Le gendarme de la pub a-t-il le droit de juger le sexisme ?

par Arnaud Bihel

BlondeSmerepEn choisissant de contester en justice la légitimité de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, qui a interdit une de ses campagnes pour cause de sexisme, une mutuelle étudiante ouvre un vaste débat.


 

 

En juin, la SMEREP, mutuelle étudiante, lançait sur internet et dans les salles de cinéma une campagne de publicité. « Vos bonnes raisons » se décline en 5 vidéos mettant chacune en scène un personnage : « Clara,18 ans, la blonde », « Greg 19 ans, le tombeur » (seules ces deux premières ayant été diffusées au cinéma), « Thomas, 19 ans, le flambeur », « June, 18 ans, la vénère » et « Jeanne, 22 ans, la Parisienne ».

« Futiles, irréfléchies, sottes voire agressives »

Début juillet, l’association Les Chiennes de Garde et le ministère des Droits des femmes, ainsi que trois particuliers, saisissaient l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), dénonçant « des stéréotypes dénigrants et des propos et images sexistes ». Le directeur général de l’ARPP demandait immédiatement l’arrêt de la diffusion de la campagne.

Le 6 septembre, le Jury de déontologie publicitaire (JDP), organe chargé de traiter les plaintes adressées à l’ARPP, confirmait cette décision en jugeant que la campagne contrevient au code de la déontologie – à sa Recommandation « Image de la personne humaine »1.

>Voir la décision du JDP (les spots concernés sont visibles en bas de page)

Le Jury mettait principalement en cause le film « Clara, la blonde », qui présente « une image caricaturale de la femme blonde comme étant écervelée au point de ne pas avoir compris qu’elle adhérait à une mutuelle et non à une vente de tee-shirts ce qui en fait un personnage stupide, et non simplement naïf comme le prétendent l’annonceur et son agence. » Et notait que dans l’ensemble des spots « les femmes sont toutes présentées comme étant futiles, irréfléchies, sottes voire agressives (Jeanne et June) et alimentent l’idée dévalorisée de la femme qui serait systématiquement ainsi caractérisée. »

Censure ?

Interdire des spots pour sexisme : ce genre de décision est rare, mais pas exceptionnel (Voir : La pub aime toujours autant les femmes-objets). Quelques jours auparavant, le JDP s’en était pris à une publicité pour Mir Vaisselle montrant une femme menottée, réduite, « par les stéréotypes utilisés, à la fonction d’objet ». Son interdiction n’a pas fait la moindre vague.

Mais la SMEREP a choisi de contre-attaquer. La mutuelle doit déposer plainte en ce début de semaine devant le tribunal de grande instance de Paris. Ce n’est pas que le jugement lui ait été préjudiciable, au contraire. L’ARPP a certes fait cesser la diffusion de la campagne dans les cinémas, mais la mutuelle n’a pas retiré ses spots de Youtube et la médiatisation de l’affaire leur a donné une nouvelle vie sur internet (on les retrouve dans quasiment tous les articles de presse traitant du sujet) Cela a aussi permis à la mutuelle de faire parler d’elle en criant à la « censure », notamment par le biais d’une pétition.

Légitimité contestée

Censure, le mot est-il approprié ? Peut-on poser des limites à l’utilisation des stéréotypes, qui sont un ressort intrinsèque à la publicité ? L’éternel débat est de retour.

Le 3 octobre, le président de l’Association des agences conseils en communication, signait une tribune pour défendre la SMEREP et pourfendre le « politiquement correct ». L’agence Lowe Strateus, créatrice de la campagne, souligne que « le choix d’archétypes en publicité n’est pas, en soi, interdit par la déontologie publicitaire, dès lors qu’il ne porte pas atteinte à la dignité de la personne ».

Et dans le fond, c’est la légitimité même du gendarme de la publicité que la SMEREP va contester devant la justice. « Nous remettons en cause la censure et l‘ensemble du dispositif de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité », attaque la directrice générale de la mutuelle, Annie Coutarel. « Nous considérons qu’elle ne peut pas prendre de décision ni adresser des sanctions, sans offrir de voie de recours en plus, à partir du moment où elle n’a pas autorité de justice ».

