Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Et si les femmes n’étaient pas plus déprimées que les hommes ?

Et si les femmes n’étaient pas plus déprimées que les hommes ?

par Arnaud Bihel
Par Victor sur Flickr (CC BY 2.0)

Par Victor sur Flickr (CC BY 2.0)

En ajoutant aux critères marqueurs de dépression traditionnels des critères alternatifs, des chercheurs constatent la même prévalence chez les hommes et chez les femmes.


 

Partout dans le monde, les femmes sont globalement deux fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de dépression : cette idée est communément établie et s’appuie sur toute une cohorte d’études. Mais elle est aujourd’hui battue en brèche.

Depuis une dizaine d’années déjà, cette observation a été remise en cause par certains scientifiques. Ils soulignent que les manifestations de la dépression ne sont pas nécessairement les mêmes chez les hommes et chez les femmes.

Les critères actuels qui définissent un état dépressif « pourraient être biaisés, en ne détectant que les symptômes les plus fréquents chez les femmes » : en l’occurrence, la perte de sommeil ou la perte d’intérêt, relèvent ainsi des chercheurs de l’université du Michigan.

Pas de différence hommes/femmes

Pour leurs travaux, publiés le 28 août dans le Journal of American Medical Association, ils ont donc ajouté aux critères traditionnels des critères « alternatifs », comme la prise de drogue/alcool, des comportements agressifs ou l’hyperactivité. L’étude a porté sur un panel de 3 310 femmes et 2 382 hommes aux Etats-Unis.

Et les résultats sont frappants : en combinant 15 critères, classiques et alternatifs, il n’apparaît plus de différence significative entre les tendances dépressives chez les hommes et chez les femmes. Ce sont 30,6% des hommes et 33,3% des femmes qui sont concernés.

Outre qu’elle vient casser des idées reçues sur le caractère féminin de la dépression, cette étude doit aussi permettre de mieux prendre en considération, et donc en charge, les comportements dépressifs chez les hommes, soulignent les chercheurs. Qui indiquent aussi qu’il ne s’agit là que de la première étude de ce type, et qu’il faut encore « clarifier » les symptômes effectivement marqueurs de dépression chez les hommes.

Ils appellent donc à une petite révolution de la recherche sur le sujet. Le genre, concluent-ils « joue sans doute un rôle important sur la façon dont les hommes et les femmes conceptualisent et vivent la dépression ».

 

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4 commentaires

4 commentaires

Meg 3 septembre 2013 - 07:48

J’avais lu il y a quelques mois cet article sur la pratique des électrochocs en psychiatrie, torture principalement infliger aux femmes.
http://les-furies.blogspot.ca/2013/04/femmes-et-electrochocs-en-2013.html
J’ai chercher en vain les statistiques françaises sur cette pratique, impossible de savoir. Au Canada ou il y a une prise en compte ils parlent de 4000 a 6000 électrochocs par an, en france les estimations les plus basses que j’ai trouvé parlent de 75000 cas. N’aimerait bien savoir ce qu’il en est en France sur ce sujet.
Bonne journée les NN et merci pour votre excellent travail.

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Eric 3 septembre 2013 - 18:21

Ce n’est pas une « torture ». C’est pratiqué sous anesthésie générale, pour éviter justement que le patient ne souffre. C’est moins douloureux que la plupart des visites chez le dentiste. Par contre ça laisse des traces sur la mémoire, séquelles qui se résorbent plus ou moins bien et plus ou moins vite. Il y a d’autres risques encore, j’imagine. Mais une dépression résistante constitue un gros risque en soi.

L’ECT est un traitement de dernier recours, quand toutes les familles d’antidépresseurs ont échoué. C’est au patient de décider s’il veut essayer cette méthode (ou s’il préfère se défenestrer tout de suite).

Je suis passé par là quand j’étais étudiant. Ça ne m’a pas soigné ; ça ne m’a pas tué non plus.

La vraie, la seule torture, c’est la dépression.

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meg 5 septembre 2013 - 08:21

je ne met pas en cause ton experience, mais en psychatrie les ETC sont encore aussi utilisé comme punition et l’information sur les nombres d’ETC est impossible a trouver en France. Après l’effacement de la mémoire je trouve cela du domaine de la torture et pour le consentement, ma tante qui est interné en sérvice psychiatrique depuis 30ans en a recu un paquet et franchement j’ai du mal a croire qu’elle ai pu donner son consentement vu l’état dans lequel elle est.

Je sais que certainEs patientEs ont eu des effets bénéfiques avec les ETC, mais combien ont des effets négatifs ? en France comme il n’y a pas d’info, et comme cet acte est très bien rémunéré par la sécu, les hopitaux font un peu ce qui leur chante et on peu imaginer n’importe quoi. c’est pour ca que je demande des informations sur cette pratique.

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Lora 10 septembre 2013 - 06:40

Que cette nouvelle étude ne serve pas à excuser les violences masculines.

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