Accueil CultureCinéma Films de femmes : à Cannes, chiffres et œuvres choc

Films de femmes : à Cannes, chiffres et œuvres choc

par Arnaud Bihel

GettEn Europe, seuls 16% des films sont réalisés par des femmes. C’est ce que montre une nouvelle étude dévoilée à Cannes. Côté positif : la Quinzaine des réalisateurs a déjà donné à voir deux œuvres passionnantes : Bande de filles de Céline Sciamma et Gett de Ronit et Shlomi Elkabetz. Valérie Ganne sur la Croisette.


 

Cette année le festival de Cannes parle beaucoup de « ça ». Quoi « ça » ? Et bien, les questions sur les femmes. Où sont les films de femmes ? Jane Campion, la présidente du jury, s’est d’ailleurs invitée dans le débat. Et dans quelle mesure les femmes sont-elles sous représentées dans les métiers du cinéma ?

En Europe, seulement 1 film sur 6 réalisé par une femme

Justement, l’Observatoire européen de l’audiovisuel organisait samedi 17 mai à Cannes un atelier « Girls they just wanna have film ». Sous ce libellé au jeu de mot very fun, l’Observatoire présentait à la fois les résultats de l’étude établie sur la France par le CNC (Voir : « Le cinéma féminin grignote son retard »), et ceux d’une toute nouvelle étude menée à l’échelle européenne sur les femmes scénaristes et réalisatrices. Mais l’atelier cannois a eu tellement de succès que les portes du Salon des Ambassadeurs ont dû être fermées devant une quarantaine de retardataires : du « jamais vu de ma vie » selon le responsable de la sécurité qui, je le précise, était assez jeune…

L’Observatoire européen a traité 9349 films de 36 pays européens, sortis de 2003 à 2012, et réalisé que seulement 16% étaient des films de réalisatrices pour 8.7% des entrées (Voir l’étude ici – en anglais). Et ce pourcentage ne varie pas depuis dix ans. A l’exception du fait que l’Observatoire comptabilise quelques rares films dont le réalisateur est de sexe indéfini, ce qui est assez comique, le constat n’est pas drôle.

FilmsFemmesEurope

Cela permet de se rendre compte que les Françaises sont finalement bien loties avec 23% de réalisatrices, une proportion qui augmente régulièrement, selon l’étude du CNC.

A l’écran, banlieue et divorce

En tous cas, il suffit de quitter le Palais des Festivals et son tapis rouge vers la Quinzaine des réalisateurs, un peu plus bas sur la Croisette, pour trouver des films intéressants signés par des femmes : en ouverture Bande de filles de Céline Sciamma (la réalisatrice de Tomboy, dont on a beaucoup parlé ces derniers mois…), sur une adolescente de banlieue qui se libère d’une prison familiale pour tomber dans une autre.

Et le lendemain, découverte du Procès de Vivianne Amsalem (photo) de Ronit et Shlomi Elkabetz. Ils sont frère et sœur et c’est leur troisième oeuvre commune). Alors que leurs précédents films évoquaient déjà la condition de la femme en Israël (Prendre femme notamment), celui-là se focalise sur l’impossibilité de divorcer pour une femme dans ce pays sans le consentement de son mari : seul un rabbin peut prononcer la dissolution du mariage. Gett (son titre israëlien, qui signifie « divorce ») résume en un huis clos haletant et usant les 5 ans nécessaires à Vivianne qui avait quitté le domicile conjugal pour obtenir sa liberté. Impressionnant.

  

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1 commenter

Fanchon 20 mai 2014 - 06:47

Vous avez oublié « Qui vive », le premier film de Marianne Tardieu, avec Adèle Exarchopoulos.

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