 

 


 

1 La Recommandation « Image de la personne humaine » , l’un des éléments du code de déontologie, dispose notamment que  « La publicité ne doit pas réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à la fonction d’objet » ; «  La publicité ne doit pas cautionner l’idée de l’infériorité d’une personne en raison de son appartenance à un groupe social, notamment en réduisant son rôle et ses responsabilités dans la société. »

 

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24 commentaires

Seb. 7 octobre 2013 - 18:03

Vous oublier de préciser que les hommes mis en scène ne passent pas non plus pour des lumières. Par ailleurs il s’agit surtout d’un humour potache, personne ne le lit au premier degré. Évoquer l’atteinte à la dignité humaine pour fonder cette interdiction, c’est faire preuve d’un totalement manque de la mesure. La dignité humaine est un concept que l’on oppose au travail forcé, à des conditions de détentions dégradantes, aux actes de tortures… La dignité humaine est un concept fort que l’on n’a pas à opposer à une mauvaise blague ou comme arbitre du bon ou du mauvais goût, au risque de le vider de sa substance et de son pouvoir.

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Seb. 7 octobre 2013 - 19:38

Mauvaise lecture, ce n’est pas l’autorité en question qui invoque la dignité humaine, mais l’agence de presse.

extrait :

« Au-delà de présenter des stéréotypes sociaux, la publicité en cause, sous couvert d’humour, utilise ceux qui sont les plus dévalorisants et insultants pour les femmes et les personnes de couleur noire tout en donnant de la jeune génération une idée d’ensemble réductrice et négative.

Le fait que certaines personnes puissent interpréter ces films avec distance et y trouver à sourire n’en atténue pas pour autant le caractère dévalorisant ainsi relevé. »

Ce que ne semble pas intégrer l’autorité en question c’est que mettre en scène une personne appartenant à une sous-catégorie ne signifie pas nécessairement représenter la dite sous-catégorie dans son ensemble. Et le fait, non pas que certaines personnes, mais que la majorité des personnes interprètent cela avec distance et sourire est effectivement déterminant. Lorsque Desproges dit « on ne m’ôtera pas de l’idée que pendant la dernière guerre mondiale de nombreux juifs ont eu une attitude carrément hostiles à l’égard du régime nazi », personne n’a envisagé de le poursuivre pour négationnisme, précisément parce qu’il y a une différence entre le premier et le second degré.

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Seb. 8 octobre 2013 - 11:07

Mon premier commentaire n’était pas si exagéré puisque effectivement les décision de cette autorité sont régulièrement fondée sur le concept de dignité humaine. Les cas sur lesquels se focalisent l’autorité sont révélateurs. Le jeune noir se serait retrouvé dans le spot « Thomas, 19 ans, le flemmard », l’autorité aurait pu avoir la même argumentation. Elle n’y voit pas la mise en scène d’un noir, mais la mise en scène des noirs. En cela, l’autorité lie et systématise la représentation d’un individu appartenant à une sous catégorie à ladite sous catégorie. Dès lors, c’est elle qui adopte une position stigmatisante puisqu’elle n’autorise pas la représentation d’un individu qu’en référence à la sous catégorie à laquelle il appartient.

Je ne vois pas en quoi le terme « censure » ne serait pas approprié. La définition du mot censure ne contient aucune référence aux mobiles. Par ailleurs après lecture de certaines décisions de cette autorité je comprend tout à fait que l’on puisse remettre en cause sa légitimité. Il n’y a aucune ligne directrice.

A titre d’exemple, dans une autre décision (http://www.jdp-pub.org/Letudiant-fr-Etes-vous-sur-du-metier-que-vous-allez-choisir-Affichage-et-Presse.html) elle rejette le recours avec l’argument suivant :
« Si ces visuels utilisent manifestement certains stéréotypes, c’est sur le ton de l’humour et pour précisément mettre en garde contre eux. »

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lirelle 8 octobre 2013 - 12:14

pourtant le « gendarme » juge tout un tas de publicités, mais comme par « hasard » c’est juste le sexisme qu’il n’aurait pas le droit de juger… oh pardon de « censurer »… eh oui les publicitaires estiment légitime de faire tout ce qu’ils veulent avec l’image des femmes, comme si la publicité était une zone de non droit, une zone énorme quand même qui recouvre les ondes (radio), internet, tous les murs de quelque endroit où l’on se trouve pratiquement, jusqu’à nos boites à lettres. Il y a probablement plus que la simple Smerep derrière tout ça…

