de voir http://blogs.mediapart.fr/blog/peter-bu/100713/esperance-de-vie-en-bonne-sante-elle-baisse

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taranis 15 janvier 2014 - 07:57

En un quart de siècle, les hommes de 35 ans ont gagné cinq années d’espérance de vie et les femmes quatre années et demie. Toutes les catégories sociales ont profité de ce progrès, même si les écarts entre les cadres et les ouvriers se sont maintenus. Les hommes cadres vivent en moyenne 6,3 ans de plus que les hommes ouvriers, Chez les femmes, les inégalités sociales sont moins marquées, seuls 3,0 ans séparent les cadres et les ouvrières. Quelle que soit leur catégorie sociale, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. En France, les inégalités sociales face à la mort sont plus fortes chez les hommes que chez les femmes, tout comme dans le reste de l’Europe (selon le diplôme). Le suivi médical régulier des femmes pourrait réduire les inégalités sociales face à la mort parmi les femmes Pourtant, les ouvrières cumulent plusieurs facteurs défavorables pour la santé : leurs revenus sont inférieurs à ceux des hommes cadres et certaines de leurs conditions de travail sont plus pénibles (exposition à des produits toxiques, effort physique, …). Elles ont en revanche certains comportements de santé plus favorables que les hommes cadres. Les femmes consomment moins d’alcool que les hommes à tout âge. Après 60 ans, elles fument également moins. Avant 60 ans, elles bénéficient d’un meilleur suivi médical en particulier pendant la vie féconde, ce qui pourrait contribuer à améliorer leur espérance de vie. Enfin, les femmes disposeraient aussi d’avantages biologiques expliquant en partie leur espérance de vie plus longue (moins de maladies génétiques, …), selon certaines études les ouvrières vivent certes plus longtemps que les hommes cadres, mais leur espérance de vie sans incapacité est en revanche plus faible

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Lili 15 janvier 2014 - 11:20

C’est aussi le fait que les femmes ont adopté des comportements masculins risqué (et continuent de le faire) : alcool, stupéfiants, et surtout cigarettes. Parallèlement, les hommes ont vu leurs conditions de travail s’améliorer de par l’évolution des métiers. On joue là sur des grands nombres et rappelons que désormais les métiers manuels, en extérieurs, pénibles, usants, sont pratiqués par beaucoup moins d’individus, et dans des conditions moins pénibles tout de même.
On arrive aujourd’hui aux cohortes qui ne sont plus les générations d’agriculteurs à 80%, ou alors des premiers agriculteurs ayant bénéficié de la mécanisation.

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Peter Bu 15 janvier 2014 - 13:07

Merci pour les précisions apportées par lili et taranis, mais vous ne prenez pas en compte la dégradation de l’environnement qui semble contribuer à la réduction de la durée de vie en bonne santé pour tous. La génération de « baby boom » semble particulièrement concernée. Veuillez voir le dossier signalé par le lien http://blogs.mediapart.fr/blog/peter-bu/041013/articles-de-ce-blog-sommaire (article n°5 « Espérance de vie en bonne santé : elle baisse ! »

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taranis 15 janvier 2014 - 15:15

Je pense aussi que nous assistons à une détérioration de la santé au travail sur le long terme. Le problème est moins l’impact immédiat des conditions de travail sur la santé que le cumul des atteintes à la santé dans la durée. Car les secteurs économiques changent : il y a moins d’emplois dans la sidérurgie ou les mines, des secteurs davantage exposés aux accidents. Ensuite, grâce à une amélioration des conditions de travail et de la prévention de la sécurité.Cependant une augmentation claire des cancers d’origine professionnelle est observable Cela s’explique vraisemblablement par une meilleure connaissance des différents types de cancers – nous sommes mieux en mesure de dire que tel cancer est causé par telle activité. Mais nous vivons aussi dans un modèle économique très dépendant des substances chimiques Selon certaines estimations, environ 28 % des travailleurs sont exposés à des substances cancérogènes Les ouvriers sont beaucoup plus exposés que les employés, et les cadres supérieurs sont ceux qui s’en tirent le mieux. Dans le cas de la souffrance mentale et des suicides pouvant être liés au travail, je ne trouve pas de données d’ensemble crédibles. Mais le phénomène existe partout en Europe, pas seulement en France comme l’a montré le drame des suicides à France Télécom. Lorsqu’un suicide est reconnu comme accident du travail c’est finalement toute une société qui reconnaît que potentiellement travailler est un risque mortel. Tout cela est effectivement inquiétant alors que dans beaucoup de pays européens l’âge de départ à la retraite et la durée du temps travaillé s’allongent. Cette logique simpliste qui vise à affirmer que l’espérance de vie augmentant, la durée du travail doit suivre, risque d’avoir des effets délétères. Les conditions de travail actuelles rendent cet objectif impossible pour une grande partie de la population.

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Peter Bu 17 janvier 2014 - 20:36

Merci pour ces précisions, mais il ne s’agit pas uniquement du travail. La « durée de vie en bonne santé » semble se réduire à cause de l’environnement dégradé et tout le mode est concerné, pas seulement ceux qui subissent des risques professionnels.
Une autre cause a été partiellement évoquée: mauvaise hygiène de vie. L’Alsace occupe la première place à l’échelle des maladies cardio-vasculaires ce qui est probablement dû aux habitudes nutritionnelles de ses habitants.
Il serait temps que nos gouvernants – mais aussi les citoyens prennent en compte tous les aspects de l’écologie.

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taranis 18 janvier 2014 - 13:03

Merci aussi à vous Peter de nous rappeler que le système capitaliste a exploité et abusé la nature, poussant la planète à ses limites, tant est si bien que le climat est l’objet de fondamentales et dangereuses transformations du monde. Mais le sauvetage ne pourra se faire qu’en abandonnant la stratégie de partage des fruits de la croissance au profit d’une stratégie de contestation de l’accumulation capitaliste qui épuise les deux seules sources de toute richesse : la Terre et le travailleur. La majorité des femmes des pays du Sud vivent dans la pauvreté et l’inégalité. Or, ce sont précisément elles les premières touchées par la crise climatique générée en très grande partie par l’émission de CO2 provenant essentiellement du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le monde sont des femmes. Dans les pays non industrialisés, souvent situés au Sud de cette planète, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La désertification, la perte de ressources en eau, etc., ont un impact énorme sur leur vie quotidienne. Quand les terres ne produisent plus de nourriture à cause du changement climatique, les femmes et leurs enfants forment la majorité du contingent des personnes déplacées, obligées de prendre le chemin de l’exil pour survivre. Rassurez-vous je fais partie des Femmes en lutte contre la marchandisation de nos corps, de nos vies et de la nature. La question n’est pas seulement un environnement durable mais aussi la construction d’un nouveau modèle de production et de consommation qui garantisse les conditions de l’égalité. Pour y parvenir, nous devons être libérées de toutes les formes d’oppression, penser non seulement à l’harmonie avec la nature mais aussi entre hommes et femmes. Cela suppose l’éradication de la violence, la fin de la sujétion des hommes au capitalisme, et qu’ils cessent de nous frapper et nous harceler. Cela suppose le libre exercice de notre sexualité.

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