Accueil International En Irlande, un « vrai pas en avant » pour le droit à l’avortement

En Irlande, un « vrai pas en avant » pour le droit à l’avortement

par La rédaction

L’Assemblée citoyenne recommande une révision du Huitième Amendement, qui bloque le droit à l’avortement en Irlande. Un avis consultatif, mais qui pourrait pousser les politiques à agir.


Le Huitième Amendement a du plomb dans l’aile. Les 22 et 23 avril, les membres de l’Assemblée citoyenne se sont prononcés à une large majorité pour une révision de cet amendement, inclus à la constitution irlandaise en 1983, qui érige en principe le « droit à la vie de l’enfant à naître ». Et qui fait de la législation irlandaise en matière d’avortement l’une des plus restrictives au monde.

Cette Assemblée composée de 99 citoyen.ne.s tiré.e.s au sort a été convoquée en 2016 par le Parlement irlandais pour donner son avis sur une série de sujets de société, dont le droit à l’avortement. Sa recommandation en faveur d’une révision du Huitième Amendement n’est qu’une étape dans un processus qui s’annonce encore long. Car la majorité politique renâcle. Il reviendra encore au Parlement de décider de la tenue, ou non, d’un référendum sur la question…. et des termes de la question. Ce qui n’interviendra pas avant 2018.

Pour la coalition Repeal The Eight, qui milite pour la suppression du Huitième Amendement, ce vote de l’Assemblée citoyenne est déjà un « vrai pas en avant vers la fin de l’interdiction de l’avortement ». Il « va dans le sens des sondages d’opinion, qui montrent avec constance qu’une majorité de personnes soutiennent une libéralisation de l’accès à l’avortement ».

 

S’appuyant sur ce Huitième Amendement, la loi irlandaise sur l’avortement, ou plutôt sur la « protection de la vie durant la grossesse » (Protection of Life During Pregnancy Act), n’autorise l’IVG (depuis 2013) que dans les situations où la grossesse est menacée par un « risque réel et considérable » pour la vie de la femme enceinte (Voir : IVG en Irlande : avancée et déception). Dans tout autre cas, l’avortement est passible d’une peine allant jusqu’à 14 ans de prison.

Depuis plusieurs années, des institutions internationales mettent en cause ces dispositions. Fin mars encore, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe demandait « instamment aux autorités irlandaises d’adopter une législation pour lever tous les obstacles à l’accès des femmes à l’avortement légal et sans risque ». Il réclamait en particulier la suppression du Huitième Amendement, « car il joue un rôle essentiel dans le blocage de toute tentative de réforme globale du régime juridique régissant l’interruption de grossesse en Irlande ».

Voir : Avortement : l’Irlande à nouveau pointée du doigt

 

 

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