Accueil International Etats-Unis : le combat pour l’égalité salariale au foot continue

Etats-Unis : le combat pour l’égalité salariale au foot continue

par Camille Saint-Cricq

Les footballeuses, vainqueures de la Coupe du monde 2019, réclamant l’égalité salariale avec les hommes, ont été déboutées. Elles ne renoncent pas et marquent quelques points.

« Nous ne cesserons jamais de nous battre pour l’égalité » a immédiatement déclaré Megan Rapinoe. La star américaine du football a conduit son équipe à la victoire lors de la dernière Coupe du monde qui s’est tenue en France. Son palmarès est impressionnant : double championne du Monde (2015 et 2019), championne olympique en 2012, elle fut sacrée « meilleure joueuse de l’année » deux fois en 2019 par le prix de la FIFA et par celui du Ballon d’or. Le 10 juillet revenant aux Etats-Unis avec la Coupe du Monde, son équipe a paradé sur le Canyon des Héros à New York, devant des milliers de fans. Elles ont du talent, elles travaillent dur alors pourquoi devraient elles accepter des salaires bien inférieurs à ceux des footballeurs ?

Les joueuses avaient dénoncé le montant très faible des primes octroyées aux équipes lors de la compétition féminine : 30 millions de dollars au total contre 400 millions alloués aux équipes masculines lors de la Coupe du monde de 2018. Elles ont donc décidé d’entamer une action en justice pour discrimination sexiste contre leur fédération nationale de football. Elles réclamaient notamment 66 millions de dollars en arriéré de salaire en vertu de l’égalité de rémunération et de la loi sur les droits civils. 

Mais vendredi 1er mai, les joueuses de la sélection américaine ont été déboutées par un juge fédéral. Dans sa décision de 32 pages, le juge Gary Klausner de la Cour de district des États-Unis pour la Californie centrale à Los Angeles, saisi en référé, a rejeté l’argument de discrimination salariale des plaignantes. Le juge en a décidé ainsi parce que les plaignantes auraient par le passé refusé un accord qu’il trouvait équitable.

Très maigre consolation : il a renvoyé à un jugement ultérieur leurs griefs sur l’inégalité de traitement dans le logement, les voyages et d’autres domaines. Un procès qui doit débuter le 16 juin. 

La porte-parole de l’équipe, Molly Levinson, a indiqué dans un communiqué que les joueuses américaines allaient « faire appel ». Pugnace, elle ajoute : « Nous sommes choquées et déçues de la décision d’aujourd’hui, mais nous n’abandonnerons pas notre travail acharné pour un salaire égal »

Cette équipe de battantes a déjà un peu bousculé les instances de foot Etats-Uniennes. Avant la décision du juge, il y a deux mois, les avocats de la fédération ont invoqué un argument des plus sexistes : selon eux l’équipe nationale masculine exigeait un niveau plus élevé de compétences, exprimées en vitesse et en force, et revêtait une plus grande responsabilité. Tollé chez les soutiens des équipes féminines et Megan Rapinoe avait accusé sa Fédération de «sexisme flagrant.» Le président de la Fédération, Carlos Cordeiro, a alors dû démissionner et a été remplacé par une femme, la vice-présidente Cindy Parlow Cone, ancienne joueuse internationale.

Elles n’ont pas fini de se battre, malgré le soutien de leur public qui scandait « Equal Pay » à la fin du match clôturant la Coupe du Monde 2019.

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