Finkielkraut, Ménard, Alliot-Marie, Atlantico… nos boulets de l’année 2017

Par leurs paroles ou leurs actes révélateurs du sexisme ordinaire, ils ont plombé cette année. Découvrez notre sélection des boulets français 2017.


 

Si les voix des femmes se sont tout particulièrement fait entendre en 2017, les machos ne se sont pas tus pour autant. La fin de l’année approchant, c’est l’heure pour Les Nouvelles NEWS de revenir sur les « boulets » de l’année. Pas tant les dangereux misogynes à la Donald Trump que les auteurs de petites phrases ou petits gestes qui entretiennent plus insidieusement le sexisme ordinaire.

L’éditorialiste omniprésent Christophe Barbier avait frappé fort dès janvier, en prenant la défense des entreprises contre l’égalité salariale :

« Si d’un seul coup on dit : ‘Les femmes vont être payées comme les hommes’, tout le monde va applaudir, mais les entreprises vont avoir beaucoup de mal à encaisser ce surcoût de main d’oeuvre ».

Voir : Pour Christophe Barbier, l’égalité salariale femmes/hommes doit attendre

En septembre, c’est un autre « bon client » médiatique, Alain Finkielkraut, qui se distinguait, en estimant que les féministes sont de « mauvaises joueuses » puisqu’elles ont obtenu la « victoire ».

Voir : La “victoire” féministe selon Finkielkraut

Dans les semaines qui ont suivi, le même s’inquiétait (dans la lignée de médias comme Valeurs Actuelles, Causeur et Marianne) de l’impact du mouvement #BalanceTonPorc contre les violences sexuelles.

Plus grave, certains médias continuent de minimiser les violences de genre en faisant d’un meurtrier un héros. Surfant sur la promo de Bertrand Cantat lors de la sortie de son album, Les Inrocks se sont particulièrement distingués par des choix éditoriaux malheureux.

Voir : Les fausses excuses des Inrocks sur Cantat 

Machisme en série aussi quand il s’est agi, pour certains, de s’opposer à tout prix à l’usage de l’écriture inclusive. Sur ce point, mention spéciale à l’Académie française qui y voit tout simplement un « péril mortel » pour la langue.

Voir : Le « péril mortel » qui affole les Immortel·le·s

À ce petit jeu, la sphère politique n’était pas en reste. L’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, s’en prenant aux lois sur la parité, inventait des pays où les femmes sont majoritaires au pouvoir.

Voir : Sur la parité, Michèle Alliot-Marie va de mâle en pis

Dans la même veine, un député LR incarne les réticences à adopter un langage moins sexiste. Employer les noms de fonction au féminin ? C’est toujours hors de question pour Julien Aubert.

Voir : “Madame la présidente” ne passe toujours pas à droite

Sur les bancs des ministres, Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, est passé pour un « beauf » au mois d’août en commentant la tenue « un poil trop ample » à ses yeux de la chanteuse Rihanna, venue parler éducation une semaine plus tôt à l’Élysée.

Voir : Castaner et la tenue “un poil trop ample” de Rihanna

Moment de malaise aussi quand deux autres membre du gouvernement, Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux, présentaient à la presse Delphine Gény-Stephann, la nouvelle secrétaire d’État nommée à Bercy, en ne l’appelant que par son prénom. Un classique.

Voir : Femmes politiques sans identité

Femmes sans nom… ou méprisées. Au cours de la campagne présidentielle, l’élu Les Républicains Jacques-Alain Bénisti (désormais ancien député, puisqu’il ne s’est pas représenté) brandissait un argument plus que fallacieux pour défendre son champion François Fillon, empêtré dans l’affaire qu’on connaît : « Quand le président de la République Hollande a embauché comme ministre sa conjointe, personne n’a rien dit ! »

Voir : Jacques-Alain Bénisti, le récidiviste

Un autre ex-député, l’UDI François Rochebloine, après avoir été battu par la candidate LREM Valéria Faure-Muntian, osait quant à lui cette sortie : « Je ne pense pas qu’elle aura le temps de faire sa lessive et d’emmener ses enfants à l’école ».

