« Je suis un être humain », Jacinda Ardern, Première ministre néo-zélandaise, démissionne

par Isabelle Germain

La jeune Première ministre a teinté la politique de féminisme et d’éco-féminisme. Elle quitte ses fonctions épuisée.

 « Je démissionne car ce poste privilégié de première ministre implique des responsabilités, comme celle de savoir lorsque vous êtes la bonne personne pour diriger mais aussi lorsque vous ne l’êtes plus. » Jeudi 19 janvier, à la surprise générale, la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, 42 ans, a expliqué sa décision devant les membres de son parti travailliste à Auckland : « Je n’ai plus l’énergie pour quatre ans supplémentaires (…) il est temps ».

Celle qui fut élue la plus jeune première ministre du pays en 2017 à l’âge de 37 ans, quittera son poste le 7 février prochain et a annoncé des législatives le 14 octobre.

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Visiblement très émue, elle a reconnue : « Ces cinq dernières années ont été les plus enrichissantes de ma vie mais elles ont été pleines de défis ; logement, pauvreté des enfants, le changement climatique et une crise économique. » 

Mais elle préfère s’arrêter car dit-elle, elle est « un être humain et les politiciens sont des humains. Nous donnons tout ce que nous pouvons aussi longtemps que possible. Et puis il est temps d’arrêter, et ce temps est venu pour moi. »

Avec cette décision, celle qui incarne l’entrée du féminisme au plus haut niveau de la politique, prend-elle une nouvelle décision féministe en renonçant au pouvoir quand elle ne se sent plus en capacité de l’exercer ?

Dès ses premières années d’entrée en fonction elle a montré que maternité et exercice du pouvoir n’étaient pas incompatibles. Même si la question de sa grossesse avait déclenché une vague de sexisme.

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Elle a également joué la carte éco-féministe en plaçant l’économie du bien-être au-dessus de l’économie de la course à la croissance du produit intérieur brut.

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A l’annonce de sa démission, beaucoup de réactions se concentrent sur sa gestion du Covid ou sa réaction pleine d’humanité après les attentats contre deux mosquées de Christchurch, en mars 2019, qui avaient tué 51 personnes. Mais beaucoup rendent hommage, sans le dire vraiment ainsi, à ses qualités féministes. Le premier ministre travailliste australien Anthony Albanese, élu l’année dernière, a exprimé son admiration pour une femme qui « a montré au monde comment gouverner avec intelligence et force. Elle a montré que l’empathie et la perspicacité sont de puissantes qualités pour diriger. Elle a été une grande source d’inspiration pour moi et aussi une grande amie. » 

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau déclaré qu’elle avait introduit une différence « incommensurable » dans le monde et a remercié Jacinda Ardern sur Twitter pour son amitié et son « leadership empathique, compatissant, fort et constant ».

Jacinda Ardern a d’ailleurs conclu son discours par ces mots : « J’espère que je laisse les Néo-Zélandais avec la conviction que vous pouvez être bienveillant.es mais fort.es, plein d’empathie mais décisif.ves, optimistes et déterminé.es. »

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