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Golden globes, bronca contre le sexisme

par La rédaction

Malgré les mobilisations pour la parité dans le 7ème art, aucune femme n’est nommée pour la meilleure réalisation ou pour le meilleur scénario des Golden globes. Tempête à Hollywood.

Depuis l’annonce des personnalités sélectionnées pour la 77ème édition des Golden globe awards (qui seront décernés le 6 janvier), celles qui se battent pour une meilleure représentation des femmes au cinéma ne décolèrent pas. Catégorie « Meilleurs réalisateurs ? » Bong Joon Ho (Parasite), Sam Mendes (1917), Todd Phillips (Joker), Martin Scorsese (The Irishman) et Quentin Tarantino (Once Upon a Time in Hollywood). Meilleur scénario ? Noah Baumbach (Marriage Story), Bong Joon-ho and Han Jin-won (Parasite), Anthony McCarten (Les deux papes), Quentin Tarantino (Once Upon a Time… in Hollywood), Steven Zaillian (The Irishman). Pas une femme. Et ce n’est pas mieux dans les catégories Meilleur Film dramatique et Meilleur Film comique ou musical.

Réagissant à l’annonce du futur palmarès « men only » des Golden globes, le mouvement Time’s Up s’est dit choqué et a jugé cette sélection inacceptable, incroyable, décevante.

En 77 ans, seulement 5 femmes ont été nommées pour le prix du « meilleur réalisateur » affirme Time’s Up mais le pourcentage de films réalisés par des femmes serait en train d’augmenter passant de 4% pour les années précédentes à 12 à 15% en 2019. L’absence de femmes dans ces sélections des Golden globes est d’autant plus frustrante. Parmi les noms de réalisatrices qui auraient pu être retenues : Greta Gerwig pour Les Filles du Docteur March, Lulu Wang pour L’Adieu, Lorene Scafaria pour Queens Kasi Lemmons pour Harriet ou Olivia Wilde pour Booksmart.

 Variety  cite Rebecca Goldman, représentante du mouvement Time’sUp qui regrette : « Cette année, il y a eu deux fois plus de longs-métrages dirigés par des femmes que jamais et d’autres vont suivre. Et pourtant, les femmes – et en particulier les femmes de couleur – continuent d’être mises à l’écart par tout un système qui les réprime »

Et c’est ce système que tentent de dénoncer ces réalisatrices. Face à elles, la Hollywood Foreign Press Association (HFPA), groupe de journalistes qui décernent les Golden globes, a opposé une fin de non recevoir aux critiques. « Ce qui s’est passé, c’est que nous ne votons pas en fonction du genre. Nous votons en fonction du film et de la réussite » a affirmé sans ciller Lorenzo Soria, président de l’HFPA. Réponse classique qui, justement, entretient le système. Et n’a pas convaincu. Alma Har’el, la réalisatrice de Honey Boy, n’est pas dupe. Dans Variety, elle réplique : « Ils osent dire qu’ils ne jugent pas en fonction du genre mais c’est exactement ce qu’ils font. Il y a eu tellement de films cette année qui ont plu au public, aux critiques et ont réalisé de bons scores au box-office, mais ce groupe est si déconnecté qu’il ne voit aucune d’entre nous. »

Même des stars nommées par ailleurs se rebellent. Charlize Theron, en course pour le Golden globe de la meilleure actrice avec le film Scandale, n’apprécie pas que les femmes ne soient pas reconnues et elle l’a fait savoir auprès du Los Ageles Times (repris par Yahoo! Movies). Elle déclare : « c’est dur, vraiment très dur et frustrant. Il faut se souvenir que les femmes réalisatrices se battent pour être plus nombreuses… Quand on a une bonne année comme celle que l’on vient d’avoir, avec un si bon travail, c’est incroyablement frustrant ». Et cela fait très longtemps que l’actrice se bat pour l’égalité au cinéma (voir : Clap première : égalité de salaires à Hollywood !) Aux Etats-Unis, les actrices ont commencé par des revendications sur les rémunérations (voir Jennifer Lawrence : « Je gagnais moins que ceux qui ont la chance d’avoir une bite »). Puis la vague #MeToo a entraîné une forte mobilisation pour lutter contre un sexisme systémique qui les rend invisibles aux yeux des jurys de prix et de ceux qui accordent les financements au 7ème art. Pour lutter contre le harcèlement, elles ont créé Time’s Up (voir « Time’s Up » : Le temps de l’action contre les violences sexuelles) Personne ne peut ignorer les revendications des femmes dans le cinéma. Les ignorer comme le fait l’HFPA aujourd’hui relève du sexisme systémique.

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