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Des expert.e.s de l’ONU appellent à lever les législations restrictives sur l’avortement

par La rédaction

avortement« Une législation restrictive qui refuse l’accès à un avortement sans risques représente une violation grave des droits fondamentaux des femmes ».


 

Les avortements menés dans des conditions non sécurisées tuent chaque jour plus de cent femmes dans le monde, avertit un groupe d’expert.e.s du Conseil des droits de l’Homme l’ONU1. A l’occasion de la Journée mondiale d’action pour l’accès à l’avortement sûr et légal, mercredi 28 septembre, ces expert.e.s appellent « les États à travers le monde à abroger les lois et les politiques restrictives sur l’avortement, et toutes les mesures punitives et les obstacles discriminatoires pour accéder aux services sûrs de santé reproductive. »

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 22 millions d’avortements à risque sont pratiqués chaque année dans le monde. En 2008, le nombre des décès dus à des avortements pratiqués dans de mauvaises conditions était estimé à 47 000.

Les expert.e.s se joignent également à l’appel de plusieurs organisations non-gouvernementales pour faire du 28 septembre une journée officielle des Nations Unies pour l’avortement en toute sécurité, afin d’exhorter les gouvernements à dépénaliser l’avortement et fournir des services de santé reproductive légaux, sûrs et abordables.

« Discrimination basée sur le sexe »

Des lois restrictives sur l’avortement s’appliquent à 40% de la population mondiale. « La pénalisation de l’avortement et l’impossibilité d’accéder adéquatement aux services d’interruption de grossesse non désirée sont des formes de discrimination basée sur le sexe », assènent les expert.e.s. « Une législation restrictive qui refuse l’accès à un avortement sans risques est l’une des façons les plus préjudiciables d’instrumentaliser le corps des femmes et représente une violation grave des droits fondamentaux des femmes. ».

Et d’insister sur « les exigences juridiques internationales » : au minimum, les femmes doivent pouvoir accéder à l’IVG dans les cas de risque pour leur vie ou leur santé, y compris leur santé mentale, ainsi qu’en cas de viol, d’inceste et de malformation létale du fœtus, pendant le premier trimestre et plus tard.

Le droit à l’avortement va de pair avec l’accès à la contraception, rappelle les expert.e.s. En notant que les pays où l’accès à l’information est assuré, où la disponibilité des méthodes modernes de contraception est facilité et où l’avortement est légalisé, sont les pays qui connaissent les taux les plus faibles d’avortement.

En Europe, les risques de la montée des conservatismes

Autre réaction lors de cette journée du droit à l’avortement, celle d’Osez le Féminisme. L’association rappelle que « la liberté des femmes à disposer de leur corps n’est toujours pas une réalité » dans toute l’Union européenne : à Malte, l’IVG reste interdite et l’accès aux contraceptifs limité ; en Irlande, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de mise en danger de la vie de la mère.

Pire, « la montée des conservatismes met plus que jamais en péril les acquis durement gagnés par les féministes » : en Espagne, où le gouvernement a finalement reculé en 2014 ; au Portugal en 2015 ; et aujourd’hui en Pologne. Le parlement polonais a commencé à examiner une proposition de de loi plus restrictive que jamais, qui pourrait même rendre les femmes passibles de prison.

 

Voir aussi notre dossier consacré à l’IVG

 


1 Alda Facio, Présidente-Rapporteuse du Groupe de Travail sur la question de la discrimination contre les femmes dans la législation et la pratique ; Dainius Pûras, Rapporteur spécial sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible ; et Juan E. Méndez, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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