En recadrant un député qui l’interrompait, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes/hommes a pu faire passer ce message : il faut « écouter les femmes ».
Une brève réaction vaut parfois mieux qu’un long discours. La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a réussi un coup d’éclat, mardi 10 octobre à l’Assemblée nationale. Lors de la séance de questions au gouvernement, Marlène Schiappa s’exprimait sur le « Tour de France de l’égalité », lancé quelques jours plus tôt.
Son intervention a été perturbée par le député Fabien Di Filippo (Les Républicains) qui lançait « Paroles, paroles ! ». Marlène Schiappa réagissait alors du tac au tac en lâchant un « Oh, gardez vos nerfs ! ». Ce qui lui valait, ainsi que le rapporte le compte-rendu de la séance, de « vifs applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM ».
Sa réaction a également fait mouche dans la presse. En « mouchant » cet élu qui l’interrompait, Marlène Schiappa « s’est montrée plutôt habile », estime par exemple L’Opinion.
Ce geste a en effet permis de faire passer un message, que la secrétaire d’Etat n’a pas manqué de souligner : poursuivant son propos, elle a expliqué que ce « tour de France » impliquant entreprises, lycées ou associations, permettrait « d’écouter les femmes ». Et c’est en se tournant vers le député indélicat qu’elle prononçait ces derniers mots, en les appuyant. « Écouter les femmes » : ce message de Simone Veil, Marlène Schiappa le reprenait déjà à son compte quelques jours plus tôt lors de sa conférence de presse de rentrée.
À noter que si l’interruption de Fabien Di Filippo a été la plus audible, et que c’est lui qui en a pris pour son grade, le compte-rendu de la séance révèle que d’autres remarques venant des bancs des député.e.s ont ponctué le discours de Marlène Schiappa. Et elles émanaient de femmes – Bénédicte Taurine de la France Insoumise, ainsi qu’Emilie Bonnivard et Frédérique Meunier, élues Les Républicains.
Celle qui a précédé Marlène Schiappa au ministère des Droits des femmes, Laurence Rossignol, l’a également précédée dans cet exercice de réplique bien sentie. En 2013, alors sénatrice, Laurence Rossignol était interrompue lors d’une intervention en séance par un confrère, Bruno Sido, qui lâchait « C’est qui, cette nana ? ». La sénatrice avait aussitôt répliqué en lui attribuant « la palme du misogyne beauf ».