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taranis 8 octobre 2013 - 12:44

Le donneur de leçons, qui sait se qui est bon pour nous qui en sommes confrontées au quotidien, nous sert encore une incroyable bouillabaisse issue de sa masturbation intellectuelle et de son arrogante jouissance à nous faire passer sous les fourches caudines de sa propre raison .Vous trouvez que la publicité sexiste n’est « pas grave », qu' »il n’y en a pas tant que ça », que « ce sont de belles images », qu' »il faut avoir l’esprit mal tourné » pour les trouver vulgaires, racoleuses et sexistes ? la SMEREP ne respecte pas les dispositions de l’article 2 de la Recommandation « Image de la personne humaine » de l’ARPP.. La publicité ne doit pas réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à la fonction d’objet » Ainsi que la recommandation 1751 du Conseil de l’Europe, datant de 2010, invitant les États membres à « Combattre les stéréotypes sexistes dans les médias » S’agissant plus particulièrement du spot « Clara, la blonde », le Jury a relevé qu’il présente une image caricaturale de la femme blonde comme étant écervelée au point de ne pas avoir compris qu’elle adhérait à une mutuelle et non à une vente de teeshirts ce qui en fait un personnage stupide, et non simplement naïf comme le prétendent l’annonceur et son agence. La publicité occupe une place omniprésente dans nos vies et le sexisme, loin d’avoir disparu, s’y retrouve plus que jamais, sous diverses formes, certaines plus sournoises que d’autres. Les femmes, les hommes mais aussi les enfants continuent à y être représenté-es par des stéréotypes. Soyons conscient-es de tous les dommages que peut causer le sexisme dans la publicité. Les stéréotypes sont si courants, le grand danger serait de ne plus y faire attention.

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Seb. 9 octobre 2013 - 06:43

Peut-on discuter des idées, ne pas partager les votre, sans être immédiatement taxé de toutes les tares possibles et imaginables. Sur un autre sujet, j’ai entendu Clémentine Autain tenir exactement la même argumentation pour laquelle j’ai été sur ce site, et sur d’autres d’ailleurs, traité de pervers, de machiste, de phallocrate, de masculiniste… (enfin tout l’attirail habituel). Existe-il une possibilité de discussion ? Peut-on formuler une exigence de rigueur ? Peut-on parler des idées, et les confronter ?

Ici, je suppose que vous avez regardé toutes les vidéos. Je trouve l’appréciation par l’autorité du cas du jeune noir intéressante et emblématique. Le jeune en question aurait pu être tout aussi bien noir, blanc ou asiatique, mais l’autorité y voit un jeune noir, et c’est finalement elle qui a une vision clichés des choses. Elle considère que le publicitaire met en scène un noir, alors qu’il met avant tout en scène un étudiant, qui pour la circonstance est noir car effectivement une partie des étudiants est noire, tout comme une une autre est rousse, asiatique, métisse… C’est l’autorité qui réduit le personnage à sa couleur.

Vous m’avez mal lu !

Je ne dis pas que « la publicité sexiste n’est pas grave ». Je dit qu’elle ne l’est pas. Regardez toute les vidéos, tous les étudiants mis en scène sont ridicules, c’est le principe des caricatures. Le publicitaire ne se moque pas des femmes, des noirs, des hommes… il se moque des étudiants dans une pub destinée aux étudiants. Son approche n’est d’ailleurs pas si idiote que cela, demandez aux étudiants pourquoi ils choisissent telles ou telles mutuelles, à 90% ils l’ignorent car c’est le dernier de leur souci au moment de l’inscription. Cette pub attire l’attention sur ce fait, y serait-elle mieux parvenu en faisant une présentation grave sérieuse, chiffres à l’appui, de la réalité de ce non choix, de ces éventuelles conséquences ? Je ne le crois pas.

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Seb. 9 octobre 2013 - 06:46

Pour ce qui est « de ne pas réduire une personne à un objet », cela reste un critère assez vague. Je ne vois pas en quoi, les étudiants en question ont été réduits à l’état d’objet.

