L’animateur a été définitivement condamné par la Cour de cassation pour « corruption de mineurs » et « harcèlement sexuel ». Mais cela ne semble pas déranger Vincent Bolloré, qui le maintient à son poste sur CNews. Le mythe des carrières brisées, énième épisode.

Le jugement a été rendu : ce mercredi 14 janvier 2026, Jean-Marc Morandini a été définitivement condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir envoyé des messages de nature sexuelle à trois adolescents de 2009 à 2016. La Cour de cassation a ainsi rejeté le pourvoi de l’animateur, déjà condamné en première instance, puis en appel.
L’indécence des agresseurs
L’affaire avait été révélée en 2016 par le média Les Inrocks. Jean-Marc Morandini, alors animateur star des chaînes NRJ12 et Europe 1, était accusé par plusieurs jeunes hommes de leur avoir demandé des photos dénudées.
En décembre 2022, Jean-Marc Morandini est jugé en première instance. Sa défense ? « L’imprudence » et « l’humour ». Le tribunal correctionnel de Paris le condamne à un an de prison assorti d’une période de sursis probatoire de deux ans. L’animateur décide de faire appel mais sa peine est alourdie. Il écope d’une amende de 20 000 euros et se retrouve inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, ce qui implique qu’il a interdiction d’exercer une profession au contact de mineurs.
Mais ce n’est pas la seule affaire pour laquelle Jean-Marc Morandini est mis en cause. Il est également condamné en première et deuxième instances pour des faits semblables. En 2015, l’animateur se crée un faux profil de directrice de casting, appelée Catherine Leclerc, dont il se sert pour encourager de jeunes comédiens âgés de 19 à 26 ans à s’exhiber nus pour des castings d’une web-série dont il était le producteur. Cinq hommes ont porté plainte contre Jean-Marc Morandi. En janvier 2025, il est reconnu coupable en appel de « harcèlement sexuel» et est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis. Son pourvoi en cassation n’a pas encore été examiné.
Concernant la décision du 14 janvier 2026 de la Cour de cassation, les avocates de Jean-Marc Morandini ont fait savoir dans un communiqué qu’elles étudient « la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l’homme » après une condamnation jugée « particulièrement injuste ». Le sentiment d’impunité est sans limite.
L’empire Bolloré alimente une culture de l’impunité
Il faut dire que Jean-Marc Morandini est soutenu par l’ensemble de l’empire médiatique du milliardaire Vincent Bolloré. Le 14 janvier au soir, CNews a déclaré à l’AFP que « Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l’antenne ». Condamné la veille par la Cour de cassation, l’animateur était présent ce jeudi 15 janvier dans l’émission Morandini Live, diffusée de 10h30 à 12h sur CNews. Quel message pour les victimes ?
Déjà en juin 2025, la chaîne Europe 1, qui appartient aussi à Bolloré, Jean-Marc Morandini remplaçait Cyril Hanouna, absent pour « raisons personnelles », à la tête de l’émission On marche sur la tête. Problème : la chaîne accueillait au même moment des stagiaires de secondes alors que l’animateur a interdiction de fréquenter des mineurs. Solution : les isoler dans la station. Lire : « Europe 1 cache ses stagiaires mineurs pendant que Jean-Marc Morandini passe à l’antenne«
Interrogé par Franceinfo, Axel, un des trois adolescents à avoir porté plainte contre l’animateur et qui a témoigné à visage découvert dans Complément d’enquête en novembre 2025, s’indigne de « l’image catastrophique qui est renvoyée ». L’avocat de ce dernier, Anthony Mottet, indique que « Jean-Marc Morandini n’est désormais plus présumé innocent : sa condamnation est effective » et regrette qu’« aucun arsenal juridique ne permette de l’écarter de ses fonctions télévisuelles : c’est un choix de l’employeur ».
En effet, le groupe Canal+ ne tient pas ses engagements. En 2016, lorsque l’affaire avait été révélée, le groupe avait déclaré dans un communiqué qu’« en cas de condamnation », Jean-Marc Morandini « quitterait le groupe sans indemnité ». Or, ce n’est pas le cas.
Si les médias Bolloré ont longtemps brandi le principe de présomption d’innocence, aujourd’hui tous les recours légaux sont épuisés. Jean-Marc Morandini est définitivement condamné et Vincent Bolloré préfère maintenir l’impunité et un système où les agresseurs sortent gagnants. L’avocat Anthony Mottet ajoute : « [L’animateur] a approché ses victimes grâce à son influence médiatique. En le gardant à l’antenne, on lui permet de conserver cette influence-là ».
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