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Greenpeace relance le débat nucléaire

par La rédaction
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Nicolas Sarkozy à la centrale de Gravelines, le 3 mai 2011 © Présidence de la République – L.Blevennec

Pas de remise en cause du nucléaire dans la campagne électorale. Nicolas Sarkozy a même régulièrement imposé l’alternative « l’atome ou la bougie ». Et pourtant, selon un sondage, une majorité de Français juge possible une sortie du nucléaire.


 

Après la catastrophe de Fukushima, voilà un an, le nucléaire s’annonçait comme l’un des grands thèmes de la campagne présidentielle. Mais le sujet a disparu des radars, ou presque. Ainsi, le 11 mars, une chaîne humaine contre le nucléaire rassemblait 60 000 personnes, le long du Rhône, dans une quasi-indifférence politique et médiatique. Et pourtant les Français, qui habitent le pays le plus nucléarisé au monde, sont loin d’être des farouches partisans de ces centrales, si on en croit le sondage réalisé par l’institut CSA pour Greenpeace.

Comme tout sondage, prenons-le avec des pincettes. D’emblée, la première question fait référence à la catastrophe de Fukushima. Mais la réponse apparaît sans équivoque : les deux tiers (67%) des personnes interrogées estiment « qu’un accident dans une centrale nucléaire aussi grave que celui qui a touché le Japon pourrait survenir en France ». Ils sont même plus de 7 sur 10 à estimer que « les centrales nucléaires sont vieillissantes et cela augmente le risque d’accident. ».
Les Français sont partagés sur l’affirmation selon laquelle « les installations nucléaires françaises sont plus sûres qu’ailleurs ». Mais une large majorité, près de 9 sur 10, s’estiment « pas suffisamment informé sur les mesures à prendre en cas d’accident nucléaire en France ».

Ce sont les sympathisants UMP qui sont les plus favorables au nucléaire. Ils sont ainsi les seuls à penser en majorité que les centrales françaises sont les plus sûres. Sans surprise, ce sont eux aussi qui semblent les plus réceptifs aux déclarations répétées de Nicolas Sarkozy selon lequel la sortie du nucléaire serait « une folie » et signifierait un « retour à la bougie » : seulement 35% de ces sympathisants estiment « possible de se passer du nucléaire en France en développant les énergies renouvelables et en favorisant les économies d’énergie ».
Mais sur l’ensemble des personnes interrogées, une majorité (54%) juge cette transition possible.

Les Français sont « manifestement plus conscients du risque nucléaire que les responsables politiques », se réjouit Greenpeace, rappelant que « la Cour des comptes l’a démontré dans son rapport, et l’âge de nos centrales l’impose : des décisions cruciales devront être prise pendant le prochain quinquennat. » (Voir notre article : « Les centrales nucléaires devront vivre plus longtemps ».)
Pour autant, les prises de position des favoris à la présidentielle ne présagent pas de décisions cruciales. Nicolas Sarkozy a déjà acté l’allongement de la durée de vie des centrales. François Hollande, lui, entend faire passer la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025. Mais il ne compte fermer qu’une seule centrale au cours du prochain quinquennat : la plus vieille, celle de Fessenheim. Et il poursuivra le chantier de l’EPR à Flamanville. Pour Karine Gavand, de Greenpeace, « l’équation ne tient pas ».

 

 

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