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PACA : la conseillère régionale anti-IVG n’est plus chargée de la Famille

par Marina Fabre
Catherine Giner ; Christian Estrosi, photos via leurs comptes Twitter officiels

Catherine Giner ; Christian Estrosi, photos via leurs comptes Twitter officiels

Revirement de Christian Estrosi, qui retire la vice-présidence en charge de la Famille à Catherine Giner, figure de la Manif Pour Tous à tendance anti-IVG. (Article mis à jour).


  

Catherine Giner n’aura été vice-présidente chargée de la Famille au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) que durant quelques jours. C’est que sa nomination, pointée du doigt lundi 18 novembre par le quotidien La Marseillaise, faisait mauvais genre. Figure incontournable de la Manif Pour Tous, hostile au mariage entre couples de même sexe, donc, et à tendance anti-IVG, Catherine Giner ne cadrait pas vraiment avec les positions du nouveau président de Région Christian Estrosi.

Ce dernier, après l’avoir nommée vendredi 15 janvier vice-présidente « à la famille et à l’intergénération », lui a donc retiré quatre jours plus tard la charge de la famille. La Marseillaise, qui révèle ce revirement après avoir lancé la polémique, explique que selon la région « Christian Estrosi sera très vigilant sur le respect de ses engagements » notamment en matière de soutien aux associations défendant les droits des femmes et le droit à l’IVG. « C’est lui et lui seul qui interviendra sur les sujets touchant à la famille, il a été l’un des premiers à marier des personnes de même sexe ».

C’est qu’en chargeant Catherine Giner de la Famille (une compétence dont elle a, par ailleurs, toujours la charge à la mairie de Marseille), Christian Estrosi donnait l’impression d’avoir très vite oublié ses discours donneurs de leçons de la campagne des régionales. Le 3 décembre dernier, entre les deux tours, il offrait à son adversaire du FN, Marion Maréchal-Le Pen, « l’ouvrage du combat d’une femme pour le droit des femmes, Simone Veil ».

En cause, l’annonce de la nièce de Marine Le Pen, lors d’un meeting de la Manif Pour Tous, de couper les subventions au Planning familial si elle était élue. Christian Estrosi avait foncé dans la brèche, se posant en défenseur des droits des femmes. C’était donc lors d’un débat télévisé qu’il avait voulu offrir l’autobiographie de Simone Veil, Une vie, à sa rivale et de s’en targuer sur Facebook : « La candidate du FN ne veut plus subventionner le Planning familial ? Elle a oublié que si elle est candidate aujourd’hui, c’est que des femmes se sont battues pour qu’elle en ait le droit. Elle oublie le combat des femmes pour leur émancipation. »

« Dénoncer la loi du silence concernant l’IVG et ses risques médicaux et psychologiques »

Comme le rappelle le journal en ligne La Marseillaise, cette fervente catholique a signé, avec d’autres, un manifeste « pour une autre vision de la femme ». Un texte truffé de positions anti-féministes et anti-avortement. Dans la rubrique « Ce qu’est la femme » sous-titré, « ses fragilités », Catherine Giner écrit : « Le féminisme (…) a développé un modèle malthusien encourageant le recours à l’IVG, et entravant l’aspiration maternelle chez les femmes. »

Celle pour qui « la femme n’est pas identique à l’homme », mais complémentaire, propose alors de « dénoncer les pressions sociales, familiales ou professionnelles sur les femmes qui pourraient envisager une grossesse, la loi du silence concernant l’IVG et ses risques médicaux et psychologiques ».

Exactement dans la lignée de Marion Maréchal-Le Pen, qui ne s’était pas clairement prononcée contre l’avortement mais contre le Planning familial qui en ferait la promotion. Ainsi la nouvelle conseillère régionale en charge de la Famille souhaiterait « une politique active de prévention de l’IVG » dont des « moyens importants pour prévenir l’avortement chez les mineures et mieux accompagner celles qui souhaitent garder leur enfant ».

Marine Brenier, porte-parole de Christian Estrosi, n’avait pas mâché ses mots, dans un communiqué contre Marion Maréchal-Le Pen lors des deux tours : elle a le visage « d’un extrémiste qui bafoue les droits pour lesquels les femmes se sont battues », avait-elle dit. Quid aujourd’hui de Catherine Giner ?

