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Féminicide : un curé italien fait scandale

par La rédaction

TractItalie

Les femmes victimes de violences l’ont bien cherché : c’est le message qu’a fait passer un curé italien, provoquant un tollé dans le pays.


« Les femmes et le féminicide – Pour un saine autocritique : Combien de fois provoquons-nous ? ». C’est l’intitulé du tract que Don Piero Corsi, curé de San Terenzo, sur la côte ligure (nord-ouest de l’Italie) avait affiché dans son église le jour de Noël. Un texte publié à l’origine sur le site intégriste Pontifex.it (ici en italien) qui estime que dans les cas de violences sexuelles « les responsabilités sont souvent partagées » et pointe du doigt les femmes « qui portent des vêtements minimalistes et provocants », les invitant à « se livrer à un sain examen de conscience en se demandant : c’est peut-être que nous l’avons bien cherché ? »

Le scandale provoqué par ce tract fait la une de la presse italienne. L’initiative de l’homme d’Eglise a choqué de nombreux fidèles, et les militantes des droits des femmes dénoncent une incitation à la violence. « En Italie, le pays qui compte le plus grand nombre de féminicides en Europe et un niveau extrêmement élevé de violences conjugales, un épisode comme celui-ci n’est plus tolérable », s’emporte Maria Gabriella Carnieri Moscatelli, présidente de l’association Telefono Rosa.

L’évêché a contraint Don Piero Corsi à retirer le tract incriminé, mais le curé n’entend pas se repentir. Interrogé par La Repubblica, il persiste et signe. Il dit vouloir dénoncer « l’hypocrisie » d’une récente campagne contre le féminicide, qui lui « semble avoir ciblé seulement l’homme violent ». Alors qu’à ses yeux, la faute est partagée : « l’homme, le mâle, a toujours été violent, et ne peut pas refréner son instinct. Donc, si la femme le provoque, il ne peut pas se contrôler. »

 

L’affaire fait écho à la décision du royaume africain du Swaziland. Ainsi que le rapportait l’AFP le 24 décembre, la porte-parole des forces de l’ordre a indiqué qu’une loi coloniale qui prohibe les tenues indécentes, instaurée en 1889, serait désormais strictement appliquée. Les contrevenantes s’exposent à six mois de prison. « Le viol est facilité, parce qu’il est facile de retirer la petite pièce de tissu », a souligné cette porte-parole. Mais cette interdiction ne s’applique pas à la tradition qui veut que chaque année des jeunes filles dansent en pagne et seins nus devant le roi.

 

 

 

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4 commentaires

Christine Gamita 27 décembre 2012 - 19:15

Poule au pot et bouquet de roseaux – Et pas de la conserve, je vous prie de croire… quoique ?! http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/12/nguni-roseaux-mini.html

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Ann 3 janvier 2013 - 12:08

Cette scandaleuse façon de penser se retrouve partout et sert à masquer les questions de base : l’éducation à faire et les réponses quasi inexistantes de la justice
A la suite de mort de le jeune femme indienne de 23 ans , le débat est reparti sur le code vestimentaire et autre moyens de protection dont ceux à base de poivre ou l’obligatoire accompagnement des jeunes femmes . Ici,par exemple, ce serait complètement oublier qu’elle a été piégée , violée, battue, tuée par une bande de salopards qui se sont donnés des droits sur son corps et sa vie du fait de leur seule croyance à un auto-accordé privilège de mâles.
Qu’aucune femme ne fréquente plus l’église de ce curé italien !

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lili 3 janvier 2013 - 15:49

« Ann »

Qu’aucune femme ne fréquente plus l’église de ce curé italien !

Je préfèrerais qu’aucun homme ne fréquente plus cette église et que les femmes y viennent en masse et en protestation : il « l’aurait bien cherché » !!!

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Analog 3 janvier 2013 - 18:09

D’accord avec: Toutes à cette église pour y manifester la colère des femmes, comme en Inde. Elle aussi elle l’avait cherché? C’est sa façon de s’habiller qui a suscité ce viol collectif??!! Et les femmes musulmanes avec leur tchador et que les hommes ont le DROIT de violer, elles aussi provoquent??
C’est trop révoltant ce genre d’affirmation et ce n’est certainement pas le seul (homme) que se permet de penser ainsi.
C’est justifier un acte ignoble et LÂCHE, exactement comme toute autre violence et assassinats des maris ou compagnons, ou violences et abus contre les enfants, mais peut-être que eux aussi le cherchent???!!! INCROYABLE MAIS TOUJOURS VRAI AU XXIème siècle!!
SOCIÉTÉS PATRIARCALES…où l’homme es SUPÉRIEUR??!! à la femme…LÀCHE OUI.
LA FEMME DONNE LA VIE…L’HOMME PASSE SON TEMPS À L’ENLEVER!!
Sans tous les mettre dans le même panier!! Mais il faudrait en faire + pour que cette façon de voir et d’agir soit erradiuée..impossible, je sais..mais au moins que ce ne soit le fait que d’une minorité « malade » (?) mais ne soit pas aussi répandue : elle l’est encore beaucoup trop!!!

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