Accueil Politique & Société IVG, un droit toujours « à garantir et à défendre »

IVG, un droit toujours « à garantir et à défendre »

par La rédaction

Le HCE dresse un bilan positif des actions du gouvernement pour garantir le droit et l’accès à l’IVG. Tout en soulignant que des obstacles peuvent encore être levés. Tandis que les tensions restent bien visibles, des campagnes d’affichage en témoignent.


Il y a 42 ans, le 17 janvier 1975, était promulguée la loi Veil dépénalisant l’avortement. Quarante-deux ans plus tard, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes « appelle à maintenir un portage politique fort » pour garantir « l’accès réel à l’avortement pour toutes les femmes qui le souhaitent, où qu’elles habitent. »

Dans un bilan publié mardi 17 janvier, le HCE relève que « l’interruption volontaire de grossesse est progressivement devenue un droit à part entière et son accès a peu à peu été amélioré ». La présidente du Haut Conseil Danielle Bousquet salue « la forte mobilisation du Gouvernement et du Parlement pour améliorer l’accès réel à l’avortement, à des informations objectives et dépassionnées et pour dédramatiser le recours à cet acte. »

Bataille d’affichage

Un débat dépassionné ? Ce n’est pas encore le cas. D’ailleurs « l’IVG reste, en 2017, un droit à garantir et à défendre », souligne la présidente du HCE. La ministre des Droits des femmes lance un message similaire.

 

Et le débat est visible dans la rue. Ces derniers jours, des campagne de publicité puis d’affichage menées par des mouvements anti-IVG ont fait grand bruit. En réponse, le collectif féministe Insomnia a placardé dans Paris, dans la nuit du 16 au 17 janvier, des centaines d’affiches appelant à la vigilance à l’approche des élections de 2017. « Le droit à l’IVG, sans cesse remis en cause et instrumentalisé à des fins politiques et religieuses, est un droit non négociable et vital pour toutes les femmes », insiste le collectif.

 

Fin 2013, le Haut Conseil à l’Égalité avait alerté les pouvoirs publics sur la persistance d’obstacles juridiques et matériels auxquels les femmes devaient toujours faire face et formulait 35 recommandations pour y remédier.

Voir : Changer le droit et la pratique pour normaliser l’IVG

Trois ans plus tard, le Haut Conseil se félicite que plus des deux tiers d’entre elles aient été mises en œuvre. Le droit a été clairement réaffirmé, notamment avec la résolution adoptée en novembre 2014 et la suppression de la notion de détresse ; l’accès à l’information facilité et l’entrée dans le parcours simplifié, avec la suppression du délai de réflexion de 7 jours ; l’offre de soins a été étendue et le pilotage, notamment par les Agences régionales de santé, renforcé.

Supprimer la double clause de conscience

Le HCE identifie toutefois « quelques obstacles pouvant encore être levés ». À court terme, d’abord en « examinant dans les meilleurs délais » la proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave aux informations publiées sur l’IVG internet. Le texte adopté par les deux assemblées doit encore être finalisé par une commission mixte paritaire. À moyen terme, ensuite. Le HCE réitère notamment une demande de 2013 : la suppression de la double clause de conscience, une mesure que le gouvernement avait écartée en 2015 par crainte des « tensions ».

Le Haut Conseil demande également la suppression de la forfaitisation de l’IVG et le renforcement de la formation initiale et continue des professionnel.le.s de santé. Il souhaite aussi, dans la durée, que soient effectués des testings annuels « pour garantir, partout sur le territoire, les meilleures conditions d’accès à l’IVG ».

 

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3 commentaires

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09 Aziza 17 janvier 2017 - 12:48

S’il existe deux évidences: que le droit à l’IVG dans de bonnes conditions est essentiel; et que les anti-IVG ont des postures idéologiques à combattre, il n’en reste pas moins qu’il ne faut pas se croire neutre, et à l’abri des dénis:
la course en avant qui consiste à supprimer le délai de 7 jours de réflexion en est un: il ne s’agit pas de savoir si on va se faire arracher une dent, ou non! De même, la notion de détresse est réaliste: pour avoir effectué des centaines d’entretiens d’IVG, je peux dire qu’une grande proportion de femmes sont dans la détresse. Cette fuite en avant donne hélas du grain à moudre à des personnes qui sont dans une autre forme de déni avec l’assertion que l’IVG est toujours un meurtre. Prises en tenailles, les femmes ne parviennent pas à faire ressortir leur véritable vécu. Le Pr Israêl Nisan, grand promoteur de l ‘éducation à la sexualité et à la contraception dés le collège, constate avec regret que la baisse des’IVG n’a jamais été une préoccupation de santé publique, comme dans d’autres pays d’Europe. car il faudrait qu’elles baissent. Nous sommes un pays très conservateur dans les deux sens, nous ne voulons pas faire bouger les lignes, reconnaître nos erreurs ou nos tâtonnements: la cause de tant d’IVGs est principalement dans le manque d’éducation.Certaines ici vont hurler à mes propos: la preuve qu’on ne peut pas parler de l’IVG…

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tylosten 17 janvier 2017 - 14:05

Bonjour Aziza,
La suppression de la notion de détresse dans la loi ne nie pas que des personnes puissent être en détresse au moment de leur IVG.
La loi Veil de 1975 autorisait l’IVG pour la « femme enceinte que son état place dans une situation de détresse [et qui] peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse ».
Il me semble que la suppression de la notion de détresse signifie simplement qu’on a enlevé le terme de la loi et qu’une femme peut recourir à l’IVG sans être « en situation de détresse ».

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09 Aziza 17 janvier 2017 - 14:41

@tylosten: Oui, effectivement, on peut le voir comme ça.
Mais ça va mieux en le disant, car c’est aisément interprété comme une négation de la détresse des femmes.
Par ailleurs, que l’IVG soit légale ou pas(j’ai connu les 2 cas de figure) je m’interroge sur ce leitmotiv entendu mille fois: « IL » n’en veut pas.Le ressort souterrain des avortements est pour une grande proportion la volonté des hommes, à laquelle les femmes demeurent très soumises. « IL » se fichait pas mal que cela se passe avec une tringle à rideau; maintenant « IL » dit que c’est simple et facile. Que veulent vraiment les femmes, là est la vraie question que ni féministes ni intégristes régressifs ne veulent se poser.
Pour les IVG hors délais, quelques hommes honnêtes ont expliqué que lorsque « cela devenait réel » , ils reculaient.
Seulement voilà, un foetus de 4 mois, c’est autre chose qu’un embryon.Bien sûr il y a aussi les dénis de grossesse, les incestes, et autres drames pour les hors délais. mais pas que. Je continue donc à m’interroger sur cette soumission, beaucoup plus pernicieuse qu’il n’y parait: l’IVG n’est pas toujours une libération. Rien n’est bon ou mauvais en soi.

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