Car, pour parfaire sa panoplie de figure de la Manif Pour Tous, Catherine Giner se fond dans la foule des complotistes de la fantasmée et effrayante « théorie du genre ». Ainsi, sur Twitter, elle félicitait l’eurodéputé de sa région qui avait voté contre le rapport Rodrigues, « sur l’émancipation des jeunes filles par l’éducation dans l’Union européenne ».

Pourquoi ? Parce que ce rapport appelait l’école à lutter contre les stéréotypes liés au « genre ». Vade retro, Satana !

 

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17 commentaires

Layr 19 janvier 2016 - 01:27

C’est l’héritière Lepen troisième du nom qui doit bien jubiler.

Pauvre de nous, mais comment les hommes politiques peuvent-ils être aussi incompétents ??? ..Et pourtant j’ai l’habitude d’être optimiste !

S’il voulait saboter son parti, son ami sarko et se foutre de ses électeurs (dont en priorité sa porte parole, qui a comme comble du pathétique en tweet épinglé sur sa page, l’anniversaire du vote de la loi IVG par Simone Veille un 17 janvier, il faut le faire !) il ne s’y prendrait pas autrement.

Pour les prochaines régionales, il me semble que c’est plié dorénavant. Et là, il peut aussi s’assoir sur les voix de gauche.

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09 Aziza 19 janvier 2016 - 09:46

Ce n’est pas de l’incompétence, c’est du marketing politique: les droits des femmes sont un gadget dont on se sert à géométrie variable pour « gagner ». Faudrait il à nouveau défiler avec des pancartes « nous ne sommes pas des poupées », comme en 71?
Ceci dit, les propagandes anti-droits des femmes prendraient moins s’il y avait une réelle prise en compte des mouvements féministes de la situation difficile des femmes par rapport à la grossesse. Il est tout à la fois vrai qu’avorter dans les délais peut être un parcours du combattant, mais aussi que beaucoup de femmes subissent des pressions insupportables de leur compagnon pour faire une IVG quand elles ne le souhaitent pas forcément. J’en ai des exemples dans ma propre famille. Celles qui ont un emploi, une famille et de la confiance en elles résistent; celles qui ont peur d’être quittées (le chantage est là) s’inclinent. C’est une violence. J’en ai été témoin aussi comme travailleur social.
Ne parlons pas des mineures que la mère accompagne à l’entretien d’IVG(et qu’on met poliment dehors) et déclare péremptoirement « naturellement il n’est pas question qu’elle ait cet enfant ». Les pressions inverses existent aussi, mais moins. Je ne me tairai pas parce que c’est vrai. Il n’empêche que j’ai lutté voici 40 ans pour la légalisation et le remboursement de l’IVG, et je maintiens que c’est une bonne chose. Mais vous parlez de l’instrumentalisation du droit des femmes, en voici une! La dernière de certains hommes est « nous aussi, nous avons le droit de choisir de ne pas être pères ». Certes! mais les moyens sont simples: les préservatifs « automatiques ». Et l’accident, direz vous? C’est exact, mais le harcèlement et la pression , sans se mettre à la place de la femme concernée, ne sont pas des moyens corrects de persuasion et de dialogue dans les respect de chacun….

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taranis 19 janvier 2016 - 14:45

Chère Aziza, loin de vouloir avec l’arrogance de ma jeunesse donner des leçons à mes Ainées …Mais j’ai toujours du mal à vous lire car je me sens toujours ballottée par vos propos Pour moi il est évident que la liberté de choisir c’est de garder l’enfant ou pas et que les 2 solutions doivent être présentées à la femme en situation. Si le système est imparfait il faut l’améliorer mais pas donner un semblant de raison aux anti-IVG…Seules les Féministes proposent d’accompagner le choix ….Les Pro-vies sont clairement dans le choix dogmatique de morale religieuse Je pense au contraire qu’il ne faut aucune ambiguïté pour faire tomber le tabou autour de ces situations personnelles, les intéressées ne doivent donc ne connaitre ni détresses, ni solitude , ni pressions psychologiques matérielles, morales et surtout religieuses car celle-ci sont irraisonnées La seul solution est bien de poursuivre votre œuvre ,le Planning Familial doit être partout et conforté dans son rôle qui est aussi la prévention ou l’on peut demander à y rencontrer un psychologue ou un conseiller conjugal et familial. Ces professionnels savent écouter, vous soutenir et vous orienter vers vos démarches. Quand a la paternité forcée elle peut être discutée dans ce cadre…Mais je vois le problème des hommes comme uniquement financier et encore il faut une procédure en paternité, et si on est en couple on assume l’accident (c’est plus facile que d’être handicapé) ou alors on se fait vasectomisé, et si être Père est primordial on change pour une partenaire catho…Il me semble que le délit d’entrave et avant tout celui a une « bonne » information…Qu’on se le dise et cela ira mieux. Bisous