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Lili 9 octobre 2013 - 09:10

Par ailleurs, j’ai récemment saisi cette même ARPP contre la pub de Sennheiser affichée dans le métro parisien où l’on voit Bob Sinclar avec une femme nue et en mode « sexuellement attirée » pour vendre un casque audio.
Le tout argumenté par une analyse de ladite affiche trouvée sur un site qui maîtrise mieux la technique que moi. ci dessous :
http://www.monpapaestungeek.fr/2013/analyse-petite-lecon-de-sexisme-ordinaire/

Autant dire que ma requête a été rejetée en mode « mais non ça n’est pas sexiste ».

Donc voilà, le sexisme à la l’ARPP visiblement ça dépend du sens du vent, de la personne qui est derrière l’écran.

Concernant la pub pour la mutuelle, il me semble un peu compliqué, en effet, de l’interdire pour sexisme alors qu’elle ridiculise également les étudiants homme ou femme, blancs ou noirs, etc.

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taranis 9 octobre 2013 - 11:00

Votre problème Seb c’est que vous voulez parler de problèmes que vous ne connaissez pas. Vous n’avez aucune opinion sur le sexisme et sur le féminisme parce que simplement comme vous l’avouez les faits revendiqués n’existent que dans nos esprits Vous faites simplement de l’idéologie partisane car vous avez des opinions arrêtées sur la place des femmes dans la société qui sont contraires à tout ce que nous défendons sur ce site. Alors oui, il ne peut y avoir de dialogue avec quelqu’un qui ne pose même pas les bases des inégalités entre hommes et femmes et qui ignore le sexisme. C’est un préalable non négociable , car c’est un droit de la personne humaine Vous n’avez aucune empathie pour les femmes comment pouvez juger du sexisme ,nous sommes vivantes et nous subissons les discriminations dues à notre sexe . Je suis une blonde sexy et sans prétention les hommes me trouve canon, mais tous les jour dans la rue ceux que j’ignore me traite de blondasse voir de salope. La violence symbolique, celle des mots et des images, est l’un des degrés dans l’escalade des violences contre les femmes.

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taranis 9 octobre 2013 - 11:02

S’attaquer au publisexisme est pour nous un moyen de lutter contre l’oppression des femmes par les hommes, qui est banalisée dans notre société patriarcale. Si les images des femmes objets sexuels ou violentées ne sont pas directement responsables des 100000 viols comptabilisés en France chaque année, elles renforcent l’idée que le corps féminin est disponible et peut être approprié par tous ceux qui le désirent. Elles participent à la construction des normes de genre – ces normes qui nous façonnent tout au long de la vie, qui nous inculquent la masculinité ou la féminité – et signifie cette division de l’humanité en deux catégories inégales. D’un côté : des hommes bâtis sur le rôle de dominateur, actifs, puissants, violents. De l’autre : des femmes conformes à leur place de dominées, passives, faibles, séductrices. Ces schémas, ne sont pas d’inoffensifs stéréotypes : ils modèlent les identités des individu-es et les rapports sociaux (entre hommes et femmes, mais aussi entre hommes et entre femmes).

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taranis 9 octobre 2013 - 11:03

Nous pensons qu’il est indispensable de modifier les représentations qui nous entourent et par là, nos représentations mentales. Nous refusons de supporter ces visuels sexistes, comme nous combattons les comportements qui discriminent les femmes. Ici un ensemble de spots où les femmes sont toutes présentées comme étant futiles, irréfléchies, sottes voire agressives… et alimentent l’idée dévalorisée des femmes qui seraient systématiquement ainsi caractérisées… au-delà de présenter des stéréotypes sociaux, la publicité en cause, sous couvert d’humour, utilise ceux qui sont les plus dévalorisants et insultants pour les femmes… tout en donnant de la jeune génération une idée d’ensemble réductrice et négative… Le fait que certaines personnes puissent interpréter ces films avec distance et y trouver à sourire n’en atténue pas pour autant le caractère dévalorisant ainsi relevé ».
Les stéréotypes sont si courants, le grand danger serait de ne plus y faire attention

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Seb. 9 octobre 2013 - 16:28

C’est difficile de discuter avec quelqu’un qui passe son temps à vous accuser de tous les maux, qui vous fait sans cesse des procès d’intention. Bien sûr que le sexisme existe, d’ailleurs pour qu’un concept ait une existence il convient de le distinguer dans sa spécificité. Une chose n’est pas nécessairement sexiste parce qu’elle vous déplaît ou parce vous n’êtes pas en accord avec elle. Le mauvais goût n’est pas nécessairement sexiste.

