Selon la Süddeutsche Zeitung, les ministres des Finances européens excluent de revenir sur la nomination d’Yves Mersch. Malgré l’opposition du Parlement, la direction de la BCE restera 100% masculine.
« Les ministres des Finances de la zone euro se sont décidés, après avoir longtemps tergiversé » : ils vont poursuivre le processus de nomination du Luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la Banque centrale européenne (BCE), « en dépit de la résistance du Parlement européen ». C’est ce qu’assure le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung lundi 15 octobre.
Les eurodéputés, et notamment les membres de la commission des Affaires économiques, dénoncent depuis plusieurs semaines cette nomination en cours, car elle impliquerait que l’instance dirigeante de la BCE ne compte aucune femme. D’autant que, sauf démission ou décès, aucune nouvelle nomination n’aura lieu avant 2018.
Mais la confirmation de la nomination d’Yves Mersch était attendue. L’eurodéputée Sylvie Goulard, en pointe dans le combat contre une BCE 100% masculine, envisageait dès le début cette hypothèse du « circulez, il n’y a rien à voir ». Car pour faire une place à une femme il faudrait reprendre à zéro un processus de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La semaine dernière aussi, le président de la BCE, Mario Draghi avait insisté sur l’urgence de voir son directoire au complet.
La nomination du Luxembourgeois doit intervenir à l’issue d’une audition au Parlement européen, prévue le 22 octobre. On ignore encore quelle sera l’attitude des eurodéputés – en septembre la commission des affaires économiques avait refusé de l’entendre – mais les ministres des Finances pourront de toute façon passer outre l’avis du Parlement.
