Accueil CultureCinéma Le Festival de Cannes va s’interroger sur « les femmes et l’industrie du cinéma »

Le Festival de Cannes va s’interroger sur « les femmes et l’industrie du cinéma »

par Arnaud Bihel
CannesBergman

Ingrid Bergman, affiche officielle du Festival de Cannes 2015 © FDC / Lagency / Taste (Paris) / Ingrid Bergman © David Seymour / Estate of David Seymour – Magnum Photos

La direction du Festival international du film et le groupe Kering lancent le programme Women in Motion. Depuis plusieurs années, la direction du Festival est pointée du doigt pour le peu de place accordée aux réalisatrices dans sa sélection officielle.


 

Les réalisatrices arrivent au Festival de Cannes… par la porte de service. La direction du Festival international du film et – surtout – le groupe Kering ont annoncé lundi 30 mars le lancement du programme Women in Motion, « afin de célébrer le talent des femmes du 7ème art et d’animer la réflexion quant à leur contribution et leur rôle dans l’industrie du cinéma ». Kering est un groupe de luxe dirigé par François-Henri Pinault qui a aussi créé la Fondation Kering qui lutte contre les violences faites aux femmes.

En 2016, Kering et le Festival de Cannes remettront deux prix Women in Motion : « l’un récompensant une contribution significative à la cause des femmes dans le cinéma, l’autre une jeune cinéaste de talent ». Et dès cette année, pour la 68ème édition du Festival, un Prix d’Honneur exceptionnel sera décerné le 17 mai. Tandis que le programme proposera des ‘Talks Women in Motion’, des matinées d’échanges « ayant pour thématique principale les femmes et l’industrie du cinéma, de la question du statut des femmes à celle de leur représentation au sein de la profession et à l’écran, ou encore des spécificités de leur point de vue narratif ou de leur regard derrière la caméra ».

« Marronnier »

Thierry Frémaux, Délégué général du Festival, figurera parmi les premiers participants à ces échanges et y voit « une occasion unique pour la profession de faire progresser la réflexion sur l’évolution nécessaire de la représentation des femmes et de leurs récits au sein de l’industrie du cinéma ».

Depuis plusieurs années, la direction du Festival de Cannes est pointée du doigt pour le peu de place accordée aux réalisatrices dans sa sélection officielle (Voir : Cannes : le syllogisme du mépris) : aucune en 2012, une seule en 2013, deux (sur 18 films en compétition) en 2014. La sélection officielle du festival 2015 sera annoncée le 16 avril prochain. Thierry Frémaux ironisait encore l’an dernier sur ce « marronnier » qu’est devenue la question de la place des femmes dans la sélection cannoise. Un marronnier, c’est-à-dire un sujet sans importance…

L’an dernier également, la Présidente du jury, et seule réalisatrice à avoir reçu la Palme d’or, Jane Campion, dénonçait le « sexisme inhérent dans l’industrie » cinématographique (Voir : Cannes a évité « l’agitation gender »).

 

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A noter qu’un autre festival cannois, celui de la communication, qui se déroule en juin, inaugure cette année un nouveau prix, le Lion de Verre, qui récompensera la publicité ou campagne de communication qui casse les stéréotypes de genre. Voir : A Cannes, la palme de la pub anti-sexiste.

Tandis que le festival du film d’animation d’Annecy, en juin également, propose cette année un programme spécifiquement féminin. Voir : Au Festival d’Annecy, l’animation au féminin.

 

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1 commenter

flo 31 mars 2015 - 14:09

F.H. Pinault, PDG du groupe Kering : « la sensibilité artistique des femmes et les spécificités de la narration féminine font partie intégrante du 7ème art » Comme c’est touchant… Je suggère à Mrs Pinault et Frémaux, au vu des caractéristiques universellement et intrinsèquement spécifiques aux femmes, d’ouvrir leur première table ronde avec le sujet suivant « faut-il oui ou non intégrer les femmes dans la catégorie 7ème art, ou bien créer le 8ème ? »

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