Vous ne cessez de dire que je crois pas à l’égalité entre les hommes et les femmes, donc je vous le redemande, citez moi une ou plusieurs de mes phrases phrases qui vous permettent d’affirmer cela.

Effectivement la publicité a recours au stéréotype, c’est son format court qui l’impose dans une certaine mesure, car le stéréotype permet de faire passer un message par référence et de gagner du temps. Le stéréotype de la blonde, celui de l’énervée, du feignant, du dragueur-looseur… Les pubs pour les jeunes mettent en scène des jeune stéréotypé, les pubs pour les vieux mettent en scène des vieux stéréotypés…

Vous êtes choquée ici par la représentation de femmes sottes et irréfléchies. Vous n’affirmer cependant pas être choquée par la représentation d’hommes fainéant ou dragueur pathétique. Par ailleurs, représenter un homme, une femme, une personne de couleur, ne signifie pas représenter toutes les femmes, tous les hommes, ou toutes les personnes de couleur, ce qui est impossible. d’un côté vous dites que les clichés sexistes représentent les hommes comme étant violents, et d’un autre vous refuser la représentation d’une femme agressive.

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taranis 10 octobre 2013 - 11:59

OK SEB Aujourd’hui j’ai décidé d’avouer mes torts et d’accepter la critique. Mon péché est vaste : un jour je me suis dit que les Femmes ne devaient pas être cantonnées à ces images de James Bond Girl ou de Desperate Housewives, incapables de lire une carte routière et interdites de pets, nées sur Vénus et assorties d’un désir irrépressible de faire des enfants, des écervelées qui se doivent de compenser leur bêtise par leurs charmes, des êtres qui doivent assumer quoiqu’il leur en coûte le désir des hommes, un genre considéré comme beau et faible face à un sexe qualifié de fort…Et puis, évoluant loin de ces actes répressibles, j’ai également entrevue, plus près de moi, une autre forme d’horreur, de soumission, de violence et d’humiliation directe. Cette chose que l’on appelle le sexisme ordinaire. Tellement pervers que lorsque j’en parle, on me dit que je suis ridicule et despotique. Parce que défendre une femme que l’on siffle comme un chien en pleine rue en décrivant de manière vulgaire son corps n’est pas un combat utile, parce que vouloir ENFIN faire appliquer les lois d’égalité des salaires n’est pas une priorité, parce que montrer du doigt que les jouets conditionnent les enfants dans des stéréotypes qui n’ont plus lieu d’être est une perte de temps, parce que c’est une absurdité de dire que les études biologiques comparant les cerveaux de l’homme et de la femme nous conditionnent à penser que nous sommes incapables de certaines choses et freine nos capacités et notre ambition, parce que boycotter des marques dont les publicités sont sexistes est un comportement arriéré, parce que trouver inqualifiable qu’une personne portant plainte pour viol se voit poser la question « vous étiez habillée comment ? » est un sujet tabou…Alors voilà, je confesse mes défauts : l’utopie et l’acharnement

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taranis 10 octobre 2013 - 12:01

Assumez enfin votre position antiféministe sans chercher par des discours hypocrites et irréels vos avis, vous n’êtes pas une victime mais un oppresseur Procès d’intention vous dites alors que vous remettez en cause une décision d une plaine citoyenne soutenue par le ministère ad-hoc, il en arrive tous les jours c’est un problème de société Je ne crois pas qu’un homme de conscience puisse ou doive se permettre de parler à la place des femmes ou de « décider de ce que devrait être le féminisme » ;ou le « sexisme » ceci est un principe fondamental.. Ces hommes qui ramènent toujours le débat à « moi aussi » devraient le comprendre, et ils ne devraient pas avoir besoin que les femmes les prennent par la main pour le comprendre, parce que de nombreuses leçons d’expérience le mettent en lumière dans d’autres combats Des alliés dont l’engagement est sincère reconnaissent et tiennent compte des privilèges dont ils bénéficient de par leur appartenance à la classe dominante. Ces faits, trop souvent, ne peuvent pas être attaqués en justice ou sanctionnés par les instances de régulation ou d’autorégulation, à l’exception des cas de violation de la dignité humaine les plus graves. Nous avons dénoncé évidemment tous les stéréotypes dans notre pétition parce que subtilement véhiculés par les médias, ils reproduisent des attitudes et des opinions perçues comme la norme par des sociétés, ce n’est qu’aujourd’hui que la norme aura atteint un tel point. Grâce à la publicité, non seulement la norme devient unique (le play-boy bronzé et musclé étant le pendant de la pin-up à la silhouette élancée) et universelle ,nul ne peut y échapper, mais cette norme n’est même pas réelle

