Accueil International IVG en Irlande : avancée et déception

IVG en Irlande : avancée et déception

par vincimoz

L’Irlande fait un tout petit pas en autorisant l’avortement, mais uniquement si la vie de la mère est en danger.

Dublin Savita Halappanavar Rally 59

« Plus jamais ça ». Manifestation pro-avortement en novembre 2012 à Dublin après la mort de Savita Halappanavar. Par William Murphy, via Wikimedia Commons.

 

Le cas de Savita Halappanavar, morte de septicémie après une fausse couche car on lui avait refusé une IVG, ne devrait plus arriver en Irlande. Après cette affaire qui avait soulevé une vague d’émotion, le Parlement irlandais a adopté une loi dans la nuit de jeudi à vendredi. Le texte autorise l’avortement mais uniquement lorsque la vie de la femme est en jeu – y compris si elle risque de se suicider, mais il faut alors le témoignage de deux psychiatres et d’un obstétricien.

En dehors de ces cas, la loi prévoit 14 ans de prison pour qui demande ou pratique un avortement.

Cette évolution a minima, pourtant soutenue par la majorité des Irlandais.e.s et votée par 127 membres du Parlement contre 31, a soulevé une forte opposition religieuse. L’Église catholique, puissante en Irlande, l’a comparée à un « cheval de Troie » risquant d’entraîner la légalisation totale de l’avortement. Le Premier ministre Enda Kenny, qui a porté la loi, a reçu des lettres écrites avec du sang et été traité de « meurtrier ».

Les députés et militants favorables à l’avortement sont, eux, déçus. Terminations For Medical Reasons, un groupe militant pour le droit à l’avortement quand on sait que le fœtus ne survivra pas à la naissance, craint qu’il se passe désormais des années avant que la loi puisse changer à nouveau.

Selon la députée de gauche indépendante Catherine Murphy, ce n’est pourtant qu’une question de temps avant que la partie de la loi criminalisant l’avortement ne soulève de nouveaux problèmes devant la Cour européenne des droits de l’Homme. En 2010, cette dernière avait déjà condamné l’Irlande pour le caractère trop restrictif de sa loi.

La Cour suprême irlandaise avait elle-même autorisé l’avortement en cas de risque vital pour la mère en 1992 ; mais cette jurisprudence n’a jamais été transposée dans la loi et n’était donc pas appliquée.

 

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