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Harcèlement sexuel : Bruno Le Maire et le risque d’impopularité

par Isabelle Germain

Le rétropédalage du ministre de l’Économie, après avoir assuré qu’il ne dénoncerait pas de harceleurs sexuels, est un bon signe.


 

« La dénonciation n’a jamais fait et ne fait pas partie de mon identité politique. Et de toutes façons je n’en connais pas » (de harceleur). Sur FranceInfo, ce lundi matin, Bruno Le Maire, catégorique, répondait à des questions de Jean-Michel Apathie sur le harcèlement sexuel. Depuis plusieurs heures, suite à l’affaire Weinstein, des centaines de femmes témoignaient de leurs expériences sur les réseaux sociaux, à travers le mot-clé #BalanceTonPorc.

Faut-il que le sujet soit considéré comme subalterne pour qu’un ministre en exercice assure, avec tous les accents républicains que recèle son organe vocal, qu’il ne dénoncerait pas un délinquant. Faut-il que l’omerta soit bien organisée pour que le ministre puisse affirmer ne pas connaître de harceleur.

Face à la bronca déclenchée sur les réseaux sociaux, le ministre de l’Économie a rapidement réagi dans une vidéo (voir plus bas), regrettant s’être mal exprimé. Un problème de vocabulaire en somme, plus qu’un problème de fond… C’est le mot « dénonciation » qui le gênait, explique-t-il. En référence, probablement, aux heures les plus sombres de l’Histoire de France. Mais, contrairement à ce qu’il affirmait quelques heures auparavant, il assure que s’il avait connaissance de faits de harcèlement, il les « signalerait ». À qui ? Comment ? Avec quels effets attendus ?  N’en demandons pas trop. Mais on avance, finalement : « dénoncer » ne serait pas un gros mot. 

Après que ses propos ont été mis en cause, il est donc passé lui-même du déni à la dénonciation. Tout retourné ! Le voici chantre de la lutte contre le harcèlement sexuel : « Pendant trop longtemps on a voulu mettre la poussière sous le tapis, on a considéré comme anecdotiques, négligeables, des faits qui sont profondément révoltants, scandaleux, inacceptables, des faits qui doivent être jugés, sanctionnés. » Très remonté contre un problème dont il semblait se soucier comme d’une guigne quelques heures avant. C’est bon signe : la question des violences faites aux femmes devient une menace pour la popularité des hommes politiques.

La première déclaration : 

La seconde déclaration :

 

 

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