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L’Irlande indemnise une femme discriminée par sa loi anti-IVG

par La rédaction
Irlande Repeal Eight

Irlande Repeal EightPressé par l’ONU, le gouvernement irlandais indemnise une femme ayant dû avorter à l’étranger. Mais la route pour modifier la loi discriminatoire sur l’IVG est encore longue.


 

Alors qu’en France les députés ont adopté, jeudi 1er décembre, la proposition de loi créant un délit d’entrave numérique à l’IVG, la question est également revenue sur le devant de la scène en Irlande. Le gouvernement va indemniser une Irlandaise qui avait dû aller avorter en Grande-Bretagne, entravée par la loi de son pays, l’un des plus restrictifs d’Europe en matière d’avortement.

En 2011, Amanda Mellet qui portait un fœtus sans chance de survie, avait dû s’exiler pour mettre un terme à sa grossesse, à ses propres frais et sans le moindre soutien médical. Elle avait, par la suite, saisi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. Celui-ci, dans un avis sans précédent rendu en juin dernier, jugeait que l’État irlandais lui avait fait subir « une discrimination et un traitement cruel, inhumain ou dégradant ».

Voir : La loi irlandaise sur l’avortement est inhumaine, juge l’ONU

C’est sur cette base que le gouvernement irlandais s’est résolu à lui accorder une compensation financière de 30 000 Euros. Une première. La coalition irlandaise pour le droit à l’avortement Repeal Eight salue « un petit pas pour la reconnaissance du traumatisme et du stress endurés par Amanda Mellet, son mari James et par tant de femmes et de couples en raison des lois irlandaises prohibitives sur l’avortement ».

Lire aussi : Deux Irlandaises live-tweetent leur parcours pour avorter

La coalition Repeal Eight milite pour la suppression du Huitième Amendement, inclus à la constitution en 1983, qui érige en principe le « droit à la vie de l’enfant à naître ». Partant de ce principe la loi irlandaise a longtemps totalement interdit le recours à l’IVG et ne l’autorise depuis 2013, après la mort dramatique d’une femme enceinte, que dans les situations où la grossesse est menacée par un « risque réel et considérable » pour la vie de la femme enceinte.

« Une honte nationale pour l’Irlande »

« Le gouvernement doit immédiatement faire en sorte qu’aucune autre femme ne subisse plus une telle violation des droits humains. Le Huitième Amendement est une source profonde de discrimination et une honte nationale pour l’Irlande », insiste la coalition.

Si le gouvernement irlandais a donc reconnu cette discrimination en indemnisant celle qui l’a subie, il ne s’engage pas pour autant à revenir sur cette disposition constitutionnelle discriminatoire. Un changement, selon lui, ne peut intervenir que par référendum.

En cette fin d’année, le Huitième Amendement fait l’objet d’une discussion, entre autres sujets, dans le cadre d’une Assemblée citoyenne. La question doit ensuite être examinée, dans le courant de l’année 2017, par un comité du Parlement. Ce n’est qu’après qu’une décision sur un éventuel référendum sera prise.

 

 

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