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BLIN 19 janvier 2016 - 10:07

Rien de choquant dans les propos de Mme Giner ! Donner le choix aux femmes de garder leur enfant sans céder aux pressions serait être « contre » ? Non, c’est leur donner la liberté ! Quant à la complémentarité homme/femme, la nier est totalement absurde et Mme Giner a de l’expérience en ce qui concerne l’Education ! Je me réjouis du choix de Mr Estrosi !

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taranis 19 janvier 2016 - 12:40

Cette femme affiche clairement son antiféminisme, si vous vos alignez sur son idéologie ne vous cachez pas hypocritement derrière la liberté de procréation, vos dogmes religieux pro-vie et essentialistes sont le contraire du libre-arbitre des individus. Chaque femme a son histoire et c’est pour cela que le Planning Familial est utile, il accompagne le choix personnel en l’éclairant là ou vous vous voulez l’orienter par l’obscurantisme. Quant à votre complémentarité n’est rien d’autre qu’un terme anti-égalité de sacralisation de rapport dominant/:dominé Les femmes et les hommes sont DIFFERENTS : Pas supérieurs/inférieurs ils et elles sont chacun-e un être humain dans son entièreté….pour preuve aucune femme n’est jamais morte ne pas « complémenter» un homme…et pour vous faire rager les couples lesbiens vivent très bien …Et si au lieu de regarder chez les autre vous vous occuper de votre famille avec vos convictions propres sans vouloir les imposer VOTRE vérité ….Laissez-nous vivre mon corps m’appartient et je me charge toute seule de ma propre liberté de choisir. Je préfère les Professionnels expérimentés que m’en remettre à un Dieu qui n’élèvera pas l’enfant La glorification de la maternité et la pseudo complémentarité des rôles, le torpillage de la loi sur l’avortement, l’incrimination des immigrés comme auteurs de violences, signe d’un racisme viscéral, etc. Après des décennies de combats féministes je dis non à cette régression.

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Hélène 19 janvier 2016 - 14:52

Bonjour Blin,
Pourriez vous précisiez votre propos sur l’absurdité de la complémentarité homme/femme?

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BLIN 19 janvier 2016 - 22:13

Bonjour Hélène, j’ai écrit que NIER la complémentarité homme/femme est absurde, puisque l’article semble reprocher à Mme Giner de considérer que l’homme et la femme sont complémentaires ! C’est pourtant une évidence, non ? Ils sont égaux en droits, bien entendu, mais différents et complémentaires, bien sûr ! Quant à la pression sociale, familiale ou professionnelle exercée sur des femmes contre leur maternité, que dénonce Mme Giner, comment ne pas les voir ? Elle a raison de vouloir rendre les femmes libres d’agir comme elles le souhaitent et de proposer de les aider, pas seulement en exigeant une solution radicale et, parfois, bien regrettable ! Bravo Mme Giner ! Et dommage que Mr Estrosi ait changé si vite d’avis, sous pression évidente… Il avait pourtant fait un bon choix !

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Juliette 20 janvier 2016 - 00:42

Qu’est-ce que cela veut dire pour vous « être complémentaire » pour un homme et une femme ? Qu’ils ont des rôles fondamentalement différents (faire la cuisine vs travailler dans un bureau, faire des langues vs faire des maths) ?