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taranis 10 octobre 2013 - 12:04

Pour diffuser ces clichés, ces vidéos utilisent un langage jeune et un humour prétendument Cette campagne joue clairement sur le registre des stéréotypes stigmatisant ; La blonde « nunuche », la littéraire gauchiste microrévolutionnaire, la Parisienne très Parisienne, le dragueur-lourd et le mou drogué aux pixels. Ces vidéos ne diffusent pas correctement le message souhaité, et passent par un langage jeune et un soi-disant humour décalé qui reproduit des stéréotypes, inadaptés lorsqu’il s’agit de messages importants, Il est clair que la pub a trouvé un créneau dans le sexisme , Face à la quantité de plus en plus incroyable de messages auxquels sont soumis-e-s les consommateurs-trices, les publicitaires sont obligés de recourir à des arguments de plus en plus dérangeants pour interpeller, happer les regards. Le sexe, souvent accompagné du sexisme, est l’un des meilleurs moyens de s’assurer une réussite. Le but est de choquer, il ne faut pas prendre la publicité au premier degré « . Pourtant, comment croire qu’une telle quantité de messages imprimés chaque jour sur la rétine des passant-e-s peut n’être que du second degré sans aucune conséquence néfaste ? Quant a votre sincérité, je ne crois pas qu’un homme de conscience puisse ou doive se permettre de parler à la place des femmes ou de « décider de ce que devrait être le féminisme » ;ou le « sexisme » ceci est un principe fondamental.. Ces hommes qui ramènent toujours le débat à « moi aussi » devraient le comprendre, et ils ne devraient pas avoir besoin que les femmes les prennent par la main pour le comprendre, parce que de nombreuses leçons d’expérience le mettent en lumière dans d’autres combats Des alliés dont l’engagement est sincère reconnaissent et tiennent compte des privilèges dont ils bénéficient de par leur appartenance à la classe dominante.

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Seb. 11 octobre 2013 - 06:45

Qui vous reproche un quelconque péché ? Le seul reproche que je vous fait est celui de ne pas débattre du sujet et des arguments proposés pour vous étendre sur des procès d’intention, ce que je vous reproche c’est la diabolisation de vos contradicteurs.

Je n’ai pas à avouer un prétendu antiféminisme, je recherche seulement une forme d’exactitude et de précision. Donc effectivement lorsque sous prétexte de féminisme on défend un discours simpliste et inapte à la complexification, je suis en désaccord.

Vous affirmez que je fais partie des hommes qui ramène le débat à eux. Cette discussion nous la créons à deux. Pour autant, lorsque je soulève des points de désaccords et que vous n’y répondez pas en formulant des accusation à l’encontre de ma personne (que par ailleurs vous ne connaissez pas), de mes intentions (vous n’êtes pas médium), je ne crois pas être celui de nous deux qui centre le débat sur ma personne. C’est bien vous qui lors de notre précédente discussion aviez prétendu revenir de l’enfer, ce à quoi j’ai, je l’avoue, répondu assez trivialement car ce n’était pas le sujet, et que tenté de culpabiliser votre contradicteurs, dont par ailleurs, je le répète, vous ne connaissez rien, n’est pas loyal.

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Seb. 11 octobre 2013 - 06:47

Il est difficile de prétendre d’un côté que les hommes et les femmes sont traités différemment dans la société, que ce traitement est normatif qu’il génère des attitudes différentes selon les sexes, et refuser la mise en scène de ces attitudes différentes, qu’elle qu’en soit la source.

Contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas la publicité qui créé les stéréotypes, elle se contente de recycler ceux qui existent déjà. Un stéréotype est nécessairement un résumé simpliste et caricaturale qui ne peut prétendre à la fidélité. Mais le sujet en l’occurrence ce n’est pas les noirs ou les femmes, mais les étudiants. Cette pub prend le partie de se moquer d’eux, et effectivement si cette mise en scène n’est pas fidèle à la réalité des milliers d’étudiant, les portraits rappellent tout de même certains de ceux que l’on a pu rencontrer, et qui sont tout aussi minoritaires que caricaturaux, mais ils existent et ont, du fait de ce côté caricatural, marqué beaucoup de ceux qui y ont été confronté. En d’autres termes, ces portraits s’ils ne sont pas représentatifs, sont emblématiques, d’où l’intérêts pour un publicitaire de les exploiter.

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taranis 14 octobre 2013 - 10:37

Bonjour Seb me revoilà, je suis un peu taurine et vous êtes mon picador, je ne sais jamais de quel coté je vais aller. Apres une belle démo sur la pertinence inoffensive des stéréotypes, me voila accusée de préjugés envers vous ; curieux, mais bon c’est vrai : En effet je ne connais pas votre valeur humaine, et je l avoue je m’égare dans vos réflexions et sur ce que vous venez chercher sur les News de l’autre genre. Votre personnalité est un mystère sur lequel j’hallucine. Faute de scolarité, je veux bien mettre cela sur ma blonde incapacité intellectuelle. En bonne apprenante je vous obéirais donc Monsieur et je m’en tiendrais à contrer vos propos car toutes vos interventions sont des critiques sur le fondement de les valeurs féministes. Bien que vous tentiez toujours l’isolement et le face à face, il est normal pour moi d’invoquer un militantisme et de parler d une cause commune universelle. Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas d’accord avec votre avis que nous avons tord. Et surement pas d’ailleurs, si les méthodes de luttes sont diverses et critiquables, le principe fondamental à l’égalité est reconnu dans les plus hautes sphères politiques et sociales. Pourquoi devrions-nous justifier nos luttes. Vous prononcer un jugement sans témoins. C’est nous les femmes qui vivons le sexisme, les violences et les discriminations. Nous écouter pour émettre un avis est primordial, nous refusons la loi du plus fort. Je ne vous demande aucune compassion personnelle ; je n’ai aucune dette avec le genre masculin. J’ai pris ma part de responsabilité sur ma propre vie et je ne veux pas victimiser même si dès la puberté j’ai été dressée pour servir d’exutoire aux phallocrates. Si vous m’avez trouvée indécente c’était simplement pour asserter que mon opinion est un témoignage parmi ceux des femmes oppressées.

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taranis 14 octobre 2013 - 10:38

Je ne veux surtout pas vous juger, ni personne d’ailleurs, je combats un système et c’est votre droit de me corriger. Je ne me gave pas d’idéologie, mais de faits réels et vécus , de témoignages reçus. Pour combattre le publisexisme pas besoin de la rationalité de votre point vue socio-économique. Nous sommes au delà, dans le subjectif. Il n’y pas d’humour dans le dénigrement ciblé. Pour qu’il y ai de l’humour, il faut que soit drôle. Et pour reprendre Desproges : «Oui, On peut rire de tout, mais….pas avec tout le monde » Il était ni raciste, ni sexiste et s’adressait à un public averti. Maintenant sa réflexion sur les juifs dit par un responsable Fasciste devant une assemblée d’extrémistes, c’est beaucoup moins drôle. Etre Femme ou Homme prédisposent donc à des rôles bien déterminés, le meilleur reflet des mentalités reste la publicité et INVERSEMENT. Ces clichés médiatiques maintiennent les femmes dans un rôle domestique inferieur et freine les avancées en matière d’égalité. Les remettre en cause est une juste cause et il n’y a pas de mauvaises raisons, ni certainement pas remettre en cause les résultats obtenus même aléatoirement perçus. Le sexisme ordinaire et quotidien met les femmes en danger, en banalisant les violences sexistes et sexuelles. Réduites à des femmes-objets / femmes d’intérieur dans les supports de communication publicitaires, elles risquent encore et toujours d’être perçues comme telles aux yeux des prochaines générations qui absorbent ces images. Jusqu’à quelle réduction extrême à leur érotisation, à la succession de clichés, iront les publicitaires et autres communicants médiatiques Nous en avons assez de sursauter d’indignation à chaque parole sexiste, qui n’est presque jamais menacée par nos protestations

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Seb.. 14 octobre 2013 - 13:02

