Accueil Politique & SociétéSanté Femmes et VIH : les chiffres « alarmants » d’ONUSIDA

Femmes et VIH : les chiffres « alarmants » d’ONUSIDA

par La rédaction
Par Trygve Utstumo sur Flickr (CC BY 2.0)

Par Trygve Utstumo sur Flickr (CC BY 2.0)

Le sida reste la principale cause de décès chez les femmes en âge de procréer dans le monde. L’ONUSIDA souligne que « les inégalités de genre sont un facteur essentiel de la transmission de l’épidémie ».


 

Chaque minute dans le monde une jeune femme est contaminée par le virus du sida. Les femmes âgées de 15 à 24 ans représentent 22% des nouvelles infections chaque année. Elles sont plus vulnérables à la transmission du VIH que les hommes de leur âge, avec des taux d’infection deux fois supérieurs, jusqu’à 8 fois en Afrique subsaharienne. En 2010, 17 millions de femmes vivaient avec le VIH.

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a rappelé vendredi 8 juin ces statistiques qu’il juge « alarmantes ». Il les explique par « les obstacles rencontrés par les jeunes femmes dans de nombreux pays en développement dans l’accès aux campagnes et aux services de prévention, en particulier aux moyens contraceptifs : seulement un préservatif féminin est disponible pour 36 femmes en Afrique subsaharienne, par exemple. »

En outre, moins de 30% des jeunes femmes ont une compréhension correcte de ce qu’est le VIH/sida, de ses conséquences, de ses modes de transmission et des moyens de s’en prémunir. Globalement, « les inégalités de genre sont un facteur essentiel de la transmission de l’épidémie », souligne l’organisme.

Collaboration

Signal positif, le bureau d’ONUSIDA a entériné le 5 juin un partenariat avec ONU Femmes. « Nous sommes convaincus que la seule stratégie réellement efficace face au VIH passe par l’autonomisation des femmes et la garantie de leurs droits, de sorte qu’elles puissent se protéger de l’infection, surmonter la stigmatisation et bénéficier d’un meilleur accès au traitement et aux soins », a commenté Michelle Bachelet, la Directrice exécutive d’ONU Femmes. Ce partenariat doit permettre de renforcer « la collaboration avec les gouvernements, les partenaires internationaux, les organisations et mouvements pour les droits des femmes ».

Dix ans après l’adoption d’engagements par les États membres de l’ONU, l’implication des femmes dans les réponses à la pandémie reste aléatoire. Dans 32 pays sur 94 étudiés, les femmes atteintes du VIH/sida n’étaient toujours pas régulièrement impliquées dans les processus de planification. « L’égalité de genre et le respect des droits sexuels et reproductifs des femmes (…) sont essentiels pour une réponse efficace », souligne l’ONUSIDA.

Et malgré les chiffres décourageants, son directeur exécutif reste volontariste. « Nous mettrons un terme aux infections de mère à enfant d’ici 2015, et nous ferons tout notre possible pour que les femmes vivant avec le VIH continuent de vivre, en bonne santé », a déclaré Michel Sidibé. L’ONUSIDA avait lancé en 2011 un « plan global », et centré sur les pays les plus touchés, pour atteindre ces objectifs. Tout en admettant qu’ils sont surtout un idéal.

 

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