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taranis 20 janvier 2016 - 13:04

Merci «Monseigneur» Blin, mais nous ne sommes pas des brebis égarées : nous vous demandons des arguments pas de nous assener vos superstitions comme des vérités absolues. Car pour que votre fameuse « Théorie du Genre » locution crée je rappelle de toute pièce par le Vatican ne soit pas une chimère, mais comme prétendue le fil directeur des études féministes, on aimerait bien connaitre les énoncés sensés nous appartenir car toute théorie n’est valable que par des faits scientifiques concluants et non contredit de manière convergente Nous disons que par exemple la seule complémentarité reconnue trouve sa forme dans la reproduction sexuée En effet pour créer la vie il faut unir une gamète mâle et femelle ( au frontière du Génie Génétique et du Clonage qui sont aussi mes limites)…Vous pouvez défendre cette forme de création de la vie certes, j’admets même un aspect miraculeux et spirituel au-delà de nos connaissances actuelles mais nous Femmes d’aujourd’hui nous ne voulons plus êtes réduite cette complémentarité reproductive. Une femme c’est bien plus qu’un utérus sur patte. L’Homme et la Femme sont deux êtres humains distinct « Au commencement Dieu créa l’homme, il les créa mâle et femelle Gen 1.27 »…..Vos évidences sont des interprétations d’une asymétrie de pouvoir et de rôles construits socialement

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taranis 19 janvier 2016 - 13:08

Selon la Marseillaise, l’élue Les Républicains Catherine Giner, anti-IVG et pro Manif pour tous, ne sera finalement plus chargée de la Famille L’entourage de Christian Estrosi a fait savoir au journal c’est « lui et lui seul qui interviendra sur les sujets touchant à la famille, il a été l’un des premiers à marier des personnes de même sexe ». Des infos de confirmation Mme Fabre, merci de bien vouloir m’ôter cette épine. C est donc nos propres prières qui ont été entendues comme quoi effectivement  » les voies du Seigneur sont impénétrables »

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taranis 19 janvier 2016 - 15:17

merci pour cette mise a jour…Je suis une incorrigible impatiente ;))

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Chamontin 19 janvier 2016 - 14:07

Juste un petit conseil.
L’URL de votre article mis à jour est restée l’ancienne, , ce qui fait qu’on ne peut pas partager cet article sur Facebook car le titre qui apparaît est trompeur.
Il vaut mieux créer une nouvelle page dans ce cas là que remplacer une précédente.
Cordialement
EC

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09 Aziza 19 janvier 2016 - 18:19

@chère Taranis: bien sûr que le mieux est d’avoir recours à des professionnels à l’écoute! mais j’ai été l’une d’elle, et c’est dans ce cadre que j’ai reçu un nombre considérable de femmes bouleversées parce que leur conjoint, ou compagnon, leur faisait le chantage à la rupture si elles n’avortaient pas. Il ne vous a pas échappé que les salaires des femmes sont bien inférieurs à ceux des hommes; ni que les loyers permettent déjà tout juste de vivre à deux dans les grandes villes. Qu’est ce que vous répondriez à ces femmes? La grossesse est pour elles l’occasion de se rendre compte qu’elles ne sont pas aimées comme elles le voudraient, c’est à dire que l’homme prend son seul point de vue comme référence. ce que la société a à leur offrir est dérisoire: l’allocation de Parent Isolé, qui ne permet pas de vivre si l’on n’est pas déjà hébergée par quelqu’un, et cela seulement si elles n’ont pas d’emploi. Et des bonnes paroles….Donc j’estime que les choix des femmes sont contraints. Et que c’est une terrible violence. Avorter quand on ne le veut pas est traumatisant, autant que d’en être empêchée. Le corps des femmes et ce qui s’y passe, n’est pas considéré, Les hommes demeurent ceux qui décident.
C’est si facile quand dans son corps à soi il ne se passe rien.
C’est une lacune des mouvements de femmes européens de se voiler la face sur ces réalités. Celles qui résistent à ces pressions, je le répète , sont celles qui n’ont pas de trop mauvais salaires, et une famille soutenante. Et si elles demandent une pension pour l’enfant, elles ont de grandes chances de ne jamais en voir la couleur. Il est aussi plus facile de présenter l’IVG comme la meilleure solution dés qu’un obstacle se présente, que de s’attaquer à ces problèmes. Les mères célibataires constituent la majeure partie des personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Qu’est ce qui est fait ? Pas grand chose. Et s’il n’y avait pas les associations caritatives(souvent confessionnelles, alors ne criez pas trop vite haro sur les religions!) ce serait bien pire.Oui, la détresse, l’injustice et la misère me révoltent toujours. Ce qui prouve que pour le moment, je ne vieillis pas en me ramollissant , ouf!