Contrairement à ce que vous écrivez ce n’est pas les valeurs féministes que je mets cause, c’est sa méthodologie et la manière dont il s’articule à la réalité. Vous en êtes toujours à penser que j’opère une quelconque tentative d’isolement. Vous allez trouver mon propos déplacé, mais j’ai si souvent pris à parti dans ce genre de conversation que j’ai désormais renoncé à prendre des gants, j’ai le sentiment que cela relève un peu d’un délire de persécution. J’imagine que vous bondissez, rassurez je ne suis pas médecin, c’est plus une forme de langage que j’utilise afin d’exprimer le moins maladroitement possible la manière dont je pressent cette accusation, qu’un diagnostique.
Je n’ai jamais remis en cause le principe d’égalité, et je ne suis pas partisan de la loi du plus fort. Pour autant, puisque j’évoquais la méthodologie, je ne crois pas que l’avis des femmes des sur ces questions soit primordial. Les femmes vivent dans une société, laquelle est approximativement composée d’une moitié d’hommes. On ne peut penser l’évolution des rapports hommes-femmes, si l’opinion d’un sexe prime sur l’opinion d’un autre sexe. C’est un principe de bon sens, on ne peut être juge et partie.

Je veux bien croire que vous ayez eu un passé difficile, ne pensez pas pour autant avoir le monopole de la souffrance, ou appartenir à une catégorie qui le détient. Il n’y a pas tant que cela de gens qui échappent aux drames.

Je ne cherche pas à vous corriger, j’exprime mon opinion.

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Seb.. 14 octobre 2013 - 13:02

Effectivement nous sommes dans le subjectif, l’humour relève de la subjectivité. C’est pour cela que l’on ne peut pas dire ceci est drôle, ceci n’est pas drôle, mais je trouve cela drôle, ou pas drôle.

Je pense que le public d’aujourd’hui est plus averti que celui auquel Desproges s’adressait. Paradoxalement, le seuil de déclenchement de la censure est plus sensible. Vous ne trouvez plus le sketche « On me dit que des juifs sont entrés dans la salle », sur les plateformes françaises car il interprétable d’une manière antisémites. C’est aussi ce à quoi on assiste pour le sexisme, dès lors que parmi plusieurs interprétations possibles, une interprétation sexiste n’est pas exclue, on préfère interdire. Je trouve cela particulièrement infantilisant, C’est l’application du principe de précaution à la liberté d’expression, dans le doute on censure. C’est prendre le risque d’un appauvrissement de l’autonomie des opinions, de la démocratie, des idées.

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taranis 16 octobre 2013 - 11:11

L’ère est à la banalisation de tous les abus au nom de la tolérance, de l’anti-rectitude politique ou de la liberté d’expression. Aux yeux de certains, tout se vaut, toute protestation contre des comportements abusifs représente un jugement inadmissible, absence d’humour, volonté de censure, attitude répressive, voire antidémocratique. Il n’est pas sans intérêt de souligner que ces abus ne ciblent pas également tout le monde. Dans le contexte actuel, les femmes et les féministes sont des cibles privilégiées Banalisés dans les médias de masse, l’antiféminisme et le sexisme imprègnent désormais des milieux qui se veulent objectifs. Ils ne s’expriment pas toujours sous leur vrai visage, ils se camouflent souvent sous le manteau de la liberté d’expression, ou l’intelligence qu’on prétend avoir. Certains prétendent parler au nom des hommes et qui opposent à toute conscience de la condition féminine la notion d’une « condition masculine ». Et ce au mépris de l’évidence d’une discrimination systémique qui privilégie encore les hommes et marginalise encore les femmes, dans une inégalité non seulement de fait mais également de droit On savait la haine diffusée par le patriarcat via les monothéismes, depuis 6000 ans. Mais on passait sous silence « la guerre des sexes » au pays qui a inventé « l’amour courtois » et la « galanterie ». La révolution informatique a délié la parole misogyne et libéré les actes sexistes, sans frein et sans contrôle. La pornographie et le rapp ont constitué la forme nouvelle d’éducation sexuelle des jeunes générations. Ils modèlent l’esprit des garçons en banalisant leur violence et constituent un puissant ferment de rupture entre les sexes, d’incitation à la haine sexiste et sexuelle, invitation à toutes les formes de bestialité et de barbarie à l’égard des femmes.

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Gerald 2 avril 2015 - 09:29

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