Accueil International IVG en Hongrie : l’extrême droite veut faire « écouter les battements de cœurs du fœtus »

IVG en Hongrie : l’extrême droite veut faire « écouter les battements de cœurs du fœtus »

par La rédaction

Pour restreindre ce Droit, le gouvernement hongrois veut imposer aux femmes « des signes vitaux du fœtus » avant de recourir à une IVG.

L’extrême droite au pouvoir en Hongrie vient de durcir, par décret, les conditions d’accès à  l’avortement. Les femmes doivent désormais prouver aux médecins, avant l’intervention, qu’elles ont écouté les « battements de cœur de leur fœtus » . Ceci depuis que le gouvernement nationaliste-populiste a modifié la loi par un décret publié lundi au Journal Officiel. Ce texte modifie le formulaire nécessaire pour procéder à un avortement.  Il est écrit : « Les fonctions vitales du fœtus doivent être présentées aux patientes d’une manière clairement identifiable ».

Dans ce pays d’Europe centrale, membre de l’Union européenne, l’IVG est légale jusqu’à la douzième semaine de grossesse dans la plupart des cas depuis les années 1950.

L’arrivée du parti d’extrême droite Mi Hazank (Notre patrie) au Parlement, lors des élections générales d’avril, a donné des ailes au gouvernement de Viktor Orban qui s’aligne encore davantage sur les forces ultraconservatrices.

Ce parti s’est réjoui du décret adopté affirmant que « les mamans écouteront désormais le rythme cardiaque foetal » (ce qui n’est pas tout à fait exact). « Pendant quelques secondes au moins, l’enfant d’âge foetal pourra se faire entendre de la mère avant que l’avortement ne soit pratiqué », a déclaré la députée Dora Duro dans un message publié sur Facebook. 

Reka Safrany, présidente du Lobby hongrois des femmes, s’est insurgée : « Je trouve frappant que le gouvernement introduise une mesure qui a un effet direct sur la vie des femmes sans aucune consultation publique » a-t-elle déclaré à BIRN. Elle voit dans cette nouvelle règle une humiliation pour les femmes.

La société hongroise est majoritairement pro-choix mais la loi était déjà assez dure selon les organisations de défense des droits des femmes qui indiquent que les femmes doivent participer à deux consultations obligatoires avant l’avortement auprès de services de garde d’enfants, où elles sont souvent humiliées indique balkaninsight.com

Depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution début 2012, la Hongrie défend « la vie du fœtus dès sa conception ». Récemment, le gouvernement a financé une campagne contre l’avortement avec des fonds européens, ce qui avait provoqué la colère de la Commission européenne.

Cette nouvelle disposition en Hongrie marque un nouveau recul pour le droit des femmes à disposer de leur corps dans le monde.  En octobre 2020, le tribunal constitutionnel polonais – composé de juges nommés par la droite populiste – a durci la législation existante pour pratiquement interdire l’avortement.

Lire : EN POLOGNE, LA RESTRICTION DU DROIT À L’AVORTEMENT ENTRE EN VIGUEUR

Le même mois, un groupe de députés ultraconservateurs en Slovaquie a tenté, mais a échoué de justesse, d’imposer de nouveaux délais à l’accès des femmes à l’avortement en portant à 96 heures la période d’attente obligatoire actuelle de 48 heures.

Et, de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, la situation se dégrade depuis que les forces conservatrices ont réussi à annuler l’arrêt.

Lire : ETATS-UNIS : LA COUR SUPRÊME REVIENT SUR LE DROIT À L’AVORTEMENT

Lire aussi dans Les Nouvelles News :

LE PARLEMENT EUROPÉEN VEUT GRAVER LE DROIT À L’IVG DANS LA CHARTE DE L’UE

« LES FEMMES DÉCIDENT ! », POUR LE DROIT À L’AVORTEMENT PARTOUT EN EUROPE

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