Accueil Politique & Société Excision, femmes de chambre, Violences : des initiatives du gouvernement

Excision, femmes de chambre, Violences : des initiatives du gouvernement

par La rédaction

Marlène Schiappa annonce trois initiatives de lutte pour les droits des femmes.

  • Contre l’excision, « grand plan national d’action ».

Vendredi 21 juin, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé à la Maison des Femmes de Saint-Denis un «grand plan national d’action» contre l’excision.
La situation actuelle : en France entre 40 000 et 60 000 femmes vivent excisées. Dans le monde, elles sont entre 100 et 140 millions. Pourtant, les sanctions encourues sont lourdes : l’auteur d’une mutilation et le responsable de l’enfant mutilé sont punissables de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende en France ; voire de 15 ans, si la victime est mineure, ou 20 ans si l’auteur est un ascendant ou parent.

La ministre a rappelé  que, « En France, comme partout dans le monde, les mutilations sexuelles féminines sont des atteintes inadmissibles à l’intégrité et aux droits fondamentaux des femmes et des petites filles qui en sont victimes » et «  aucune coutume ne saurait être invoquée » pour justifier de telles mutilations.

Jeudi 20 juin sur le plateau de CNews elle précisait que son plan avait  été « construit avec les associations » pour  « mieux repérer les victimes et mieux financer les réparations. » Un plan en plusieurs actions. De la  pédagogie à destination des populations concernées. La publication d’un livre pour sensibiliser les professionnels de santé ou les services sociaux. Des statistiques afin de quantifier le phénomène. Et  un soutien financier aux opérations de chirurgie réparatrice.

Les associations qui militent et agissent depuis des années contre l’excision devraient être davantage soutenues : une hausse de 300% de la subvention accordée à l’association « Excision Parlons en ! » a été annoncée ainsi qu’une hausse de 95% de la subvention pour la fédération Gams qui lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Le Secrétariat  d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes annonce également que la France est le premier pays à financer le fonds de Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes (voir Le prix Sakharov à Denis Mukwege et « L’homme qui répare les femmes » censuré en RDC)

(Lire aussi ; Contre l’excision, « agir plus rapidement encore »)

  • Une mission pour améliorer les conditions de travail des femmes de chambre confiée au CSEP.

Dans le journal Le Parisien, le 22 juin Marlène Schiappa annonce qu’elle va confier une mission sur le travail des femmes de chambre au Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP). Un travail invisible et donc mal rémunéré comme le sont souvent les métiers très majoritairement exercés par des femmes. Ces femmes se sont souvent courageusement battues (voir par exemple en 2013 : Le must-have automne-hiver : des contrats décents pour les femmes de chambre) Mais leur situation reste précaire.

La ministre veut qu’elles ne soient plus invisibles, que leurs revendications soient entendues. Alors elle va elle-même parler aux employeurs.  Elle indique avoir « pris contact avec les fédérations et principales agences qui emploient ces femmes » et veut les réunir au ministère « dans les prochaines semaines pour que chacune puisse partager des engagements concrets » et ne s’interdit pas «de passer par des mesures contraignantes si cela n’aboutit pas».

Selon le Monde la Propreté, 66% des femmes du secteur gagnent moins de 900 euros par mois. En 2017, le secteur de la propreté comptait 519.010 salarié.e.s dont les trois-quarts sont des femmes. Parmi ces salarié.e.s, 76% occupaient un poste à temps partiel. Les femmes étant les premières victimes de ces contrats précaires. 

Avec Christophe Castaner Ministre de l’Intérieur, Marlène Schiappa a lancé un compte Twitter @arretonsles  dédié à la prévention des violences sexuelles et sexistes Ce compte servira de «centre de ressources à destination des femmes victimes de violences afin de leur faire connaître les dispositifs d’aide et d’orientation» précise le communiqué de presse conjoint des deux ministères.

Mis en ligne ce lundi, il fait par exemple la promotion de dispositifs existants comme le numéro d’urgence 3919 ou la plateforme de signalement en ligne permettant d’entrer en contact avec un policier ou un gendarme sur le site service-public.fr. Le souhait de la ministre est que tout le monde se sente concerné et réagisse. Mais il va encore falloir déployer des trésors de communication pour faire reculer la « culture du viol » qui culpabilise les victimes plus que les agresseurs (voir Qu’est-ce qu’un viol ? Les Français.e.s ne savent pas trop)

A quelques semaines du G7, la France veut se montrer exemplaire (voir MOBILISATION FÉMINISTE POUR LE G7)

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