Accueil Politique & SociétéÉducation Jamais autant d’admises à l’ENA

Jamais autant d’admises à l’ENA

par Arnaud Bihel

ENALa nouvelle promotion comptera 45% de femmes, un record. « La parité avance », se félicite sa directrice.


 

Presque la parité. L’Ecole nationale d’administration (ENA) compte 45% de femmes dans sa nouvelle promotion, dont les noms des admis ont été dévoilés mardi 3 décembre.

C’est un record : dans l’institution qui forme les hauts fonctionnaires français, les femmes représentaient 37,5% des admis en 2011 et 28,75% en 2012.

Il y a un an, la nouvelle directrice de l’ENA, Nathalie Loiseau, reconnaissait qu’il fallait corriger une « discrimination positive en faveur des hommes » dans le cadre des concours d’entrée. Une discrimination qui se manifeste surtout lors de l’épreuve orale (Voir : A l’ENA, plafond de verre à l’oral).

Aujourd’hui, Nathalie Loiseau se félicite que « la parité avance » :

ENA

Et la ministre des Droits des femmes de lui faire écho :

ENA2

Ce score presque paritaire, jamais atteint depuis la création de l’école en 1945, masque tout de même une disparité : par le biais du concours externe (ouvert aux étudiants), qui ouvre la porte de l’ENA à la moitié de la nouvelle promotion, les femmes ne sont que 14 sur 40 (35%). Elles sont en revanche 61% des admis par le biais du concours interne (ouvert aux fonctionnaires ou agents publics).

 

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6 commentaires

Lili 4 décembre 2013 - 11:51

Il manque une statistique importante et sans doute disponible : la répartition par sexe des candidats, à l’externe et à l’interne. Parce que 35% à l’externe, alors que les filles sont désormais plus nombreuses que les garçons dans les filières juridiques et sciences po, ça montre que le problème reste entier.
A l’inverse, 61 % d’admises à l’interne, c’est une autre question. Soit on a un phénomène de rattrapage (les femmes font en interne ce qu’elles n’ont pas pu faire à l’externe et tant mieux), soit une discrimination des hommes au concours interne (ce qui n’est pas exclu, ça arrive dans d’autres concours).

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taranis 4 décembre 2013 - 12:50

[quote name= »Lili »] discrimination des hommes au concours interne (ce qui n’est pas exclu, ça arrive dans d’autres concours)

Les hommes ne sont pas discriminés c’est simplement la présentation à l’oral des filles qui passe mieux avec l’érosion des vieux clichés persistants : « On dit d’un homme qu’il a de l’autorité ; d’une femme qu’elle est autoritaire. D’un homme qu’il a du caractère, d’une femme qu’elle est caractérielle. » Un autre regard permet de briser le plafond de verre chez les hauts fonctionnaires. Cela ne peut être une discrimination inverse simplement parce que les critères de sélection était sexués Arrêtez d’avancer à reculons Lili, regardez plutôt tout ce qui reste à parcourir. Votre question sur les filières est intéressante, et certainement que mon avis exprimé cadre mieux avec le concours interne, de la volonté même des décideurs de l’administration et du gouvernement

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Eric 4 décembre 2013 - 16:06

une « discrimination positive en faveur des hommes »

Lol

Bientôt on dira que Xavier, qui a obtenu 18 a son devoir d’histoire, a bénéficié d’une « discrimination positive » par rapport à Sophie, qui n’a eu que 12 (mais si les notes sont inversées, on dira que Sophie est plus douée que Xavier ou qu’elle a mieux travaillé).

L’entrée massive des femmes dans un secteur ou une école est un symptôme de déclin. Toujours. L’ENA n’échappera pas à cette règle. D’ailleurs à mon avis c’est la première fois de son histoire que l’école a un directeur qui ignore le sens de l’expression « discrimination positive ».

On ne peut que se féliciter du déclin de l’énarchie. Vivement qu’il y ait 75% de femmes dans toutes les promos.

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Lili 4 décembre 2013 - 16:57

« taranis »
[quote name= »Lili »] discrimination des hommes au concours interne (ce qui n’est pas exclu, ça arrive dans d’autres concours)

Les hommes ne sont pas discriminés c’est simplement la présentation à l’oral des filles qui passe mieux avec l’érosion des vieux clichés persistants :

Ca c’est valable pour l’externe, et dans la mesure ou le taux de reçues à l’externe reste de 35 %, ça veut dire que les clichés n’ont pas autant changé qu’on ne veut bien le dire.

Rappelons que les concours internes n’obéissent pas aux mêmes règles que les externes, et en particulier qu’on prend en compte le parcours professionnel. En clair, plus de « pro » et moins de « bête à concours ». De plus les administrations et leurs écoles ont pour consigne de travailler à la féminisation des hauts cadres, ce qui est une bonne chose.
Donc soit il y a 61% de reçues parce qu’il y a beaucoup de candidates (encourager ses cadres A à passer l’ENA interne et les y préparer est une excellente stratégie de féminisation, honnête et intelligente) soit ce n’est pas le cas et alors ça veut dire qu’il y a discrimination. Ou année exceptionnelle, à voir à long terme.
L’égalité n’est pas la vengeance. Et les femmes n’ont pas besoin qu’on les aide. Elles ont besoin qu’on cesse de les bloquer, c’est différent.

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taranis 5 décembre 2013 - 13:09

« Lili »
[quote name= »taranis »][quote name= »Lili »] Et les femmes n’ont pas besoin qu’on les aide. Elles ont besoin qu’on cesse de les bloquer, c’est différent.

Nous sommes d’accord sur le fond, mais la féminisation ne se fait pas naturellement et vos blocages ne sont qu’une remise en cause de critères sexués (stéréotypes) . En révisant ceux-ci forcement que les hommes perdent de leurs privilèges puisque qu’ils se retrouvent à égalité sur le seul terrain de la compétence. Ne confondons pas prendre notre juste place dans la diversité et vengeance. Les décideurs sont toujours en grandes majorité des hommes et la solidarité féminine n’est qu’un mythe pour nous classifier (toutes les mêmes !!)Ne croyez pas que les dominants vous laisserons accéder à l’égalité si facilement, la premiers loi sur l’égalité professionnelle date de 40 ans. Maintenant pour revenir au quotidien de la vie professionnelle ou vous êtes bien plus réaliste que moi , je vous rejoins pour dire que nous ferons rien contre les hommes mais avec eux , donc à nous d’être ambitieuses et prouver que la mixité de la société est indispensable. La dignité et le respect mutuel est le seul but de mes revendications

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Jean-Michel 13 décembre 2013 - 17:05

Je ne vois pas comment on peut avoir de discrimination à l’admissibilité: les épreuves écrites sont anonymes et on ne peut déceler le sexe des candidat(e)s sauf à reconnaître des écritures « féminines » et « masculines ».
Pour l’admission, il faut aussi tenir compte de l’avance de points à l’écrit: la proportion de candidats ayant beaucoup de points d’avance à l’écrit est peut-être plus forte chez les candidats.

Il y a d’autres concours où les femmes dominent largement (magistrature, capes, agrégations, avocat..) et où, semble-t-il, on ne parle pas de discrimination hostiles aux hommes.

Je me demande, comme Eric, si les jeunes hommes très brillants, ne commencent pas à déserter ce genre de carrière; j’en connais autour de moi qui préfèrent partir à l’étranger après des études complémentaires hors de France, parfois pour créer leurs propres business.

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