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Corinne Diacre, « une gonzesse »

par La rédaction
Corinne Diacre. Photo officielle Clermont Foot 63

Corinne Diacre. Photo officielle Clermont Foot 63

« C’est ça, cache-toi derrière une gonzesse » a lancé Jean-Luc Vasseur, entraîneur du Paris FC à l’adjoint de l’équipe de Clermont. La « gonzesse », en l’occurrence, c’était Corinne Diacre, meilleure entraîneure de Ligue 2.

Corinne Diacre, cible de propos sexistes ? Lundi 1er février, l’équipe de Clermont Foot, entraînée par Corinne Diacre, se déplaçait au Paris FC pour un match de Ligue 2. Sur le terrain, Clermont est tenu en échec par Paris. Les Auvergnats, 5ème du classement avant le début du match, avaient pourtant la possibilité de monter sur le podium en cas de victoire. Pour Paris, le match est tendu, l’équipe, dernière du classement, est relégable. Un besoin de gagner, surtout à domicile, et une forte pression pour l’entraîneur de l’equipe, Jean-Luc Vasseur.

C’est sur le banc de touche que l’entraîneur dérape. Jean-Luc Vasseur veut en découdre avec un homme présenté par L’Equipe comme « l’adjoint de Corinne Diacre » –  il s’agirait en effet d’Emmanuel Gas. Dans une vidéo mise en ligne par les Cahiers du Football, Jean-Luc Vasseur lance alors à l’adjoint de Diacre : « C’est ça, cache-toi derrière une gonzesse, t’as raison ! »

Une phrase qui n’aura pas échappé à Corinne Diacre, élue meilleure entraîneure de Ligue 2 : « Et là vous ne dites rien ? », demande-t-elle alors au quatrième arbitre. La vidéo se coupe ici, mais selon Cahiers du Football, Eurosport aurait filmé une autre séquence dans laquelle Jean-Luc Vasseur souhaitait en venir aux mains avec l’adjoint de Corinne Diacre.

Première femme en France, en juin 2014, à entraîner une équipe professionnelle masculine de football, c’est la première remarque sexiste dont elle est victime sur un terrain. En juin 2014 elle expliquait à France Football « Quand je suis arrivée, j’ai entendu : ‘Elle ne va pas y arriver, elle n’y connaît rien, c’est une femme’ ». En assurant qu’aujourd’hui, elle ne recevait plus le moindre tacle. Mais c’était avant les propos de Jean-Luc Vasseur qui ont fait réagir jusqu’à la Secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, Pascale Boistard :

 

En octobre dernier, également à l’issue d’un match de Ligue 2, l’entraîneur du club de football de Valenciennes, David le Frapper, s’en était pris à l’arbitre Stéphanie Frappart avec cette remarque : « Une femme qui vient arbitrer dans un sport d’hommes, c’est compliqué. » Il avait été condamné à deux matchs de suspension, et deux avec sursis.

Voir : Les propos sexistes de l’entraîneur de Valenciennes ne passent pas

 

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1 commenter

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flo 3 février 2016 - 12:39

Le type se défend en expliquant que « gonzesse » n’est pas sexiste … certes … et quand on dit « entraineuse » ou « professionnelle » vous pensez à quoi monsieur vasseur ? Il y a les mots et il y a les contextes… dire a un homme qu’il « se cache derrière une gonzesse » c’est le déprécier deux fois : manque de courage et -déshonneur suprême- recherche de la protection d’une femme… Son équipe est au bas du classement voire relégable ? Que l’entraîneur aille faire un stage chez Mme Diacre pour s’améliorer 😉

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