Accueil International Etats-Unis : La Cour suprême revient sur le droit à l’avortement

Etats-Unis : La Cour suprême revient sur le droit à l’avortement

par Camille Saint-Cricq

Les Etats-Unis s’engagent sur la voie de la suppression du droit à l’avortement adopté en 1973.

L’obsession des conservateurs à contrôler le corps des femmes est sur le point de gagner aux Etats-Unis. Un projet de décision de la Cour suprême, encore en discussion, voudrait renverser l’arrêt Roe v Wade de 1973 et ainsi engager les Etats-Unis sur la voie de la suppression du droit à l’avortement. Le journal Politico, qui a révélé cette information lundi soir, note que les juges conservateurs prétendent agir au nom du droit à la vie privée (!)

Cela fait des années que l’ultra-droite manœuvre pour écraser l’arrêt Roe v Wade, qui avait consacré le droit constitutionnel à l’avortement il y a près de 50 ans. Et parce que Donald Trump a nommé trois juges lorsqu’il était président, c’est devenu possible. Après la mort de Ruth Bader Ginsburg,  l’ex-président des Etats-Unis a nommé d’Amy Coney Barrett à la Cour Suprême, ce qui a fait basculer la plus haute juridiction dans le camp conservateur qui compte aujourd’hui 6 juges sur 9.

Lire : LE DROIT À L’AVORTEMENT MENACÉ AUX ETATS-UNIS

Le projet d’avis de 98 pages révélé par Politico, et rédigé par le juge Samuel Alito, affirme que « Roe était une erreur flagrante dès le départ » En l’annulant, chaque Etat aurait la possibilité d’adopter sa propre législation sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Environ la moitié des États pourraient bannir ce droit sur leur sol, même en cas d’inceste ou de viol pour certains. Plusieurs Etats ont déjà posé des jalons.

Au Texas, la durée légale pour pratiquer une IVG a été remise en question en septembre dernier. Et la Cour suprême avait commencé à aller dans le sens des opposants à l’avortement.

Lire : L’AVORTEMENT QUASIMENT INTERDIT AU TEXAS

Si le projet était adopté, il donnerait raison au Mississippi dans une affaire concernant la tentative de cet État d’interdire la plupart des avortements après 15 semaines de grossesse (au lieu de 24). Dans cette affaire, l’Etat du Mississippi s’oppose à une clinique pratiquant l’avortement. Les tribunaux « inférieurs » ont jugé jusque-là cette loi anticonstitutionnelle puisqu’elle s’oppose à l’arrêt Roe v. Wade. Ces tribunaux pourraient bien ne plus avoir d’arguments si Roe était écrasé.

Du côté des responsables démocrates le projet fait bondir. Il serait « une abomination, l’une des pires décisions et des plus dommageables de l’histoire moderne », ont estimé dans un communiqué conjoint la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

Des centaines de personnes se sont spontanément réunies pour protester devant la Cour Suprême à Washington lundi soir. Les sondages ont montré que la population des Etats-Unis ne veut pas revenir en arrière. En 2020, selon AP VoteCast, 69% des électeurs à l’élection présidentielle ont déclaré que la Cour suprême devrait laisser la décision Roe v Wade telle quelle et seulement 29% ont déclaré que la Cour devrait annuler la décision.

Plusieurs élus démocrates veulent inscrire le droit à l’avortement dans la loi, mais les Républicains s’y opposent… Le danger n’a jamais été aussi proche.

La colère d’Elizabeth Warren sénatrice démocrate filmée par The Guardian

Lire aussi dans Les Nouvelles News

L’ARKANSAS INTERDIT L’IVG, LA MENACE S’ÉTEND AUX ETATS-UNIS

LE DROIT À L’AVORTEMENT SOUS LA MENACE DE TRUMP

AUX ÉTATS-UNIS, NOUVELLE ATTAQUE CONTRE LE CORPS DES FEMMES

LE PRÉSIDENT DES ETATS-UNIS DANS LA RUE CONTRE L’AVORTEMENT

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire