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Injures sexistes : de plus en plus de femmes se disent victimes

par La rédaction

Le nombre d’injures sexistes déclarées est en forte hausse ces dernières années en France. Les femmes sont 10 fois plus concernées que les hommes.

« Salope », « pute », « connasse » : ce sont les injures sexistes que les femmes entendent le plus souvent en France. Et elles disent les entendre de plus en plus, selon une étude publiée mercredi 21 mars par l’ONDRP, Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales .

S’appuyant sur les enquêtes annuelles « Cadre de vie et sécurité », l’étude observe que le nombre d’injures déclarées, dans leur ensemble, est stable – environ 5 millions par an – entre 2006 et 2016. Mais les seules injures sexistes ont, elles, connu « une tendance à la hausse », surtout depuis 2010 : de moins d’un million à 1,371 million. Ce sont 2,6% des personnes en France qui disent avoir été injuriées en raison de leur sexe en 2016.

Les femmes sont 10 fois plus concernées que les hommes, alors qu’elles représentent la moitié des victimes d’injures dans leur ensemble. Et ce sont surtout les plus jeunes qui en sont la cible. L’ONDRP estime que 7,3 % des femmes de moins de 30 ans ont subi au moins une injure sexiste au cours de l’année précédente.

L’ONDRP précise qu’il est impossible de savoir si le nombre de ces injures a effectivement augmenté ou si « les victimes interprètent comme des injures sexistes ce qui était auparavant banalisé et donc non déclaré comme tel. »

Dans le détail, près de la moitié des injures sexistes se déroulent dans la rue (49 %), 8% ont pour cadre les transports en commun et 18% le lieu de travail. Dans 7 cas sur 10, elles sont proférées par un ou des inconnus, et dans un tiers des cas il s’agit d’un groupe. Les auteurs sont à 86% des hommes.

« Fille facile », « mère envahissante » et « vieille sorcière »

L’étude identifie quatre figures d’injures correspondant à des stéréotypes. La plus courante est celle de la « fille facile », que subissent les jeunes femmes dans des lieux publics. Si les mots dans ce cas ont le plus souvent un caractère sexuel, ils ont « également tendance à renvoyer à un vocabulaire animalier. »

Lire aussi : “Sale chienne”, “Petite cochonne”. La campagne anti-sexisme dans les transports de Bruxelles

Sur le lieu de travail, c’est la figure de la « mère envahissante » qui ressort : « des injures visant l’invisibilisation (silence et distance) de femmes occupant des rôles à responsabilité ». Dans les espaces domestiques, les injures sexistes ciblent surtout « l’âge et le caractère prétendument irrationnel des victimes » : c’est la figure de la « vieille sorcière ». La quatrième typologie cible les hommes, et le sexisme rejoint alors l’homophobie : c’est la figure de « l’homme déviant dans sa virilité ».

La grande majorité des victimes d’injures sexistes (94 %) ne se déplacent pas à la gendarmerie ou à la police après avoir été injuriées.

Selon la loi, tout propos injurieux tenu dans le cadre de l’espace public est constitutif d’un délit, son caractère sexiste (également raciste , homophone ou handiphobe) constitue une circonstance aggravante. Il peut valoir jusqu’à 6 mois de prison. Une injure non publique à caractère discriminatoire (ce qui inclut le sexisme) est passible d’une contravention de quatrième classe, soit une amende de 750 euros maximum.

 

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