Accueil MédiasBruits et chuchotements Invisible tu es, invisible tu restes

Invisible tu es, invisible tu restes

par Isabelle Germain
Invisible Girl par Erich Ferdinand via Flickr

Invisible Girl par Erich Ferdinand via Flickr

Si ce n’est pas un homme qui dénonce l’invisibilité des femmes, elles crient dans le désert. Quand un homme s’en préoccupe, il a les honneurs des médias.

 

« Un chien mord un homme, ce n’est pas une information. Un homme mord un chien, c’est une information. » Voilà une des formules apprises aux journalistes en herbe pour hiérarchiser les sujets.

Cas d’école : le Festival International de Bande Dessinée d’Angoulême ne compte aucune femme parmi 30 candidats sélectionnés pour le Grand Prix 2016 ? Ce n’est pas une information pour la quasi-totalité des médias français. Le collectif d’une centaine de créatrices de bandes dessinées appelle au boycott ? Ce n’est toujours pas une information. Les Nouvelles NEWS sont quasiment les seules à en parler.


 

Et soudain : l’auteur Riad Sattouf, qui figure parmi les 30 en lice, annonce qu’il souhaite « céder sa place » à une consœur. C’est une information. Toutes les gazettes en parlent, au point d’éclipser les femmes qu’il entend rendre visibles (voir 100 créatrices de BD valent moins qu’un auteur) ou d’écrire que le collectif s’inscrit dans « son sillage »… D’autres hommes le suivent et ce sont eux les héros de l’information. Le Monde leur consacre même des mini-portraits. Puis les organisateurs réagissent dans la plus grande confusion.

« Tout ce que font les hommes est digne d’intérêt, ce que font les femmes est inintéressant » est une formule non apprise dans les écoles mais appliquée par la plupart des journaux.

Invisible, aussi, la statue de la Petite Sirène à Copenhague, que Facebook a voulu censurer… pour cause de nudité. Ou ces femmes pilotes de la Seconde Guerre mondiale aux Etats-Unis, qui n’ont pas droit aux mêmes honneurs que les hommes impliqués dans la même guerre.

Il est temps de regarder l’actualité autrement.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Cannes : le syllogisme du mépris

DOSSIER – FEMMES À L’ANTENNE

 

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

2 commentaires

2 commentaires

BERTRAND 8 janvier 2016 - 02:14

ce sexisme qui es de dire que ce que font les femmes ou disent les femmes sont inintéressante c est bêtes , certains articles sont intéressant, causette comme journal est intéressant les autres journaux pas très intéressant, en général il y a pour le journal elle ou autres un seul articles intéressant.
TROP D ARTICLES DANS LES JOURNAUX DE FEMMES SONT SUR LA MODE COMME CI ON ÉTAIT TOUS DES PORTES MONNAIES SUR PATTES. TROP DE FRIC SUR LA MODE . IL SERAIT GRAND TEMPS DE FAIRE DES ARTICLES SUR L HUMAIN LA SOLITUDE et sur le sociale.
25% de femmes dans al BD , il faut chercher des jeunes dessinatrice et en former pour avoir 50 % de femme dans la bd

http://www.telerama.fr/livre/festival-d-angouleme-la-realite-historique-de-la-bd-c-est-que-les-createurs-masculins-y-sont-dominants,136515.php

voir fin d article qui dit que il y a 25% de femmes dans la bd

Répondre
Giraud-Héraud Annie 12 janvier 2016 - 00:37

Je viens de trouver une perle sur FaceBook
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=880432238721301&set=a.128671167230749.23591.100002635989575&type=3&theater&notif_t=like
J’ai mis un commentaire sous mon nom d’artiste Annie Gehand
Cordialement

Répondre

Laisser un commentaire