Le « problème » de la femme dans les vestiaires

par Arnaud Bihel

Toni Nadal voit comme une « difficulté logistique » la nomination d’une femme, Gala León, à la tête de l’équipe masculine espagnole de tennis. Et quid des hommes qui entraînent des équipes féminines ?


 

Commentaires en cascade après la nomination de Gala León comme capitaine de l’équipe espagnole de Coupe Davis. La Fédération espagnole de tennis a annoncé ce choix dimanche 21 septembre après la démission de l’entraîneur Carlos Moya, suite à la défaite de l’équipe espagnole, éjectée du groupe mondial le week-end dernier. Gala León était devenue en juillet la première femme à assumer la charge de Directrice sportive de la Fédération, elle devient la première femme à diriger l’équipe masculine espagnole. La fédération doit encore s’exprimer sur cette décision mardi 22 septembre.

Dans un entretien radiophonique, l’oncle et entraîneur du numéro 1 espagnol Rafael Nadal (qui, blessé, ne jouait pas ce week-end) s’est épanché contre cette nomination, y voyant « un problème ». Et de conclure : « Je n’imagine pas qu’en football le sélectionneur soit une femme ». Ce qui pose principalement problème, selon lui, c’est que la nouvelle entraîneure ne connaît pas les joueurs, mais aussi une « difficulté logistique » : le fait qu’en Coupe Davis l’entraîneur et l’équipe « passent beaucoup de temps dans les vestiaires ».

Et pourtant, il est fréquent que des hommes entraînent des équipes féminines sans que cela pose « problème ». C’est ce que souligne par exemple l’entraîneur de basket-ball Javier Rodriguez dans une lettre ouverte à Toni Nadal :

« J’ai une certaine expérience en tant qu’entraîneur d’équipes féminines, et je peux vous assurer qu’il n’existe aucune ‘difficulté logistique’ à diriger une équipe de l’autre sexe (car j’imagine que si l’équipe féminine était entraînée par un homme vous tiendriez le même discours, n’est ce pas ?). Et je peux vous assurer que les conseils, les coups de gueule, les confessions, toutes ces choses qui construisent une équipe à l’intérieur de ce temple appelé ‘vestiaire’ sont les mêmes pour toutes les personnes, qu’elles soient hommes ou femmes) ». Et de citer le cas de Becky Hammon, récemment devenue entraîneure-adjointe des San Antonio Spurs.

Dans le monde du tennis, Andy Murray, lui, n’a pas manqué l’occasion de féliciter Gala León. « J’espère que beaucoup d’autres suivront », a commenté sur Twitter le champion écossais, entraîné depuis peu par Amélie Mauresmo.

Murray

 

Partager cet article

1 commenter

NadalLover 24 septembre 2014 - 09:03

Et bien moi qui rêve de Raphael Nadal depuis le mois de mai je vais reconsidérer la question… Que l’oncle peut être crétin : combien d’entraineurs Masculins vont dans les vestiaires des femmes ?

Répondre

Répondre à NadalLover Annuler la réponse