Voir : Le député, la lessive et les enfants

Bien sûr, extrême droite et sexisme sont souvent liés (on l’a vu aussi avec le doublé, cette année, de l’eurodéputé polonais Janusz Korwin-Mikke au Parlement européen). Mais au-delà des petites phrases, c’est par les images que le maire de Béziers Robert Ménard s’est imposé dans notre sélection. Avec, en septembre puis en décembre, deux campagnes d’affichage de sa ville qui banalisaient les violences faites aux femmes.

Voir : À Béziers, fixation sur les violences faites aux femmes et Violences faites aux femmes : Robert Ménard frappe encore

Côté médias, on citait plus haut ceux que le mouvement de dénonciation des violences sexuelles a mis mal à l’aise. Le site internet Atlantico en fait aussi partie. Et, surtout, celui-ci s’est distingué plus tôt dans l’année en qualifiant la Secrétaire d’Etat Marlène Schiappa de « reine des salopes ». Puis en présentant des excuses a minima.

Voir : Quand une ministre est insultée

Au rayons fausses excuses, celles des Inrockuptibles après leur une consacrée à Bertrand Cantat. Après la publication d’une vidéo typique de la culture du viol, la contrition du site Konbini était plus sincère.

Cette fin d’année a été marquée, à la télévision, par la mise à l’écart de « l’humoriste » et animateur Tex, auteur d’une lamentable « blague » sur les violences faites aux femmes. Peu avant, c’est un autre amuseur télévisuel, Laurent Baffie, qui avait soulevé l’indignation pour avoir remonté, parce qu’il « faut du cul », la jupe de la chanteuse Nolwenn Leroy.

Voir : Baffie soulève la jupe de Nolwenn Leroy… ça ne passe plus

Dans les stades de sport aussi, les agressions sexuelles déguisées en humour passent de moins en moins bien. C’est à Roland Garros notamment qu’on a pu le voir cette année.

Voir Hamou viré de Roland Garros pour “comportement répréhensible”

Si le sexisme crasse a toujours sa place à l’écran, la bonne nouvelle est qu’il est de moins en moins accepté.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Cinq vieux réflexes contre la vague féministe

 

 

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2 thoughts on “Finkielkraut, Ménard, Alliot-Marie, Atlantico… nos boulets de l’année 2017”

  1. À Tex et aux “humoristes” qui le soutiennent en chougnant à la censure et en pleurnichant sur leur liberté d’expression perdue, je voudrais rappeler qu’ils ont une tendance bien pratique au tri sélectif d’information en oubliant fort opportunément pou eux que Tex file un mauvais coton depuis un moment déjà avec son humour de merde, au point d’indisposer ses propres téléspectateurs tout seul comme un grand sans la moindre aide d’une quelconque direction revancharde, puisque lesdits téléspectateurs eux-mêmes se plaignaient de sa beaufferie. C’est pratique de l’oublier pour démontrer qu’on est en dictature du politiquement correct, mais c’est malhonnête et ça disqualifie complètement le propos de ces “soutiens”, qui montrent bien là qu’ils ne valent pas beaucoup mieux que le soutenu.
    Quant à Riss et son canard de croûtons machos, merci à lui, il vient une bonne fois pour toute de me libérer de l’obligation internationale d’être “Charlie”, autrement plus pesante que toute censure féministe, à supposer qu’une telle licorne existe. Même un soutien inconditionnel peut trouver sa limite, quand on en abuse à ce point.

    1. D’accord avec pratiquement la totalité de vos articles ou remarques.
      par contre, pour ce qui concerne la pétition contre le rose, (je ne sais plus de qui ça vient), non , c’est une erreur à mon avis;
      ce qui serait mieux, c’est de demander que filles et garçons aient à leur disposition du bleu ET du rose pour leurs vêtements autant que leurs jouets.
      les petits garçons aiment jouer “à la dinette, ou à la famille en fait, et les petites filles “au garage avec des autos” et au bricolage.
      Il suffit de leur permettre de choisir vraiment librement !

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