Accueil International Il veut faire taire les femmes mais le patron des JO de Tokyo reste à son poste

Il veut faire taire les femmes mais le patron des JO de Tokyo reste à son poste

par La rédaction

Yoshiro Mori (83 ans) reproche aux femmes de trop parler en réunion. A tort. Déluge de critiques. Il finit par présenter des excuses mais refuse de partir.

L’ancien Premier ministre du Japon Yoshiro Mori, au pouvoir de 2000 à 2001, aujourd’hui président du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Tokyo, n’a rien perdu de son sexisme. Mercredi dernier, il s’est plaint que « les conseils d’administration avec beaucoup de femmes prennent beaucoup de temps », car elles ont selon lui « du mal à finir » leurs interventions, avait rapporté le quotidien national japonais Asahi shinbun.

Le patron des JO se serait lancé dans une diatribe toute en fantasmes : « Les femmes aiment la compétition. Quand quelqu’un lève la main pour prendre la parole, elles ressentent le besoin de dire quelque chose aussi. […] Les gens disent que, si on voulait plus de femmes parmi les cadres, il faudrait limiter leur temps de parole, sinon les réunions ne se termineront jamais » Qui sont ces gens qui disent cela ? Mystère. Yoshiro Mori s’exprimait devant un comité qui avait annoncé l’an dernier son souhait d’avoir un conseil d’administration composé à 40 % de femmes, contre 20 % à ce moment là.

Le président de l’organisation des JO n’en est pas à sa première sortie sexiste. En 2003, par exemple, il affirmait sans plus de preuves, à propos des pensions de retraite, qu’il n’était pas normal que « l’État prenne en charge avec l’argent des contribuables des femmes célibataires qui n’ont pas fait d’enfants et qui profitent de leur liberté. »

Cette fois-ci, sa déclaration a déclenché une bronca dans la presse et sur les réseaux sociaux. L’avocate et militante des droits des femmes Kazuko Ito a publié une une tribune sur la plateforme Yahoo Japon pour réclamer la démission de Mori.

Les lignes de téléphone chargées de l’organisation des JO ont été inondées d’appels condamnant les propos de Mori, selon un article du Mainixhi Shimbun. Tandis que sur les réseaux sociaux  les mots-dièse « ça suffit », « misogynie » ou « nous exigeons la démission de Yoshiro Mori » arrivaient en tête des mots cités.

L’affaire est remontée jeudi jusqu’au Premier ministre japonais, Yoshihide Suga, qui a commencé par dire  qu’il n’était « pas au courant des détails » avant d’être hué par l’opposition et de se raviser : de tels propos « ne devraient pas être permis », a-t-il fini par concéder.

La ministre japonaise des Jeux olympiques, Seiko Hashimoto, aurait affirmé qu’elle projetait d’avoir une « franche discussion » avec Yoshiro Mori et rappelé que l’égalité hommes-femmes était un principe de l’olympisme.

Lors d’une conférence de presse, Yoshiro Mori a bredouillé des explications et excuses maladroites. Il a affirmé à un journal nippon avoir « parlé sans réfléchir » et avoir été « grondé » par sa femme et sa fille. « J’essayais de dire que je m’interrogeais sur l’opinion générale selon laquelle on doit augmenter le nombre de femmes » dans les instances exécutives, mais « je ne voulais pas être méprisant envers les femmes » aurait-il dit au quotidien japonais Mainichi shinbun.  « J’aimerais présenter mes excuses » a-t-il finit par dire tout en affirmant qu’il n’avait pas l’intention de démissionner.

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