Accueil International En Irlande, un drame met en question les restrictions sur l’avortement

En Irlande, un drame met en question les restrictions sur l’avortement

par La rédaction

Le décès de Savita Halappanavar choque bien au-delà des frontières de l’Irlande. Cette dentiste de 31 ans est décédée d’une septicémie. Selon son mari, elle s’était vue refuser à plusieurs reprises une IVG.


 

En Irlande, l’avortement est interdit sauf en cas de risque grave pour la santé de la mère. Savita Halappanavar, enceinte de 17 semaines, se plaignait de fortes douleurs au dos. L’hôpital universitaire de la ville de Galway, où elle s’est rendue, a diagnostiqué une fausse couche, mais constatait encore un battement de cœur du fœtus.

Alors qu’elle continuait à se plaindre de douleurs, l’hôpital a persisté dans son refus de pratiquer une IVG, en arguant, selon son mari : « Nous sommes un pays catholique. » Un amendement introduit en 1983 dans la constitution du pays statue que l’embryon est un citoyen irlandais à part entière.

Après être restée pendant trois jours « à l’agonie », selon son mari, la jeune femme a finalement été avortée, plusieurs jours plus tard, une fois que le fœtus ne donnait plus de signe de vie. Mais elle est à son tour décédée d’une septicémie, le 28 octobre.

Les autorités irlandaise ont ouvert une enquête, qui pourrait prendre trois mois, selon le ministre de la Santé. En 2010, la Cour européenne des droits de l’Homme avait condamné l’Irlande pour ses manquements à légiférer pour assurer le droit des femmes à avorter quand leur vie est en danger.

Mercredi soir, plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant le parlement irlandais pour demander une nouvelle législation sur l’avortement. Les députées Clare Daly and Joan Collins avaient tenté sans succès, en avril dernier, de faire passer une loi pour faciliter l’accès à l’IVG. Elles accusent aujourd’hui le gouvernement, dont le refus répété de légiférer a « contribué aux circonstances qui ont conduit à la mort de cette femme ».

En France, le Planning familial se dit « profondément choqué par cette nouvelle scandaleuse venant d’un pays voisin, qui plus est membre de l’Union européenne où les citoyennes sont censées bénéficier des meilleurs systèmes de santé au monde ». Pour le Planning familial, « il est plus que temps que l’Etat irlandais prenne ses responsabilités et réforme sa loi sur l’avortement, une des plus restrictives d’Europe ».

 

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chacha 16 novembre 2012 - 09:53

Histoire de marquer les consciences, personne n’a jamais tenté de renverser la question et d’intenter un procès à un fœtus? Étant un « citoyen à part entière », il n’a pas que des droits, mais aussi des devoirs… Et, puisque sa présence tue sa mère, il s’agit d’une tentative d’assassinat!
Ou d’un assassinat, s’il arrive à survivre malgré la mort de la mère. Je pense que si un tel procès avait lieu un jour, cela mettrait en lumière toute la stupidité de la loi.
Ou bien, probablement, cela obligerait ceux qui soutiennent de telles loi à avouer le fond de leur pensée: non, ils ne mettent pas la vie d’une femme et celle d’un fœtus sur le même plan (ce qui, à mon sens, est déjà choquant), ils font passer la vie du fœtus bien avant celle des femmes, sur qui ils crachent allègrement.

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