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taranis 19 janvier 2016 - 20:52

Merci de m’avoir répondu Madame Aziza ; je comprends très bien votre point de vue et votre émotion à l’évoquer ainsi que les difficultés de la vraie vie J’ai une amie qui a perdu son bébé a coup de pieds dans le ventre…Mais dans ces drames , on observe plus la victimisation et l’objectivation des femmes , forcer une femme à avorter est un délit il n’y a pas de hiérarchie du choix, nous sommes ici dans les violences faites aux femmes…Bien sûr il y a les associations qui aident et c’est bien les catholiques qui ont fondé l’aide humanitaire je reconnais que ce sont des acteurs de terrain et qu’il m’est facile de critiquer abruptement toute une culture et des traditions longuement construites.. Mais il est tout aussi important de frapper en haut en revendiquant nos droits sexuels et génésiques au niveau européen et ne pas rester dans le déterminisme Les femmes ont gagné le droit de choisir d’avoir ou non des enfants et de vivre une sexualité épanouie. Cap fondamental vers leur émancipation et leur implication dans la vie sociale, professionnelle et politique, si ce droit n’est pas encore une réalité pour toutes les femmes, ce n’est pas à cause de l’élitisme de cette avancée mais bien à cause des violences et inegalités patriarcales qui persistent…Je ne crois pas que l’on ne soit pas assez présentes pour les dénoncer…Finalement malgré ma radicalité je vous rejoins : Si effectivement, la détresse, l’injustice et la misère vous révoltent toujours. Vous êtes toujours verte et vous avez toute mon admiration pour vos combats passés et présents qui nous portent aujourd’hui…. Sauf que les plus jeunes féministes ne veulent plus jouer ces victimes désarmées, peut être effectivement que les moins favorisées ne suivent pas( je suis moi même sous contrôle) .Mais il me semble difficile de vouloir être reconnue dans sa dignité coincée dans un système inégalitaire dans lequel on estime avoir sa place ?? Mais promis je réfléchirais davantage à ce dilemme…

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Lène 19 janvier 2016 - 22:00

Bonsoir,
je pense que vous mélangez deux choses qui n’ont rien à voir:
-oui il existe des situations où les femmes sont contraintes dans leur choix de grossesse
-mais le droit à l’IVG permet à celles qui ne désirent pas d’enfant de ne pas le mettre au monde
Et c’est tout.
Si l’IVG était interdite, celles qui sont victimes de pression le seraient toujours tandis que celles qui ne veulent pas mener à terme leur grossesse auraient recours à des moyens extrêmement périlleux pour le faire.
Et bien sûr, le combat contre la pauvreté et la précarité continue, mais toujours dans un but émancipateur: les femmes doivent encore gagner leur autonomie financière, et ce n’est pas en les incitant à se cantonner au rôle de mère de famille (avec salaire d’appoint) que cela se fera.
Vos propos, dans leur confusion, m’inquiètent beaucoup.
Quant à moi, je trouve beaucoup plus grave de se tromper en mettant au monde un nouvel être humain, que le contraire. Et si il y a bien une pression de la société aujourd’hui, elle est plutôt nataliste (je parle en connaissance de cause).

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Bon vent 19 janvier 2016 - 19:55

Très bien, maintenant elle doit dégager de la mairie de Marseille et vite !

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09 Aziza 20 janvier 2016 - 18:10

@Lène: je ne sais pas qui, selon vous, tient des propos confus?
Si vous trouvez beaucoup plus grave de se tromper en mettant au monde un nouvel être humain, c’est votre droit le plus strict, et vos choix de philosophie de vie, que nul ne songe à vous enlever. Mais ils n’engagent que vous, et vous ne pouvez les imposer aux autres. Le corps des femmes est un terrain de champ de bataille. La souffrance de la contrainte sur ce corps est terrible, quelle que soit cette contrainte. Ce qui est en cause ici, c’est le détournement incessant des droits des femmes au profit de la classe dominante masculine: chaque fois qu’à force de lutte, nous obtenons des droits , ils sont détournés. Aux débuts de la contraception orale, si on ne voulait pas coucher avec un homme, il vous disait souvent « ah, je croyais que tu étais libérée? » C’est à dire libre de coucher avec tous ceux qui le demandaient.Pas de choisir! Est ce qu’il ne produit pas la même chose avec l’IVG? les femmes sont libres d’avorter principalement parfois si un homme le désire. C’est ce détournement que je dénonce, et nullement le droit à L’IVG, car j’ai connu les curetages à vif , la clandestinité, la honte, etc…Pour ma part,il n’y a là aucune confusion.

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